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Marseille : Laurent Carrié présente sa feuille de route

Laurent Carrié, le nouveau préfet chargé de la mise en œuvre du plan « Marseille en grand » a présenté sa feuille de route aux côtés du préfet de région Christophe Mirmand, ce 23 octobre.
Marseille : Laurent Carrié présente sa feuille de route
Préfecture des Bouches-du-Rhône - Christophe Mirmand, préfet de région et du département des Bouches-du-Rhône et Laurent Carrié, nouveau préfet chargé de la mise en œuvre du plan « Marseille en grand ».

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« Il va falloir que la mayonnaise prenne » : c’est par cette formule que n’aurait pas reniée un candidat à Top Chef que le nouveau préfet chargé par l'Etat du suivi du plan « Marseille en grand » a posé les bases de la réussite de sa mission.

Pour que cet énième plan Marshall dégainé par Emmanuel Macron parvienne enfin à remédier aux dysfonctionnements qui entravent le développement de la deuxième ville du pays, Laurent Carrié a vanté les vertus du « partenariat ». « Si l'idée avait été de mettre en place une tutelle, je n'aurais pas été la bonne personne avec mon parcours », a martelé cet ancien conseiller du Premier ministre Jean Castex. Une réponse à l'inquiétude de certains édiles quant à une supposée reprise en main des affaires locales par l’Etat.

Marseille sous curatelle

Un adepte « du terrain »

« A Matignon, où j'ai travaillé sur la ruralité, les finances locales ou la politique de la ville, j'ai également appris la mécanique des prises de décision au niveau central qui me sera utile pour ma mission », a expliqué ce Toulousain adepte du « terrain » qui compte rapidement aller dans les dix-neuf quartiers du département inscrits dans les dispositifs de politique de la ville (QPV). Des quartiers décors d’opérations de renouvellement urbain où il compte mettre à profit son expérience dans des programmes de rénovation urbaine de Seine-Saint-Denis où « les problématiques de sécurité, d'éducation ou de logement sont proches de celles des Bouches-du-Rhône ».

La similitude se prolongera dans les financements puisque Marseille bénéficiera d’une enveloppe de 600 millions d’euros de la part de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), d’un montant identique à celle mise sur la table pour les quartiers de Seine-Saint-Denis. « Six-cents millions, c’est deux fois plus que prévu. Il faut désormais accélérer la signature des conventions du Nouveau programme de renouvellement urbain », a lancé le préfet, également délégué à l’égalité des chances.

Ecoles, mobilité, habitat : les priorités

Ce haut fonctionnaire qui a participé avec l'Elysée à la préparation, avant l'été, du plan pour Marseille dans les réunions interministérielles devra s’atteler à la mise en œuvre des 12 grands chantiers figurant sur la feuille de route fixée par le président de la République. « Le plan mêle court et long terme. » Le court terme, c’est la rénovation des écoles, la réforme de la gouvernance de la métropole Aix-Marseille-Provence et les transports. Pour les écoles, il a annoncé la mise en place « d’ici la fin de l’année » de la société publique chargée de piloter les travaux « appelés à démarrer dès 2022 ». Si l'enveloppe globale n'est pas encore arrêtée, l'Etat s'est déjà engagé à hauteur de 800 millions d'euros pour aider la rénovation de 174 écoles les plus anciennes de la ville.

Sur la mobilité, il va s’agir de traduire en projets concrets le milliard promis par l’hôte de l’Elysée. Des crédits sonnants et trébuchants que le gouvernement va devoir inscrire dans le projet de loi de finances (PLF) 2022. « Les arbitrages financiers sont en cours. Il va falloir se mettre d’accord sur la liste des opérations à mettre en œuvre », a indiqué Laurent Carrié. Des chantiers qui s’étaleront sur cinq à dix ans dont le financement s’étirera sur plusieurs PLF. A court terme, l’Etat et la Métropole mettront en place le groupement d’intérêt public (GIP) qui pilotera ces chantiers infrastructurants. « La mise en place du GIP sera facile. Et s’il n’assurera pas la maîtrise d’ouvrage des opérations, il devra concrétiser les projets et identifier les financements », a décrypté Laurent Carrié.

La réforme de la métropole en discussion

Autre dossier urgent : la réforme de la gouvernance de la Métropole Aix-Marseille. « Il s’agit de donner de l’agilité à l’intercommunalité », a précisé Christophe Mirmand. « Cette réforme devra faire l'objet d'un amendement au projet de loi "3DS" sur la décentralisation, en discussion en décembre au Parlement », a rappelé le préfet de région et du département. « Il faut discuter avec les élus des compétences de proximité qu’ils souhaitent récupérer à l’échelle des communes et voir comment cela s’organise sur le territoire. »

Cette discussion s’effectuera sous les auspices financiers de la chambre régionale des comptes. « Elle sera en appui pour évaluer les conséquences de cette redistribution des compétences », a affirmé le représentant de l’Etat. Un travail très technique car toutes les communes n’ont pas les mêmes capacités pour assumer un retour d’ascenseur institutionnel. Selon leur taille et leurs moyens, toutes n’ont pas les mêmes besoins. « Il faudra trouver un système souple qui permette d’avancer pour redonner des marges de manœuvre budgétaires à la Métropole. »

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