AccueilTerritoiresL'OPH 05 engage 25,5 M€ de travaux de réhabilitation énergétique en 2021-2022

L'OPH 05 engage 25,5 M€ de travaux de réhabilitation énergétique en 2021-2022

L'organisme est l'un des plus gros acteurs de la commande publique du département mais subit la raréfaction des matériaux, leur coût, et des appels d'offres régulièrement infructueux.
L'OPH 05 engage 25,5 M€ de travaux de réhabilitation énergétique en 2021-2022
M.-F. Sarrazin - Le chantier des Cèdres, à Gap, d'un coût de 6,9 M€, est le plus conséquent, avec la réhabilitation de 223 logements.

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Cent ans et jusqu'à 100 € de moins. La manière dont l'OPH 05 (office public HLM) a fêté son centième anniversaire est pour le moins originale : en avril, ses locataires ont vu leur loyer abaissé jusqu'à 100 €, soit un coût pour l'organisme de 540 000 €. Du jamais vu en France, raconte sa directrice générale, Marie-Jeanne Pastor. La fédération nationale en est même restée bouche bée.

Du chemin a été parcouru depuis 1921, au temps où l'OPH s'appelait HBM (Habitation bon marché), « avec 16 logements à l'époque », s'amuse la présidente fraîchement réélue, Carole Chauvet. « En 1953, nous sommes devenus HLM, puis Opac [Office public d'aménagement et de construction, NDLR] en 2002 et enfin OPH [Office public de l'habitat, NDLR] en 2008. » Aujourd'hui, le premier bailleur social du département gère près de 6 700 logements répartis dans 57 communes et loge 13 % de la population. « Nous possédons 75 % des logements sociaux du département et nos loyers sont à la fois les moins élevés localement et inférieurs à la moyenne nationale », glisse Marie-Jeanne Pastor.

Face à la demande toujours croissante en logements sociaux, l'OPH étend son parc chaque année davantage. Aux Orres, 26 logements seront livrés en décembre 2022 ; à Eygliers, huit s'apprêtent à l'être et 56 le sont déjà quartier Sainte-Marguerite, à Gap. Pour la population âgée, l'OPH fait construire à Briançon un Ehpad de 92 logements prêts en avril et une résidence autonomie de 21 appartements à Embrun. « Nous avons des projets en accession sociale à la propriété à Gap et en locatif à Gap, Embrun et Tallard, de même qu'une résidence autonomie dans l'agglomération Gap-Tallard-Durance », détaille Marie-Jeanne Pastor. Ces constructions neuves sont réalisées en Vefa (vente en l'état de futur achèvement) « pour dégager du temps à nos équipes et leur permettre de se concentrer sur les réhabilitations ». 

« Cela fait plusieurs années que certains de nos appels d'offres sont infructueux »

Six mille sept cents appartements, ça s'entretient ! Chaque année, l'OPH réalise entre 5 et 10 M€ de travaux courants. Et intervient plus lourdement sur certaines résidences, menant à bien sa politique de réhabilitation thermique. Le plan de relance arrive à point nommé.

« Pour 2021-2022, nous avons inscrit 25,5 M€ de travaux dans 698 logements issus de 12 résidences, qui ont déjà été rénovées une ou plusieurs fois. Nous avons demandé 7,5 M€ de subventions à l'Etat, obtenu pour l'heure 2,7 M€, et 1,5 M€ à la Région », indique Carole Chauvet.

Les réhabilitations consistent à refaire l'isolation extérieure ou intérieure, le plafond des garages, à changer les menuiseries si ce n'est pas déjà fait, à raccorder à un réseau de chaleur bois quand c'est possible, le tout en vue d'obtenir une étiquette B ou C, d'améliorer le confort des locataires et d'alléger leurs charges. « Sur un immeuble des années 1950, à la Pépinière, à Gap, nous les avons ainsi fait diminuer de 70 % », se targue la directrice. Des réhabilitations qui font d'autant plus sens que le coût des énergies augmente. Un paramètre que l'OPH ne maîtrise pas et qui va peser lourd dans les charges. Pour compenser les effets de la crise sanitaire, l'organisme a d'ailleurs remboursé les charges créditrices et effacé les charges débitrices de ses locataires au moment de régulariser les charges annuelles de 2020, soit un coût de 102 000€ pour la structure.

Outre l'augmentation du coût des énergies, l'équipe de l'OPH soulève une deuxième inquiétude : la raréfaction des matériaux, son impact sur le prix des travaux et le fait que beaucoup d'entreprises ne répondent pas aux appels d'offres, ce qui ralentit les chantiers. « Cela fait plusieurs années que certains de nos appels d'offres sont infructueux, pas parce que nos marchés sont moins intéressants financièrement mais parce que nous sommes un mastondonte soumis à la commande publique et qu'il est lourd pour une entreprise de répondre », explique Marie-Jeanne Pastor. La santé du BTP est un autre facteur, selon que les carnets de commandes sont plus ou moins remplis. « Il faut rappeler qu'au plus fort de la crise, nous avons été parmi les rares acteurs à continuer de faire travailler le BTP », souligne-t-elle. Certains lots restent plus compliqués (peinture, menuiserie, couverture, étanchéité, plomberie) avec des secteurs moins présents du fait de la disparition de certaines entreprises. Le fait d'intervenir en milieu occupé rallonge aussi la durée des travaux et peut mobiliser certaines équipes pendant un long laps de temps.

Les résidences réhabilitées

Sont concernées par les travaux de rénovation énergétique : Les Rochassons à Embrun (40 logements), Les Cèdres à Gap (223), Urgon 2 à L'Argentière-la-Bessée (22), Les Farelles à Gap (74), Les Iris à Laragne-Montéglin (82), Fontchaude à Laragne-Montéglin (8), Super Gap à Gap (72), Les Garcins 2 à Briançon (12), Cité Marcellin à Veynes (58), Le Rochasson neuf à Gap (19), La Galaude à Tallard (36), La Plaine à Laragne-Montéglin (52).

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