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[Marseille] Carrière Saint-Tronc : De l'âge de pierre à celui du béton

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[Marseille] Carrière Saint-Tronc : De l'âge de pierre à celui du béton
Perasso - La carrière de Saint-Tronc fourni les grands chantiers du BTP de Marseille.

La carrière de Saint-Tronc est l'un des plus anciens sites industriels de la cité phocéenne, mais loin d'être l'un des plus connus. Elle fournit pourtant les grands chantiers du BTP de la ville. Sans elle, point d'extension du stade Vélodrome ou de l'hôpital de la Timone. Alors pour remédier à cet anonymat, la société Perasso a ouvert ses portes au grand public à l'occasion des Journées du patrimoine.

L’escalier monumental de la gare Saint-Charles avant-hier, l’extension du stade Vélodrome hier et aujourd’hui la réalisation de la partie est de la L2 : autant de réalisations qui figurent (ou figureront) au patrimoine de Marseille. Leur point commun ? La carrière de Saint-Tronc, située à l’extrémité du chemin du Vallon de Toulouse dans les quartiers Est de la ville (10e), qui fournit en béton et agglos ces grands chantiers emblématiques de la cité phocéenne.

Or, s’il s’agit d’un des plus anciens sites industriels de la ville, la notoriété de la carrière, exploitée depuis 1840, est loin d’avoir rattrapé celle des ouvrages qu’elle a contribué à édifier. « Beaucoup de Marseillais ne la connaissent pas », reconnaît ainsi Nicolas Galland, chef du centre Saint-Tronc Marseille de la société Perasso, l’une des deux entreprises (avec Bronzo Perasso) qui œuvre sur le site. Alors pour braquer les projecteurs sur ce lieu méconnu du grand public, l’entreprise a ouvert ses portes, le 18 septembre dernier, à l’occasion des Journées du patrimoine.

« L’objectif aujourd’hui, ce n’est pas le client que l’on travaille toute l’année, mais les riverains, les écoles, afin de faire connaître notre activité, sachant qu’une carrière a pas mal d’impact puisqu’elle génère un trafic de 400 à 500 camions par jour », explique Nicolas Galland. 

Et dans un métier où les contraintes sont de plus en plus nombreuses, « avec la ville qui se rapproche de nous » et « le Parc naturel régional des Calanques qui nous entoure », l’enjeu est de taille. « Il faut améliorer notre image de marque pour être acceptés », résume le chef de centre.

Une roche calcaire abattue à l’explosif

Après avoir parcouru plus d’un kilomètre depuis les installations des sociétés Perasso et Bronzo Perasso situées en contrebas, les bus affrétés pour la circonstance, dans lesquels ont pris place quelques dizaines de personnes munies de gilet et casque de chantier, arrivent sur la zone de l’exploitation de la carrière. Cette dernière « ne se voit pas de la ville », ce qui contribue à l’anonymat du site. Pourtant, le périple vaut le détour, ne serait-ce que pour découvrir le panorama grandiose de la cité phocéenne que le site surplombe. Géologiquement, le lieu est habité par une roche calcaire propre au massif des Calanques dont la carrière fait partie intégrante.

« On reste sur des niches sédimentaires mais cela permet certaines choses en matière de béton et granulats, qui constituent les sous-couches des routes, ou pour la préfabrication de maisons », précise le chef de centre.

Si la carrière s’étend sur une superficie totale de 146 hectares, seuls 75 sont autorisés pour l’exploitation. La dernière autorisation préfectorale a été accordée en 2000 pour une durée de 30 ans, ce qui laisse encore une visibilité de 15 ans au site. « A cette date, nous aurons encore 30 ans de réserve sous nos pieds. Nous aimerions donc prolonger, tout en sachant qu’il y a de plus en plus de contraintes. »

