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Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur : en finir avec la péninsule marseillaise

Bouches-du-Rhône Publié le - - Urbanisme

Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur : en finir avec la péninsule marseillaise
Archives TPBM - Au niveau de la gare Saint-Charles, il faudra réaliser une tranchée de 400 mètres de long sur 50 de large sous la gare actuelle.

Le projet de Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur (LNPCA) revient sous les projecteurs. Jusqu'au 18 octobre, SNCF Réseau organise dans toute la région une nouvelle concertation sur les aménagements des deux premières phases de cette infrastructure en gestation depuis plus d'une décennie. Un chantier de génie civil de près de 3 milliards d'euros dont Marseille sera l'épicentre.

Quatorze ans après le grand débat public sur le projet qui s'appelait à l'époque la « Ligne à grande vitesse Provence-Alpes-Côte d'Azur » (LGV Paca) sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), le dossier a avancé à un rythme inversement proportionnel à celui du bolide ferroviaire. Coincé entre études et autres rapports de commissions d'experts et atermoiements politiques, le projet désormais rebaptisé « Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur » (LNPCA) est toujours à quai. Et il faut quasiment autant de temps pour aller de Marseille à Paris en TGV que pour effectuer les 200 km séparant Nice de Marseille par le rail ou la route…

« Comme tous les grands projets d'infrastructures de transport, le dossier a été mis entre parenthèses après le changement de gouvernement. En février 2018, le Comité d'orientation des infrastructures (COI) a procédé à un rephasage de tous les projets, un nouvel échéancier qui a ensuite été gravé dans le marbre de la loi d'orientation des mobilités », explique Jean-Michel Illes, chef de la mission LNPCA chez SNCF Réseau. Pour la LNPCA, cette remise à plat s'est traduite par l'inscription du traitement des nœuds ferroviaires marseillais et niçois parmi les priorités 1 et 2 de la loi. Et dès le 4 mars dernier, la ministre des Transports Elizabeth Borne* a ouvert la voie à une relance du processus en demandant au maître d'ouvrage d'organiser une nouvelle concertation sur les aménagements des deux premières phases de la ligne nouvelle.

Concertation jusqu'au 18 octobre

Jusqu'au 18 octobre, les habitants de la région sont donc invités par SNCF Réseau à donner leur avis sur la dernière mouture du tracé de cette infrastructure, ainsi que sur son nouvel échéancier validé par le gouvernement le 4 mars dernier. Cette plongée dans l'arène démocratique s'effectue sous l'égide de Philippe Quèvremont, le garant désigné par la Commission nationale du débat public (CNDP), l'instance qui avait organisé le grand débat sur feu le projet de Ligne à grande vitesse (LGV) en 2005.

Autour de Marseille, le chantier de génie civil s'annonce herculéen : six à sept ans de travaux et un investissement de près de 2,3 milliards d'euros seront nécessaires pour augmenter la capacité d'une plateforme aujourd'hui proche de la saturation avec 23 trains/heure. La création d'une infrastructure souterraine, nichée 25 mètres sous les quais de la plateforme existante, coûtera à elle seule près de 800 millions d'euros.

Pour en finir avec le cul-de-sac de Saint-Charles qui ralentit aujourd'hui tout le système ferroviaire, SNCF Réseau a prévu de réorganiser entièrement la traversée ferroviaire de Marseille. Au nord, il s'agit de doubler la ligne et l'entrée en tunnel dans le secteur de Bassens (coût estimé : 211 M€). Des voies de remisage et de maintenance pour les TER et le fret seront aménagées dans le secteur d'Arenc (coût estimé : 192 M€).

Saint-Charles va s'agrandir sous terre

Au niveau de la gare Saint-Charles, il faudra réaliser une tranchée de 400 mètres de long sur 50 de large sous la gare actuelle. « Cette seconde plateforme dotée de quatre voies à quai sera réalisée sous le site libéré de la Cour des Abeilles, sur une vingtaine d'hectares de foncier appartenant à la SNCF. Elle sera desservie par des tunnels "bitubes", d'une longueur totale d'environ 7,9 km, nichés à une dizaine de mètres sous terre : un ouvrage Nord, depuis la voie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) dans le secteur de Saint-Louis/La Delorme et un tunnel Est, depuis la ligne Marseille-Toulon dans le secteur de la Parette », indique Roland Legrand, directeur des gares nouvelles chez SNCF Réseau.

Au-delà des enjeux de mobilité, l'opération sera également l'occasion de repenser l'insertion de la gare dans la ville. « On planche depuis huit ans aux côtés d'Euroméditerranée, de la ville et de la métropole Aix-Marseille Provence sur la place de la nouvelle gare dans le tissu urbain en pleine recomposition avec la ZAC** Saint-Charles et le programme Quartiers Libres Saint-Charles. L'objectif est d'ouvrir la gare sur la ville, en créant des porosités de chaque côté du faisceau ferroviaire et en réaménageant les accès », explique Roland Legrand.

Une nouvelle entrée sera aménagée sur la rue des Abeilles, au niveau bas de la nouvelle gare souterraine. « Avec cet accès, on mettra les flux au niveau de la rue. On supprimera cette impression de gare perchée sur son éperon rocheux », indique le cadre de SNCF Réseau. La capillarité sera renforcée par la création d'une traversée souterraine permettant de relier les flancs sud et nord de la plateforme. « On pourra aller directement à pied de la rue Honnorat au boulevard Voltaire », précise Roland Legrand. Cette liaison permettra d'ancrer la gare dans le paysage citadin. Et accessoirement de fluidifier son fonctionnement futur car les projections tablent sur un doublement la fréquentation à l'horizon 2040 : celle-ci devrait grimper de 15 à 31 millions de voyageurs en 20 ans. Le coût de l'ensemble gare souterraine et tunnels est estimé à environ 1,46 milliard d'euros.

A la Blancarde, un autre centre de remisage sera créé (coût estimé : 120 M€). Et cette gare secondaire sera appelée à grandir avec l'aménagement d'une cinquième voie à quai (coût estimé : 42 M€).

Enfin, exit le tunnel de 8 km de long prévu dans la vallée de l'Huveaune. Trop coûteux. Le gouvernement a opté pour la création d'une quatrième voie entre la Blancarde et La Penne-sur-Huveaune (7,8 km pour un devis estimé de 316 M€) et un raccordement des deux voies en tunnel permettant de desservir la future gare souterraine de Saint-Charles depuis la Parette (coût estimé : 106 M€).

Travaux en 2023 ?

Après cette nouvelle plongée dans l'arène démocratique, le gouvernement a arrêté un énième échéancier. Conformément aux engagements du projet de loi d'orientation des mobilités qui privilégie les liaisons du quotidien, les travaux devraient démarrer en 2023, après l'enquête publique prévue elle pour le second semestre 2021.

D'ici là, l'Etat et les collectivités devront résoudre l'équation la plus complexe : celle du financement. Le devis de ces deux premières phases de la LNPCA (qui devra encore être affiné par les études d'avant-projet) tutoie les 3 milliards d'euros. Dont près de 2 milliards pour les seuls chantiers bucco-rhodaniens…

* Depuis le 16 juillet, suite à la démission de François de Rugy, Elisabeth Borne est à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, tout en conservant le portefeuille des Transports.
** Zone d'aménagement concerté.

Lisez notre dossier complet sur la LNPCA dans le numéro 1298 de TPBM (parution le 07/08/2019). Cliquez ici pour consulter nos offres d'abonnement (à partir de 20€/an).



William Allaire
Journaliste

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