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Marseille : la Ville veut changer de mise en PLUi suite...

A la faveur de la 3e modification du PLUi du CT Marseille-Provence, la Ville de Marseille formule une centaine de propositions d’amendements du document comme l'abaissement du seuil de logements sociaux dans les programmes immobiliers.
Marseille : la Ville veut changer de mise en PLUi suite...
S. Payrau - « L' an dernier, 2 000 logements ont été autorisés et seulement 874 logements sociaux ont reçu un agrément sur toute la ville. C’est notoirement insuffisant », constate Patrick Amico, adjoint délégué à la politique du logement de la Ville de Marseille.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le ,

La Ville de Marseille revient à la charge sur le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) du conseil de territoire Marseille-Provence (CT MP). Alors que fin mars la commission d’enquête publique a émis un avis favorable à la deuxième modification du document qui concerne les 18 communes de l’ex-communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM), les élus de la municipalité de la ville centre maintiennent la pression sur la Métropole qui a la main sur l’urbanisme.

Marseille : la Ville veut changer de mise en PLUi

Un an après une première salve de demandes de modifications dont la plus symbolique était l’abaissement du seuil de logements sociaux dans les programmes immobiliers (30 % d’HLM pour tout projet d’au moins 30 logements et 2 000 m2 de surface de plancher), le sujet revient sur le tapis à la faveur de la troisième modification du PLUi lancée fin 2021 par la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP). « La Métropole a accepté d’imposer ce seuil aux seules zones de bonne desserte en transport collectif, une mesure qui ne couvre que 13 % du territoire marseillais. Pour le reste, elle s’est contentée d’une timide avancée en abaissant le seuil de 30 % d’HLM de 80 à 60 logements. C’est très insuffisant ! », grince Mathilde Chaboche, adjointe à l’urbanisme et au développement harmonieux de la ville de Marseille.

Relancer la production de logements

« On est confronté à un réel problème de production de logements », abonde Patrick Amico. Marseille recense plus de 40 500 demandes de logements sociaux et 40 000 logements indignes. « Or, l’an dernier, 2 000 logements ont été autorisés et seulement 874 logements sociaux ont reçu un agrément sur toute la ville. C’est notoirement insuffisant », constate l’adjoint délégué à la politique du logement.

Ces chiffres, qui traduisent le sérieux coup de mou de la production résidentielle, tranchent avec les objectifs du pacte national pour la relance de la construction durable instigué par Emmanuelle Wargon, la ministre du Logement. Selon cette feuille de route proposée par le préfet, la deuxième ville du pays devrait produire chaque année 4 500 à 5 000 logements dont 2 600 HLM. Soit deux fois plus que la cadence enregistrée en 2021. Satisfaire les besoins passe donc « par la mise en place d’une politique volontariste de construction » selon l’adjoint. Mais sans rêver du grand soir... en y allant progressivement. « Dans une première phase, la ville vise un objectif de 3 000 logements avec 1 200 HLM », indique Patrick Amico.

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Cette relance devra en outre se traduire par un rééquilibrage de l’offre locative sociale sur les plans typologique et géographique. « 80 % de la demande HLM relève du PLAi, les logements les plus sociaux », rappelle l’adjoint au logement. Inutile donc de continuer à produire en nombre des PLS, les logements sociaux haut de gamme aux loyers les plus onéreux « qui ne répondent pas à la demande ». Surtout cette offre nouvelle - via la construction neuve et les opérations en acquisition-amélioration - devra être mieux répartie sur le territoire : un rééquilibrage que l’élu souhaite voir gravé dans le marbre du programme local de l’habitat métropolitain (PLH). « Le PLH devra fixer des objectifs par arrondissement », martèle l’ancien dirigeant d’ICF Méditerranée. Une exigence conforme aux textes que la ville souhaite inscrire dans le document d’urbanisme à coup « de changements de zonages ».

Densification raisonnée

« Dans certains secteurs, il s’agira de revoir la constructibilité pour permettre la densification quitte à être un peu plus prescriptif », précise Patrick Amico. Cette démarche politiquement sensible promet quelques joyeuses discussions avec les habitants des quartiers concernés. « On assume la complexité. Il faut à la fois protéger les espaces verts et construire des logements pour tous, les plus riches comme les plus pauvres », résume Mathilde Chaboche. Allier densité et respect de l’environnement naturel sans susciter les aigreurs des riverains est plus facile à décréter sur le papier qu’à mettre en œuvre sur le terrain. L’adjointe à l’urbanisme livre sa formule : « Il faudra trouver les moyens de tricoter tout ça en ayant conscience que la ville doit arrêter de s’étaler. » La solution ? « Mettre en place des corridors de densification. » Une stratégie en rupture avec les années d’étalement urbain qui ont fait du territoire phocéen « un grand machin tout mou » [sic].

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Pour remettre de la cohérence et du sens, l’élue plaide « pour de nouvelles formes d’architecture et d’urbanisme capables de rendre la densité acceptable ». « Let’s dense ! » en somme. Un vœu un brin paradoxal dans une ville dont le territoire s’étend sur plus de 240 km2, soit l’équivalent des territoires de Paris (105 km2), Bordeaux (49 km2), Lille (38 km2) et Lyon (47 km2) réunis.

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