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Marseille : grands travaux pour la Petite Savine

Bouches-du-Rhône le - - Urbanisme

Marseille : grands travaux pour la Petite Savine
Olivier Monge - La pelle à grand bras de l'entreprise Cardem (Eurovia) a entamé le grignotage du G2, la tour de dix étages (40 logements) qui marque l'entrée du quartier, à flanc de colline.

L'entreprise sociale pour l'habitat (ESH) Logirem poursuit le lent chantier de renouvellement urbain de la Savine et de sa petite sœur, la Petite Savine dans les quartiers nord de Marseille. Si la première est vouée à être complètement rayée du paysage, la seconde subit actuellement une cure de jouvence d'une ampleur inédite.

La régénération des grands ensembles des quartiers nord est un sport de combat. Un quart de siècle après les premières démolitions et onze ans après la signature de la convention de rénovation urbaine, le lifting de la cité de la Savine (15e), l'un de ces grandes cités HLM qui ont poussé sur les contreforts du massif de l'Etoile au début des années 1970 (1 386 logements à l'origine, moins de 500 aujourd'hui) est au milieu du gué. Alors qu'à l'origine, le projet Anru prévoyait de mixer opérations de démolition-reconstruction et réhabilitation de la trentaine de barres et autres tours de béton qui composent le quartier (83 M€*), la découverte en 2010 de traces d'amiante dans les cloisons des immeubles a stoppé net l'ambition de Logirem (groupe Habitat en région), la bailleur de la cité, et de Marseille rénovation urbaine (MRU), le groupement d'intérêt public en charge du pilotage des projets de rénovation urbaine dans Marseille.


A relire : La Savine-Vallon des Tuves : de la rénovation au renouvellement urbain


Alors que l'organisme avait relancé le chantier de démolition, la présence de l'isolant miracle aux vertus cancérigènes a obligé les partenaires publics et privés à reconfigurer la maquette financière du projet. Le devis a grimpé alors que l'opération prenait une tournure radicale : « Il a été décidé raser la totalité des immeubles de la cité », explique Frank Nicol, directeur général délégué de Logirem. Un parti extrême qui a engendré un autre défi : l'obligation de reloger les familles résidentes. Une partie des ménages a pu emménager dans les deux nouveaux immeubles (140 logements) érigés par Logirem en 2017. D'autres devraient trouver un nouveau toit dans le programme de 66 logements que prévoit de réaliser 3F Sud en bas du chemin du Vallon. Et ceux qui en ont les moyens pourront s'installer dans la résidence de 33 appartements (en accession sociale) que livrera Searim début 2021 juste à côté du bâtiment Couronne.

448 logements à démolir

Alors que la Soleam achève les travaux de désenclavement de cet ensemble perché sur un éperon rocheux au milieu de la pinède, en aménageant une nouvelle voie le reliant au Vallon des Tuves (cf. encadré), le quartier pavillonnaire niché en contrebas, la chirurgie lourde est engagée. « Il reste 448 logements à démolir : la tour G2 et K et les bâtiments D, E, H et I », égrène Franck Nicol. Le chantier du relogement presque bouclé - seuls 75 appartements sont encore occupés – la pelle à grand bras de l'entreprise Cardem (Eurovia) a entamé le grignotage du G2, la tour de dix étages (40 logements) qui marque l'entrée du quartier, à flanc de colline. Un travail de sape plus rapide que celui qui est aujourd'hui à l'oeuvre chez sa cousine la tour K de la Castellane.


Lire aussi : Marseille : La tour K de haut en bas


« Ici, contrairement à la Castellane, nous avons suffisamment de recul pour intervenir avec une pelle à grand bras. Quinze jours suffisent pour déconstruire le bâtiment quand il faudra plusieurs mois pour raser la tour K en la grignotant par le haut », explique Jacques Monfourny, directeur général adjoint de Ginger Deleo, l'entreprise qui assure la maîtrise d'oeuvre des deux chantiers marseillais. Au mois de septembre, une fois que la tour G2 aura été rayée du paysage, il reviendra à la mission MRU de la métropole et à la Ville de décider du devenir de cet espace public qui s'élargira au fil des démolitions programmées pour durer jusqu'en 2023.

Entre temps, le bailleur et MRU auront paraphé la convention définitive du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Un protocole indispensable pour financer la dernière étape de ce chantier entamé en... 1993.

* La nouvelle mouture du PRU se monte finalement à 135 millions d'euros.

Retrouvez l'intégralité des articles sur ce chantier dans le numéro 1351 de PBM (parution le 12/08/2020). Cliquez ici pour consulter nos offres d'abonnement (à partir de 20€/an).

Désenclavement, l'autre chantier...

Après la découverte des traces d'amiante, la GIP MRU avait décidé de reconfigurer le projet de rénovation urbaine. Ces nouvelles orientations définies par l'urbaniste Patrick Germe (collectif Germe & JAM architecture.et.territoire) ont concerné à la fois le bâti et l'aménagement des espaces publics. Des logements sociaux ont ainsi été reconstruits en 2017 sur les sites les mieux reliés au noyau urbain, afin de répondre aux besoins de relogement exprimés par une partie des habitants. Une ambition qui passe par la démolition des bâtiments du plateau Savinois et la réhabilitation de la « Petite Savine », ensemble 125 logements adossé au vallon des Tuves.

A l'horizon 2025, l'opération prévoit la construction et la réhabilitation de quelque 950 logements (50% sociaux et 50% en accession ou locatif libre).

La seconde phase du projet appelée à être inscrite au NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) accorde par ailleurs une plus grande place aux aménagements d'espaces publics et à la réalisation d'équipements publics (centre social, crèche, équipements sportifs et récréatifs,...).

La Soleam achève actuellement la première phase du désenclavement de la cité de la Savine en réalisant un mail qui la reliera au boulevard du Bosphore. Un axe qui a vocation à ouvrir l'entrée du quartier, mais aussi à desservir un nouveau parc aménagé au dessus du canal de Marseille.




William Allaire
Journaliste

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