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Manosque : Camille Galtier veut repenser la ville et offrir une alternative au tout-voiture

Avec son nouveau plan de revitalisation du centre-ville, le maire de Manosque, Camille Galtier, veut rendre le cœur de ville plus attractif et cela passera par le développement des mobilités douces.
Manosque : Camille Galtier veut repenser la ville et offrir une alternative au tout-voiture
Comité de pilotage Aupa-Ville de Manosque-Ensa Marseille-Project(s) - La place de la mairie devrait être repensée comme une place bioclimatique.

UrbanismeAlpes-de-Haute-Provence Publié le ,

S’il était attendu au tournant lorsqu’il a mis en place le libre accès à des trottinettes électriques, Camille Galtier, le maire de Manosque, a visiblement transformé l’essai. « Il a fallu trouver une organisation pour éviter les nuisances mais nous sommes en bonne voie », explique-t-il. Une première expérimentation qu’il juge plutôt positive et qui le conforte dans sa volonté d’offrir une alternative au « tout-voiture » en centre-ville.

Avec l’Aupa (Agence d'urbanisme pays d'Aix-Durance), l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille, Project(s) et un collectif d’habitants et de commerçants, il a élaboré un vaste programme de revitalisation du centre-ville, une manière de repenser la ville par ses usages. « L’écologie n’est pas seulement l’affaire des écologistes. C’est surtout une question de génération. Je vois qu’un mouvement s’amorce dans ma ville et en tant qu’élu, j’ai le devoir de devancer les attentes, d’anticiper les besoin », estime-t-il.

Camille Galtier entend repenser le centre-ville de Manosque d’ici 2025.
(Crédit : H. Saveuse)

15 M€ sur les quatre prochaines années

« Nous avons un taux de vacance immobilier, commercial et locatif très élevé dans le centre-ancien. Qui aurait envie d’habiter dans des logements vétustes ? Dans de véritables passoires thermiques ? De vivre dans un centre-ville étouffé par les voitures ? Tout cela se travaille en cohérence et passe notamment par une amélioration des mobilités, sans bannir les voitures. » Pour rendre plus attractif son centre-ville, l’édile a donc choisi d’engager 15 M€ sur les quatre prochaines années. Les espaces publics seront requalifiés, les aides OPAH-RU (Opération programmée d'amélioration de l'habitat - Renouvellement urbain) seront confortées pour soutenir les rénovations bâtimentaires privées, de nombreuses places de stationnement seront créées autour du centre-ville et une piste cyclable structurante sera aménagée.

Pour mener à bien tout cela, le maire compte s’appuyer sur la nouvelle société publique locale Aix-Manosque-Val de Durance qu’il a participé à créer au moment de son élection en juin dernier. « Elle s’appuiera sur les moyens logistiques et humains de la Semepa, la Société d'économie mixte d'équipement du pays d’Aix. »

Un programme global d’aménagement

La rue grande, axe Porte Saunerie-Soubeyran, ainsi que les places Pagnol, Marchands, Mairie et Saint-Sauveur feront l’objet d’une requalification lourde évaluée à 4 M€. « Le phasage sera dévoilé en mars mais nous espérons que les travaux pourront démarrer d’ici septembre 2022. Outre l’amélioration de l’accessibilité, l’objectif est aussi de créer une cohérence esthétique, de construire à la fois un parcours commercial et patrimonial », confie Camille Galtier.

Il prévoit ensuite de construire un parking en silo à la place de celui de l’ancien hôpital, dit Guilhempierre. Les travaux, évalués à 2,5 M€, devraient démarrer fin 2022. Dans la continuité, l’édile veut créer un poumon vert au niveau de la salle des Tilleuls et de la place Lemoyne. « Sur les 50 places de stationnement, nous en garderons 20. Le reste sera végétalisé », précise-t-il. Le parc de Drouille fera également l’objet d’un réaménagement. « L’idée serait de l’ouvrir sur la ville et d’y installer des jeux monumentaux, un peu à l’image de ce qui a été fait sur la place Jean Jaurès à Marseille. »

 La commune souhaite une piste cyclable structurante.
(Crédit : Comité de pilotage Aupa-Ville de Manosque-Ensa Marseille- Project(s).)

Sur le tour de ville, le maire envisage de créer une piste cyclable structurante pour un montant estimé à 2 M€. « Aujourd’hui, nous avons le choix entre deux scénarii sur l’axe Casimir-Pelloutier, Elémir-Bourges, Jean Giono. Le premier propose de supprimer les places de stationnement en bord de route, sans toucher à celles qui sont dans la contre-allée. Le second propose de supprimer une voie et de la transformer en voie de bus et en piste cyclable. L’objectif est bien sûr de donner plus de place aux mobilités douces mais nous n’avons pas encore arbitré ce choix. » Pour la rue Léon Mûre, l’idée retenue, à cette heure, est de créer un sens unique montant jusqu’à la rue du professeur Fleming. L’accès au parking éponyme se fera par le haut. En ce qui concerne la rue Jean Giono, un élargissement des trottoirs est déjà acté mais la commune est en attente des comptages de circulation pour choisir parmi les trois scénarii proposés. « L’objectif est de proposer plus de places de stationnement à proximité immédiate du centre-ancien, nous passerions de 750 à 1 000 places. Nous souhaitons également mettre en avant les mobilités douces pour favoriser leur utilisation. La piste cyclable doit pouvoir desservir, dans un premier temps, la gare ferroviaire et la gare routière. »

Réinvestir les bâtiments communaux

Concernant l’ancien tribunal de commerce, la mairie prévoit de racheter les parts du conseil départemental et de travailler avec des investisseurs privés pour qu’ils puissent y développer un large panel d’activité. Le montant des travaux a été évalué à 3,5 M€ mais la mise en service ne se fera pas avant 2025.

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Le bâtiment dit de la « Glacière » sera totalement requalifié et transformé en tiers lieu pour un montant de 3 M€. Le maire souhaite y installer des associations sportives, un espace numérique, une pépinière d’entreprises et au dernier étage une grande cantine. Les travaux, qui devraient durer 18 mois, pourraient être lancés d’ici fin 2022. Un concours d’architecte sera déclenché en janvier 2022. A noter que quatre îlots dégradés seront également requalifiés grâce à l’enveloppe Action Logement.

Pour tous ces travaux, la commune espère être accompagnée à hauteur de 6 à 7 M€ par l’Etat, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence. Une réunion publique sera organisée fin novembre pour présenter l’ambitieux programme à la population manosquine.

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