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Marseille : avis favorable sous réserve pour l'extension du tramway

La commission qui a piloté l'enquête publique du projet d'extension nord-sud du tramway vient de rendre un avis favorable à l'opération. Un avis toutefois assorti d'une réserve et de trois recommandations.
Marseille : avis favorable sous réserve pour l'extension du tramway
F. Delmonte - Dans son rapport publié le 7 novembre, la commission qui a piloté en septembre l'enquête publique sur le projet d'extension nord-sud du tramway de Marseille émet un avis favorable.

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Oui, mais. Dans son rapport publié le 7 novembre, la commission qui a piloté en septembre l'enquête publique sur le projet d'extension nord-sud du tramway de Marseille émet un avis favorable. Un sésame toutefois assorti d'une réserve et de trois recommandations fondées sur les 536 observations enregistrées lors des cinq semaines de l'enquête.

La réserve a trait à l'insuffisante concertation mise en oeuvre par la Métropole Aix-Marseille-Provence autour de ce projet structurant. « Le maître d'ouvrage doit entreprendre une concertation approfondie avec les acteurs économiques afin d'apporter les précisions nécessaires à la garantie du maintien des conditions d'exploitations viables pour ces activités », indique le rapport. La réserve sera considérée comme levée « dès lors qu'un compte rendu de réunion actant d'une solution de compromis sera approuvé par les acteurs représentatifs : CCIAMP, associations de commerçants... ». La principale pomme de discorde concerne l'aménagement de la voie du tram' sur les contre-allées du Prado, entre le rond-point du Prado et la place Castellane. La création de cette infrastructure inquiète les cafetiers, restaurateurs et autres commerçants installés le long de l'avenue. « En l'état du dossier, ils n'ont aucune visibilité sur leur avenir et les modalités de fonctionnement », relève le rapport.

Les trois recommandations sont sur des registres différents. La commission propose tout d'abord de « poursuivre les concertations avec les riverains et les associations des usagers du vélo afin de prendre en compte leurs attentes, en particulier en matière de circulation, tant en phase travaux qu'après achèvement ». Le rapport préconise ensuite de « soigner les espaces verts en minimisant l'abattage d'arbres, en densifiant les plantations de végétation basse et en revalorisant le parc du 26e centenaire et les allées qui le traversent ». Enfin, les commissaires enquêteurs préconisent « d'accélérer la réalisation de la phase 2 de l'opération ».

320 M€ pour une extension de 6,6 km

Rappelons que le projet prévoit d'allonger le tracé du tramway sur 6,2 kilomètres (via une douzaine de stations supplémentaires), vers le nord sur 1,8 km depuis le terminus actuel d'Arenc (2e) au terminal multimodal du boulevard Capitaine Gèze (15e) et vers le sud sur 4,4 km de Dromel au boulevard de la Gaye, près de l'hôpital de Sainte-Marguerite (9e). Coût prévisionnel de cette extension : 320 millions d'euros.

Le tracé de l'extension figure en mauve sur cette carte (Crédit : Métropole Aix-Marseille-Provence)

Cette première tranche intégrera notamment la réalisation d'un nouveau centre de maintenance et de remisage à Montfuron (9e), sur le site libéré par les hélicoptères de l'AP-HM (2,5 ha), près du terminus actuel de la ligne 2 du métro à Sainte-Marguerite. Flanqué d'un parking relais de 500 places, ce site accueillera les 18 nouvelles rames nécessaires à l'exploitation de ces nouvelles lignes du réseau de transport collectif en site propre. Conçu par l'agence Carta Associés, cet équipement représente un coût de 52 millions d'euros HT.

Un plan de financement à boucler

Le plan de financement n'est pas encore définitivement bouclé. A ce jour, sont actées les participations de l'Etat (30 millions d'euros), du Département des Bouches-du-Rhône (88 millions d'euros), de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (5 millions d'euros) et de la Métropole AMP (174 millions d'euros). Cette dernière a sollicité d'autres financements au titre du prochain contrat de plan Etat-Région 2021-2027 (70 à 80 millions d'euros espérés). Le projet devrait également bénéficier du soutien de l'EPA Euroméditerranée et de la RTM qui participeront au financement respectivement des aménagements urbains dans le périmètre de l'opération d'urbanisme et pour l'achat du matériel roulant nécessaire à l'exploitation de l'extension.

Quid de l'inégalité de traitement entre le Nord et le Sud ?

Lors de l'enquête publique, des habitants des quartiers nord ont pointé l'inégalité des projets entre le Nord et le Sud de la ville, avec trois stations sur le tronçon septentrional long de 1,8 km et neuf sur le sudiste qui s'étire sur 4,4 km. Dans son rapport, la commission publie la réponse de la Métropole AMP.

« Pour le secteur nord, l'opportunité était de réaliser la partie du tracé entre Arenc et Gèze en accompagnement de l'opération d'intérêt national Euroméditerranée. La phase 2 du projet est par ailleurs en cours de mise en œuvre avec l'approbation par la métropole d'un programme d'opération (en date du 19/12/2019), préalable à la concertation publique et à la désignation d'un maître d'œuvre pour assurer la conception et le suivi de réalisation de ce projet. »

« La prochaine étape consiste donc au lancement d'une concertation des populations prochainement sur le secteur envisagé », explique AMP. Sur la question de l'équation budgétaire, la collectivité brandit l'argument du pragmatisme : « Le budget de la métropole nécessite d'avoir une vision des investissements à réaliser pour développer les projets du plan de déplacements urbains (PDU). La phase 1 étant un préalable nécessaire à la mise en œuvre de la phase 2, il a été privilégié d'engager en premier ces parties du projet. »

La deuxième phase des extensions nord et sud du réseau de tramway consiste à rejoindre le secteur de la Castellane (16e) en passant par le lycée Saint-Exupéry et le quartier de Saint-André.

Quant au prolongement d'un réseau jusqu'à l'Estaque (16e), « ce projet n'est à ce jour pas prévu au PDU métropolitain arrêté en décembre 2019 », argue la Métropole. Cette dernière affirme privilégier la desserte par bus « qui permettra de rejoindre le tramway et par le TER qui dessert la gare SNCF de l'Estaque et dont les trains permettent de rejoindre rapidement le pôle d'échange de Saint-Charles et d'Arenc ». Autant de questions qui pourront faire l'objet de débat lors de la procédure d'enquête publique du PDU qui sera organisée en 2021.

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