S. Payrau - La zone d'exploitation de la carrière de Saint-Tronc est réaménagée au fur et à mesure de l'exploitation.
  • S. Payrau - La zone d'exploitation de la carrière de Saint-Tronc est réaménagée au fur et à mesure de l'exploitation.
  • S. Payrau - La carrière « ne se voit pas de la ville » mais la vue y est imprenable.
  • S. Payrau - Tout débute par l'explosion de la roche calcaire. Cette perforeuse creuse des trous chargés ensuite d'explosifs.
  • S. Payrau - La roche est ensuite récupérée par des chargeuses de 500 chevaux et déposée par des dumpers.
  • S. Payrau - Les déchets de la carrière sont stockés et réutilisés pour la fabrication de
  • S. Payrau - Après un passage dans un premier concasseur, les pierres sont transférées au second via un convoyeur.
  • S. Payrau
  • S. Payrau
  • S. Payrau - Ce concasseur, le JP 38, date des années 60. L'arbre central pèse près de 8 tonnes.
  • S. Payrau - Les matériaux sont ensuite acheminés vers la coupole, puis un bâtiment broyeur.
  • S. Payrau - Les parpaings sont stockés en attendant que les camions viennent les récupérer.
  • S. Payrau - Les entreprises récupèrent les matériaux par camions.
  • S. Payrau - De par ses engagements environnementaux, la carrière a installé des ruches. Le miel est distribué aux visiteurs du site.

Tout débute par l’abattage de la roche calcaire à l’explosif. Cette étape est précédée par la phase de perforation de la roche par des foreuses qui réalisent des trous de profondeur allant jusqu’à 15 mètres. Ces derniers sont ensuite chargés à l’explosif selon des règles et des dosages rigoureux gages de sécurité.

« Pour un tir, on utilise 3 à 5 tonnes d’explosifs, ce qui permet d’accéder à 15.000 tonnes de matériaux. On réalise deux tirs par semaine, soit une centaine par an. »

Ils ont toujours lieu à midi moins le quart et jamais par temps de pluie. Un procédé dans lequel de nouvelles contraintes sont apparues ces dernières années. Tout d’abord, afin de mieux maîtriser l’impact environnemental de l’activité, « on a changé de méthode d’explosion en passant de l’électrique à l’électronique. Cela coûte plus cher mais on a moins d’impact environnemental et la fragmentation des granulats est plus régulière, l’abattage est donc mieux maîtrisé », se félicite Nicolas Galland.

Un concasseur unique en France

L’autre contrainte est d’ordre sécuritaire. Suite aux attentats perpétrés en France en 2004, il est interdit de conserver des explosifs sur le site, ce qui était la norme auparavant. « On se fait approvisionner à chaque tir et il y a une enquête de moralité sur les personnes qui utilisent les explosifs. » Une réglementation qui s’est encore durcie au printemps dernier. « Désormais, chaque explosif doit comporter un code barre : tout ce qui rentre doit être suivi. »    

Une fois abattue, la roche est ramassée par des chargeuses de 500 chevaux - qui peuvent porter jusqu’à 12 tonnes - et déposée sur des dumpers (60 tonnes). Des machines qui coûtent 500.000 euros l’unité.

« Notre autorisation d’exploiter court sur 30 ans car ces lourds investissements dans nos installations, on ne peut pas les amortir sur une courte durée », souligne le chef de centre.

Afin de limiter le trafic de dumpers sur le site, c’est via un convoyeur que les « cailloux » vont descendre le long de la falaise. Pour que les matériaux  puissent emprunter ce « tapis », ils seront réduits par un concasseur primaire (C 360) et éventuellement, un scalpeur. 

Le convoyeur les amènera ensuite dans un autre concasseur, le JP 38, qui date des années 1960. « C’est le seul en France car il est trop gros et trop coûteux. L’arbre du milieu pèse 8 tonnes. » Les matériaux passent dedans à une vitesse de 1.000 tonnes/heure avant d’être acheminés vers la coupole, puis un bâtiment broyeur où « on réduit encore la volumétrie jusqu’aux tailles qui nous intéressent ». Les matériaux stockés seront ensuite directement chargés sur des camions d’entreprises extérieures - Perasso n’ayant pas de flotte propre -, ce qui limite là encore le trafic des camions sur la zone.

La production du site atteindra ainsi cette année un million de tonnes (Mt) de granulats - « une bonne année car on a eu pas mal de chantiers », dixit le chef de centre -, sachant que l’autorisation préfectorale autorise l’exploitation jusqu’à 1,2 Mt/an. Une capacité de production qui est « plus ou moins poussée » selon les années en fonction des besoins des grands chantiers phocéens.




Serge Payrau
Journaliste

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