AccueilTerritoires« Marseille en grand » : un milliard d’euros pour les transports

« Marseille en grand » : un milliard d’euros pour les transports

Un amendement au projet de loi de finances 2022 prévoit une subvention de 256 M€ pour les projets de mobilité de la Métropole. Il sera suivi d’une seconde ligne de crédits de 750 M€ sous forme d’avances remboursables.
« Marseille en grand » : un milliard d’euros pour les transports
David Girard - La dizaine de dossiers marseillo-marseillais de métro, bus, tramway et autres BHNS agréée par Emmanuel Macron début septembre représente à elle seule une dépense de quelque 1,25 milliard.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

« La deuxième ville du pays ne pourra pas sortir de l’ornière toute seule. L’Etat doit l’aider comme il a aidé le Grand Paris… » A cette vieille rengaine entonnée par les élus d’Aix-Marseille Provence (AMP) et les édiles locaux ces dernières années, Emmanuel Macron a répondu « chiche », le 2 septembre lors de sa visite dans la cité phocéenne, dévoilant dans les jardins du Pharo son plan « Marseille en Grand ».  Et le gouvernement a fait un premier geste, ce 3 novembre, via un amendement au projet de loi de finances 2022 actuellement en discussion à l’Assemblée nationale qui prévoit une subvention de 256 millions pour les projets de mobilité de la Métropole. Cette aide exceptionnelle sera inscrite au budget de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Elle sera suivie d’une seconde ligne de crédits de 750 millions d’euros sous forme d’avances remboursables.

Alors que l’encours de la dette d’AMP a atteint en 2020 plus de 2,82 Md€, ce coup de pouce inédit est le bienvenu. Car d’ici 2030, les chantiers des projets de TCSP (Transports collectifs en site propre) nécessitent un investissement de 3,9 milliards d’euros selon Martine Vassal, la présidente de la Métropole et du Département des Bouches-du-Rhône. La dizaine de dossiers marseillo-marseillais de métro, tramway et autres BHNS (Bus à haut niveau de service) agréée par Emmanuel Macron début septembre représente à elle seule une dépense de quelque 1,25 milliard.

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Les conseils de territoire à la trappe

Mais le Président de la République a alors mis les élus locaux devant leurs responsabilités : « OK pour vous aider. Mais assez de chicayas ! Mettez en place une gouvernance plus fluide qui permette d’accélérer la gestion des grands dossiers », avait-il déclaré.

Deux mois plus tard, Jacqueline Gourault est venue relever les copies. Ce 25 octobre, à l’issue de sa réunion avec les maires, la ministre de la Cohésion des territoires a levé le voile sur la nouvelle architecture institutionnelle que l’Etat compte mettre en place : l’annonce principale est la fin programmée des conseils de territoire, vestiges des six intercommunalités fusionnées au sein d’AMP.

« Il me semble qu’il est inutile de les laisser perdurer. L’intercommunalité, c’est la Métropole, il faut la renforcer et renforcer les communes dans les compétences de proximité », a expliqué la ministre.

Cette modification devrait être inscrite par le gouvernement dans un amendement à la loi 3DS* appelée à être examinée par le Parlement à partir du 6 décembre.

Reste toutefois de nombreuses inconnues. La fin des conseils de territoire sonnera-t-elle le glas des Plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUI) dont les périmètres étaient calqués sur ceux des anciens Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ? Et quelle sera l’articulation entre communes et Métropole en matière de politique de l’habitat ? Alors qu’une vingtaine de communes d’AMP sont frappées d’arrêtés de carence car elles n’ont pas suffisamment construit de logements sociaux, quel rôle jouera la Métropole dans ce dossier politiquement sensible ? A cette aune, les bisbilles entre le Conseil de territoire Marseille-Provence (CTMP) et la Ville de Marseille quant à l’abaissement du seuil de logements sociaux dans les projets immobiliers sur le territoire de la ville centre n’augurent pas d’une solution apaisée. Avec la fin programmée du CTMP, c’est l’échelon supérieur de la Métropole qui devra statuer. Sur un dossier, le PLUI de Marseille-Provence, qui ne concerne que 18 communes d’AMP. Migraine en perspective.

* Différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification.

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