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Marseille : la cité scolaire internationale entre ombre et lumière

La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a levé le voile sur le projet lauréat de la future cité scolaire internationale. Cet établissement réalisé par Bouygues Bâtiment Sud-Est, Rudy Ricciotti et Roland Carta devrait lever le rideau dans le quartier d'Arenc à la rentrée 2024. Visite guidée.
Marseille : la cité scolaire internationale entre ombre et lumière

ArchitectureBouches-du-Rhône Publié le ,

Marseille aura sa cité scolaire internationale (CSI) en septembre 2024. Quinze mois après l'abandon d'une première consultation en raison d'un conflit d'intérêt au sein du jury, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a confié au groupement associant Bouygues Bâtiment Sud-Est, Rudy Ricciotti et l'agence Carta et associés* la mission de réaliser cet établissement hors normes (27 000 m2 de surface de plancher) dans le quartier d'Arenc (2e arr.), au cœur du périmètre d'Euroméditerranée à Marseille. « Sur ce marché, ça a été sportif... », a soupiré Renaud Muselier, ce 17 février, au moment de dévoiler le projet architectural dans le grand hall de l'hôtel de région aux côtés des membres de l'équipe lauréate du marché public global de performance (MPGP), du recteur Bernard Beignier, de Martine Vassal, présidente du département des Bouches-du-Rhône et de Pierre-Marie Ganozzi, adjoint de la Ville de Marseille délégué aux écoles. Car le match va s'offrir une petite prolongation devant la justice. Dans quelques jours, le tribunal administratif devra en effet examiner un référé précontractuel déposé par Eiffage, mandataire d'un des trois groupements en lice** dans le MPGP. « C'est un recours de mauvais perdant », a maugréé le président de la Région, annonçant que ce dernier allait « faire perdre cinq à six semaines » à l'opération. Une paille comparée « aux trois ans perdus » dans les affres procédurales.

Clos cistercien

En attendant que la justice se prononce sur la régularité du marché – le lauréat, en tête sur trois des quatre critères, a été retenu à l'unanimité du jury et de la commission d'appel d'offres a rappelé Renaud Muselier – les invités ont donc pu découvrir le projet à travers un petit film et une maquette. Jouxtant le Dock des Suds et la tour Saadé, la CSI verra le jour sur deux parcelles (8 800 m2) de la Zac de la Cité de la Méditerranée, l'une des pièces opérationnelles d'Euroméditerranée. Un site relativement exigu traversé en son centre par la rue Peyssonnel. « Cette école est un condensé de l'Europe : un maximum de densité dans un minimum d'espace », a résumé Roland Carta. Les architectes auront dû relever le défi d'inscrire cet écrin destiné à accueillir quelque 2 100 élèves dans ce périmètre restreint. Avec cerise sur le gâteau bio : l'obligation de préserver 20% de la surface de pleine terre. Pour Roland Carta, « l'enjeu était de créer une cité dans la ville ». La CSI se développe donc dans deux parallélépipèdes de part et d'autre de la rue Peyssonnel. De près, le projet paraîtra assez massif. Une densité assumée en référence « au clos cistercien » déjà de mise dans un autre établissement à vocation internationale conçu par Rudy Ricciotti, l'école de Manosque qui accueille les enfants des scientifiques travaillant sur le projet Iter.

Ombre et lumière

« On est dans une double dimension : l'enceinte qui protège les enfants du bruit de la ville, un espace fermé comme l'école laïque du XIXe siècle et en même temps une école ouverte sur la ville et le monde, avec la rue qui la traverse », a décrypté l'architecte du Mucem. L'architecture revendique également son caractère « latin », le diptyque une maison/un jardin qui compose « un jeu d'ombre et de lumière » : l'ombre des murs épais du bâti qui protègent de l'ensoleillement et la lumière qui perce le cœur des deux îlots où seront nichés des jardins intérieurs. Cette présence de la nature sera renforcée par le recours à des matériaux biosourcés, la présence de toitures végétalisées et l'habillage des façades d'une résille en résine de lin « made in France ». Certains verront dans cette résille dont la forme rappelle le moucharabieh un clin d'œil à la voile en Befup du Mucem, l'autre grande œuvre marseillaise signée du duo Ricciotti-Carta. Pour le lauréat du grand prix national d'architecture, l'explication est plus bioclimatique : « On reprend simplement le langage de l'ombre du moucharabieh : l'été, le lin maîtrisera la solarisation ; l'hiver, il permettra de grands apports solaires ».

(Crédit : Bouygues Bâtiment Sud-Est)

Des enseignements en 5 langues

Cet établissement « unique en France » aux dires du recteur Bernard Beignier dispensera des enseignements dans cinq langues : anglais, allemand, arabe, espagnol et chinois, du primaire au lycée. La CSI regroupera une école élémentaire (300 élèves), un collège (700 élèves), un lycée (1 060 élèves), un internat, un gymnase et un espace de restauration.

Le projet piloté par la société publique locale d'aménagement Area Paca (Agence régionale d'équipement et d'aménagement) représente un investissement de 100 millions d'euros (dont 64 M€ HT de travaux) pris en charge par la Région (49%), le conseil départemental (37%) et la Ville de Marseille (14%). Le marché global de performance prévoit également la prise en charge de la maintenance de l'équipement durant dix ans par Bouygues Energies & Services.

* Bouygues est le mandataire du groupement avec les architectes Rudy Ricciotti et Roland Carta et les bureaux d'études Lamoureux et Ricciotti, G2I, BG Ingénieurs conseils, STOA, AC2R, SUR&TIS, Indigo, Gamba et R2M.
** Les deux autres équipes en lice en finale étaient : Eiffage construction et les agences Architecture Studio et Tangram architectes / Vinci Construction et Corinne Vezzoni.

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