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Marseille : Habitat Marseille Provence vend pour mieux construire

L’office Habitat Marseille Provence déploie une stratégie de cession de certains lots de son patrimoine pour construire de nouveaux logements. Illustration avec deux opérations réalisées à Bonneveine (8e) et à Saint-Loup (10e).
Marseille : Habitat Marseille Provence vend pour mieux construire
HMP - L'immeuble Les Bruyères a été construit à Saint-Loup, dans le 10e arrondissement de Marseille.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le ,

Des appartements rénovés vendus entre 1 440 et 2 600 euros le mètre carré à deux pas de la Pointe Rouge... Un rêve de primo-accédant ? Non. Une réalité mise en œuvre par l’office public pour l’habitat (OPH) Habitat Marseille Provence (HMP) dans une de ses résidences située boulevard du Collet, dans le quartier de Bonneveine (8e). Après de gros travaux de rénovation, le bailleur a décidé de céder les logements des Tamaris, ancienne cité d’urgence érigée au mitan des années 1950 qui accusait le poids des ans. « Outre son emplacement intéressant, à quelques minutes à pied de la plage, cet ensemble de deux petits bâtiments de deux étages connaissait une vacance importante », explique Christian Gil, directeur général d’HMP. Sur les 48 logements du groupe (du T2 au T4, de 37 m2 à 65 m2), 21 sont aujourd’hui inoccupés.

En 2018, suivant les préconisations de la loi ELAN, l’organisme a décidé de proposer ces logements à la vente. Une manière de gonfler ses fonds propres pour financer des opérations de construction et de rénovation. « Après avoir obtenu un déconventionnement de l’Etat, nous avons lancé un chantier de réhabilitation lourde des deux barres de la résidence », poursuit le dirigeant. Piloté par l’agence Fare architecture, le lifting qui touche à sa fin a concerné la réfection des façades et des cages d’escaliers, l’isolation thermique des murs par l’extérieur... Sans oublier la rénovation de l’intérieur de la vingtaine d’appartements vacants. « On a refait entièrement les cuisines, les sanitaires, changé les fenêtres et les huisseries, installé de nouveaux revêtements de sol... », égrène Christian Gil. Montant de l’investissement : 900 000 euros (pour les travaux sur les parties communes).

Vingt-six logements réservés

Cette cure de jouvence était indispensable pour commercialiser ces petits logements qui ne correspondaient plus aux normes de confort contemporaines. Les derniers locataires qui disposent d’une priorité pour l’achat de leur logement ont sauté le pas, trouvant là l’occasion d’accéder à la propriété à un prix défiant toute concurrence dans ce quartier. Cinq d’entre eux ont d’ores et déjà signé une offre d’achat. Les vingt-deux autres ont jusqu’à la fin de l’année 2021 pour se positionner. « Ils disposent d’une décote d’environ 20% sur le prix de vente », précise le directeur d’HMP. Passée cette échéance, ils pourront toujours acquérir leur logement, mais sans décote.

Certains de ses résidents acquéreurs ont décidé de réaliser eux mêmes les travaux d’aménagement intérieur. D’autres profitent simplement du prix de vente ultra doux qui leur est réservé : à partir de 1 400 euros le mètre carré. Enfin, ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas acheter restent dans leur appartement, bénéficiant des travaux d’amélioration des parties communes et du bâti extérieur.

Priorité aux primo-accédants

Les 21 logements inoccupés quant à eux ont été proposés à une clientèle de primo-accédants et de jeunes actifs* qui a profité de l’opportunité unique d’acheter un nid à un tarif ultra modéré (2 200 euros/m2 pour un rez-de-chaussée à 2 600 euros/m2 pour un appartement au 2e étage) dans un des quartiers les plus prisés de Marseille. Signe de l’engouement, à quelques semaines de la livraison du chantier, il ne reste plus aucun lot sur le marché.

Vingt-quatre logements neufs à Saint-Loup

HMP est engagé dans plusieurs projets marseillais du programme national de renouvellement urbain (NPNRU). A ce titre, le bailleur pilote des opérations de démolition reconstruction. Des opérations déployées dans les quartiers inscrits dans le NPNRU... et en dehors aussi.  Au printemps 2021, l’office phocéen a ainsi posé une nouvelle brique du programme de régénération au sein de Château Saint-Loup, une résidence de 300 logements des années 1970 qu’il gère dans le quartier de Saint-Loup (10e).

« On a exploité un délaissé au cœur de la résidence pour réaliser un bâtiment de 24 logements sociaux », indique Patrick Pappalardo, le président d'HMP. Ce petit programme de quelque 2 000 m2 de surface de plancher fait partie de la reconstitution de logements hors site dans le cadre de la convention ANRU de Malpassé », ajoute le président d’HMP. Conçu par l’agence Faugue-Renaut architectes, cet immeuble de six niveaux baptisé « Les Bruyères » propose toutes les typologies (un T1, huit T2, onze T3 et quatre T4) et toute la palette de l’offre la plus locative sociale : trois PLAI, six PLUS CD et quinze PLUS. Et la totalité des appartements dispose d’un espace extérieur (terrasse ou balcon). Un atout en ces temps de pandémie à rallonge... Coût de l’opération : 4,175 millions d’euros, dont 3,2 millions d’euros HT de travaux.

Le coup de jeune devrait bientôt gagner les 300 logements de la résidence. « On a lancé une étude pour la rénovation thermique des bâtiments », précise Patrick Pappalardo.

* Cinq des acquéreurs étaient déjà propriétaires, 12 étaient locataires dans les parcs privé (6) et HLM (6), trois étaient hébergés par des proches et un était locataire d’un logement de fonction du secteur public.

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