AccueilTerritoiresMarignane : l’aéroport Marseille-Provence centenaire en chantiers

Marignane : l’aéroport Marseille-Provence centenaire en chantiers

Pour sa centième bougie, l’aéroport Marseille-Provence (AMP) prépare l’avenir avec une myriade de chantiers appelée à moderniser l’accueil des passagers dans une démarche éco-responsable.
L’entreprise Martifer est à pied d’œuvre pour démarrer la construction de la charpente métallique du Cœur d’aéroport Marseille-Provence.
Fosters & Partners - L’entreprise Martifer est à pied d’œuvre pour démarrer la construction de la charpente métallique du Cœur d’aéroport Marseille-Provence.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

L’aéroport Marseille-Provence (AMP) fête son centième anniversaire ce 21 octobre. Douze ans après le premier vol d’un hydravion, piloté par Henri Fabre, le « port aérien » (sic) de Marignane a été inauguré en grandes pompes le 22 octobre 1922. Un événement qui marquait l’envol du premier véritable aéroport civil de province. Un siècle, une guerre et une pandémie plus tard, la plate-forme de Marignane a retrouvé son rythme de croisière avec 2 millions de passagers cet été, un niveau proche du trafic de 2019, dernière année avant la crise sanitaire.

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Au cours des neuf premiers mois de 2022, AMP a enregistré 6,808 millions de passages, un niveau en ligne avec les bilans des années ante-covid. « Les compagnies ont adapté leur programme à la forte demande de voyages à l’international qui représente 71 % de notre trafic estival », affirme Philippe Bernand, président du directoire d’AMP. Retour à la normale ? Pas sûr. « Le trafic ne va pas forcément redémarrer comme avant. La clientèle affaire a vu ses habitudes chamboulées par la pandémie recentrant ses déplacements sur les visites aux clients ? On en revient à des schémas plus rationnels », observe-t-il.

Le Cœur de l'aéroport Marseille-Provence battra pour les JO 2024

Cette reprise du trafic s’est accompagnée d’une relance des grands chantiers programmés dans son plan stratégique. Clef de voûte de ce plan, le projet Cœur d’aéroport (22 000 m2 de surface de plancher, pilotés par les architectes : Fosters & Partners et Rougerie+Tangram) a décollé l’an dernier. Montant du devis ? 180 millions d’euros. « Les murs du sous-sol et le plancher du rez-de-chaussée du Cœur sont achevés. On a attaqué les travaux des premiers réseaux (électricité, climatisation, chauffage...) et l’entreprise Martifer est à pied d’œuvre pour démarrer la construction de la charpente métallique », décrypte le président d’AMP. « Cette entrée en action a été précédée d’une renégociation du marché avec l’entreprise pour tenir compte de la hausse du prix de l’acier et de l’aluminium», ajoute Philippe Bernand.

Le maître d’ouvrage et Martifer ont ainsi accepté de se partager le surcoût « de l’ordre de 5 % ». Désormais bien engagé, le chantier respecte son plan de vol qui prévoit un atterrissage pour début mai 2024. « On aura peut être quelques semaines de décalage du fait des intempéries, mais on sera prêt pour les Jeux Olympiques 2024 », assure le dirigeant. Dès septembre 2023, la nouvelle plate-forme de traitement des bagages sera opérationnelle. « Nichée au sous-sol de l’aérogare, elle sera dotée d’un système de contrôle 3D conforme aux nouvelles normes Européennes », précise-t-il. A l’été 2024, les accès à la plateforme seront rationalisés. « Toutes les entrées s’effectueront par le Cœur qui accueillera les guichets d’enregistrement des compagnies ».

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Le futur Cœurde l'aéroport Marseille-Provence. (Crédit : Fosters & Partners)

Réduction de l’empreinte carbone

En marge de ces travaux d’infrastructure, l’aéroport soigne son bilan carbone. Après la mise en service d’une centrale thermo-figorifique qui permettra de réduire de 45 % la consommation de gaz et de 20 % celle d’électricité (par rapport à 2019), AMP prépare le déploiement d’un plan de sobriété énergétique. « On compte exploiter le gisement solaire avec l’installation de panneaux photovoltaïques », explique Philippe Bernand. Autre projet écolo : la géothermie. L’aéroport a mandaté l’entreprise belge Geotherma pour réaliser un forage d’exploration du gisement géothermique sous la plateforme. « On souhaite valoriser l’eau chaude (60°) qui est cachée à 2 000 mètres de profondeur sous le sol ».

L'aéroport Marseille-Provence lance ses grands travaux

AMP entend également améliorer sa desserte en transport collectif. « On prévoit de faire passer la fréquentation des transports en commun de 20 % à 28 % en 2030 », annonce le président. Pour cela, l’aéroport compte sur l’amélioration de la desserte de la gare VAMP (Vitrolles-Aéroport-Marseille-Provence) avec une augmentation des fréquences des TER. Autre projet connexe : le « Funitel », nom de baptême du téléphérique qu’AMP aimerait déployer entre la gare VAMP et l’aérogare, via l’usine Airbus Helicopters. « Le projet n’a pas été retenu dans le plan Marseille en Grand. Mais on espère le voir se concrétiser pour 2027 », soupire Philippe Bernand. Les négociations avec la métropole Aix-Marseille-Provence, la région et Airbus sont en cours. Avec en toile de fond, l’enjeu du financement de ce transport par câble dont le devis est estimé à 35 millions d’euros.

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Les hangars Boussiron, bâtis entre 1950 et 1953. (Crédit : P. Bertrand)

Sabena Technics va faire revivre les hangars Boussiron

Enfin, l’aéroport s’attache à valoriser son patrimoine foncier. Le symbole de cette stratégie est la renaissance des hangars Boussiron. Désaffectés depuis des années, ces ouvrages de béton aux dimensions monumentales (2 hectares) labellisés « Patrimoine du XXe siècle » vont revivre grâce à Sabena Technics (650 M€ de chiffre d’affaires, 3 000 employés). En 2023, l’entreprise spécialisée dans la maintenance aéronautique (avions et hélicoptères) va installer un pôle technique dédié à la maintenance et à l’entretien des aéronefs dans l’une des deux cellules (10 000 m2) de cette cathédrale industrielle. Cet engagement sera gravé dans le marbre d’une autorisation d’occupation temporaire (AOT) d’une durée de 25 ans.

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