AccueilUrbanismeMarseille : la Métropole et Euroméditerranée planchent sur trois ilots démonstrateurs de la ville durable

Marseille : la Métropole et Euroméditerranée planchent sur trois ilots démonstrateurs de la ville durable

La Métropole AMP et Euroméditerranée préparent le lancement de trois projets démonstrateurs de la ville durable. Lauréats de l’AMI du Programme d’investissements d’avenir (PIA 4) France 2030, ils seront déployés au cœur de la zone arrière-portuaire.
Les aménagements envisagés auront à prendre en compte la pollution des sols, la maîtrise foncière et la préservation de l’ancien patrimoine bâti portuaire.
Google maps - Les aménagements envisagés auront à prendre en compte la pollution des sols, la maîtrise foncière et la préservation de l’ancien patrimoine bâti portuaire.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le ,

Mixer les fonctions en les superposant pour répondre au défi de la reconstruction de la ville sur la ville : tel est le fil rouge de l’expérimentation que s’apprêtent à engager l’EPA Euroméditerranée et la métropole Aix-Marseille Provence. La démarche lauréate en janvier 2022 de l’appel à manifestation d’intérêt du Programme d’investissements d’avenir (PIA 4) – France 2030, "Démonstrateurs de villes durables" lancé par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a pour décor la zone arrière-portuaire de Marseille comprise entre Arenc (2e) et la Cabucelle (15e).

Ces quartiers parmi les plus paupérisés du vieux continent portent les stigmates du déclin de l’activité industrialo-portuaire. Une déshérence qui leur vaut d’être aujourd’hui inscrits dans les périmètres de l’opération d’intérêt national (OIN) et du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). A l’ombre des grandes infrastructures de transport, ce morceau de ville devenu espace de relégation mixe dans un relatif désordre habitat ancien ouvrier, friches, entrepôts et locaux d’activités,... un tissu bâti hétéroclite qui a pour dénominateur commun d’être souvent très dégradé. Les activités économiques, historiquement liées à l’activité du port, sont désormais essentiellement tournées vers l’économie présentielle et artisanale (BTP, réparation automobile, maintenance…).

Marseille : imaginer les contours d’une ville Méditerranéenne durable

Mixer économie productive et habitat

Le projet de revitalisation de ces quartiers proches du centre-ville porté par l’EPAEM et la Métropole Aix-Marseille Provence passe par le déploiement de programmes mixtes intégrant des activités économiques artisanales et productives, à la fois horizontalement à l’échelle des quartiers, et verticalement à l’échelle des bâtiments.

L’expérimentation que vont mettre en œuvre l’EPAEM et la Métropole concerne le second volet de la démarche. AMP vient d’en poser la première brique en lançant une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) « pour une expérimentation intensifiée de la mixité programmatique verticale » (sic). Derrière ce jargon un brin techno se cache une intention plus prosaïque : il s’agit de tester la faisabilité technique, économique et réglementaire d'opérations offrant une mixité verticale poussée, comportant notamment des activités artisanales et/ou productives, en centre urbain dense. Le prestataire qui sera retenu au printemps sera chargé de poser les bases du montage de trois opérations pilotes sur des sites inscrits dans les périmètres opérationnels d’Euromed et/ou du NPNRU.

Marseille : la SPLA-IN recrute des maîtres d’œuvre pour les ilots prioritaires du PPA

Moulins-Docks Libres-Villette et Salengro-Mirabeau

Les deux premières opérations auront pour décor le secteur de projet Moulins-Docks Libres-Villette. La troisième se situe dans le secteur Salengro/Mirabeau, au cœur du parc Habité d’Arenc.

Le premier périmètre s’étend sur 5 hectares, près des Docks Libres, au sud de l’extension d’Euroméditerranée. Il prévoit recyclage du bâti et aménagement d’un quartier de ville mixant habitat et activités économiques artisanales et productives. Les opérations pilotes devront tenter de marier carpe économique et lapin résidentiel en les faisant cohabiter harmonieusement dans des ilots spécialement conçus.

Le projet, exposé à travers un plan régisseur et un cahier de prescriptions architecturales urbaines paysagères et environnementales (CPAUPE), devra répondre à plusieurs enjeux. Sa programmation mixte devra tout d’abord répondre en priorité aux besoins locaux et aux capacités modestes des habitants. Il s’agira ensuite de proposer une véritable qualité d’usage des espaces publics et des rez-de-chaussée utiles ou animés. Enfin, cette nouvelle pièce urbaine devra déployer un maillage d’espaces publics rendant une perméabilité à l’îlot, avec des volumes bâtis équilibrés entre les différentes fonctions.

Les grands chantiers de 2023 qui vont changer la région Paca

Défis multiples

Le projet devra relever de nombreux défis. Les aménagements envisagés auront à prendre en compte la pollution des sols, la maîtrise foncière et la préservation de l’ancien patrimoine bâti portuaire. Cette régénération urbaine s’inscrit par ailleurs dans un secteur marqué par le risque inondation (zone d’aléa fort), une menace qui contraint la constructibilité et impose d’imaginer des formes urbaines résilientes vis-à-vis de cet aléa. A l’aune du changement climatique, la métropole et l’EPAEM souhaitent également que le projet minimise son empreinte carbone en réduisant l’effet d’îlot de chaleur urbain. Enfin, la mutation ne devra pas évincer les entreprises présentes in situ. Leur maintien dans le quartier sera primordial.

Trois ilots démonstrateurs

Les deux cas pratiques sont identifiés. Le premier est un bâtiment mixte proposant des surfaces d’activité artisanale ou productive en rez-de-chaussée (hors commerce et tertiaire), surmontées d’un parking silo. Ce bâtiment se veut au moins partiellement évolutif à court et moyen terme, réversible (à plus long terme) et hybride (mixité d’usages en rez-de-chaussée, sur les toitures, mais également sur tout ou partie des niveaux intermédiaires : espaces dédiés aux mobilités actives, mutualisés ou non, consigne, petite logistique, agriculture urbaine et/ou production photovoltaïque en toiture…). Il s’agit de permettre la réduction et l’optimisation des moyens dédiés au stationnement automobile. Ce projet pilote pourra ensuite être dupliqué sur le périmètre d’Euroméditerranée.

Marseille : le logement en 34 mesures

Le second projet est un immeuble mixte de taille intermédiaire offrant en son socle des surfaces d’activité artisanale ou productive, surmontées de logements. « La mixité des usages pourra être poussée plus loin, par exemple au travers d’un multi-usage des toitures, et d’une intégration des stationnements en superstructure », indique l’avis de marché d’AMO.

La troisième opération aura pour décor le parc Habité d’Arenc. A travers le développement d’un programme immobilier de taille intermédiaire, l’EPAEM souhaite « travailler une forme et des usages permettant de retrouver l’échelle urbaine et active de la ville constituée, pour répondre au plus près aux besoins d’un quartier mixte ». Au-delà des enjeux d’intégration urbaine, le projet aura pour ambition de développer une mixité programmatique à l’immeuble en travaillant une superposition répondant aux caractéristiques du site : socle actif, étages intermédiaires mixtes et évolutifs, toitures multi-usages avec éventuelle intégration des stationnements en superstructure...

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 25 janvier 2023

Journal du25 janvier 2023

Journal du 18 janvier 2023

Journal du18 janvier 2023

Journal du 11 janvier 2023

Journal du11 janvier 2023

Journal du 04 janvier 2023

Journal du04 janvier 2023

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?