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Marseille : la maison du Fada au patrimoine mondial

L'œuvre architecturale de Le Corbusier entre au Patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco et avec elle la Cité radieuse de Marseille, plus icône que jamais.
Marseille : la maison du Fada au patrimoine mondial
J-P. Pierrat - Après la façade ouest de la Cité radieuse qui a retrouvé ses couleurs, c'est sa façade est qui fait l'objet en ce moment

Architecture Publié le ,

Après deux tentatives sans succès en 2012 et 2014, la troisième aura été la bonne. La nouvelle a tweeté d’Istanbul, en Turquie, alors en plein putsch mais où se tenait la 40e session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco : dix-sept réalisations, sur une cinquantaine au total, du célèbre architecte franco-suisse Charles-Edouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier, dont 10 en France - et parmi elles, la fameuse Cité Radieuse du boulevard Michelet à Marseille, une de ses œuvres les plus connues - entrent de plain-pied (et sur pilotis pour beaucoup) au Patrimoine mondial de l’humanité établi par l’Unesco.

Deux réalisations en Paca

Notre région Paca a également la chance de compter un autre édifice de cette liste, ou plutôt un édicule puisqu’il s’agit de son non moins fameux minuscule cabanon de bord de mer de 13 m2 à Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes, où l’architecte s’est noyé, il y aura bientôt 51 ans, le 27 août 1965.

Sinon figurent également parmi ses réalisations françaises ainsi classées : les tout aussi connus des amateurs villa Savoye de Poissy, chapelle de Ronchamp, cité Frugès de Pessac, couvent de la Tourette à Evreux, Maison de la culture de Firminy, immeuble de la rue Nungesser et Coli à Paris (où il a vécu et avait son atelier), maisons La Roche et Jeanneret, toujours dans la capitale, et enfin, « l’usine verte », la manufacture Claude et Duval, à Saint-Dié-des-Vosges.

Une œuvre universelle

Avec également des réalisations retenues dans six autres pays et sur trois autres continents, « c’est la dimension universelle de la pensée architecturale et urbanistique de Le Corbusier qu’a voulu, par ce classement, souligner l’Unesco », commente l’architecte marseillaisThierryDurousseau, éminent spécialiste de l’architecture moderne du XXe siècle de la cité phocéenne.

« C’est un symbole en effet de cette culture universaliste de l’après-guerre dont est issue elle-même l’Unesco, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture. C’est son urbanisme et son architecture ainsi imaginés à​ l’échelle de la planète qui est mis en avant, estime encore notre spécialiste. Il est le seul architecte à avoir essayé alors de construire de la sorte dans plusieurs parties du monde, un classement tout à fait justifié ! ».

La polémique

La polémique à propos du passé politique et idéologique de l’inventeur duModulor et du mur-pan de verre (encore appelé mur-rideau), de ses accointances fascistes et vichystes, avant et durant la Seconde Guerre mondiale, et de son antisémitisme, ressurgie l’été dernier au moment du cinquantenaire de sa disparition et d’une grande exposition lui étant consacrée à l’occasion de la parution quasi simultanée de trois nouveaux ouvrages* à charge sur ces aspects moins reluisants du personnage, n’aura donc finalement pas nui au dossier ainsi qu’avaient craint certains de ses défenseurs. En l’occurrence, la dimension universelle de la pensée architecturale du Corbu a pris le dessus sur son profil sombre sur lequel cependant un grand débat national doit être organisé, nous a-t-on promis pour cette année. A suivre.

* « Un Corbusier » de François Chaslin ; « Le Corbusier un fasciste français » de Xavier de Jarcy, et « Le Corbusier, une froide vision du monde» de Marc Perelman.

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