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Liaison Fos-Salon : en route vers la décision

La commission particulière du débat public a rendu son rapport le 31 mars. Dans trois mois, l'Etat devra dire s'il poursuit ou pas le projet de liaison et selon quelles modalités. Le débat a montré un réel besoin de cohérence territoriale dans l'approche de cet aménagement.
Liaison Fos-Salon : en route vers la décision
J.-C. Barla - Pour Chantal Jouanno, présidente de la CNDP, le débat sur la liaison Fos-Salon a permis d'aller chercher toute la diversité des arguments sur le projet, sans juger de leur validité.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

Le verdict est tombé avec la remise de son rapport, mais non, la Commission particulière du débat public (CPDP), comme elle l'a maintes fois expliqué, n'a pas dit s'il fallait réaliser ou pas la liaison routière Fos-Salon. En revanche, après cinq mois de débats perturbés par la crise sanitaire, elle a fixé un certain nombre de réflexions et recommandations qui vont bien au-delà du sujet de l'infrastructure. Le rapport de 150 pages a été remis et présenté le 31 mars à Istres. « Nous avons essayé de restituer les échanges de manière extensive, fidèlement, avec neutralité, rappelle Jean-Michel Fourniau, son président. Ce compte-rendu va suivre toute la vie du projet ». Le maître d'ouvrage, l'Etat, dispose de trois mois pour l'analyser en détail et dire s'il poursuit ou pas les procédures qui pourraient amener à la concrétisation entre 2027 et 2030 de cette voie de 25 km dont le coût, selon les options de configuration et de tracé, varie de 272 millions d'euros à 533 millions d'euros.


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Dans ses conclusions, la commission formule diverses préconisations, à commencer, justement, par la nécessité de « prendre une décision claire et ferme », fondée sur un « calendrier crédible », étant donné que les débats ont plusieurs fois avancé le caractère urgent de cette liaison. Elle réclame aussi une clarification sur les choix d'itinéraires, les délais de réalisation pour chacun d'eux et l'éventuel phasage pour améliorer en certains points des difficultés de circulation. La gratuité de cette route est une revendication majoritairement partagée par les participants au débat, souligne la commission, en invitant le maître d'ouvrage à explorer « la mise en place de solutions innovantes alternatives à la concession ».

Vision globale et impacts cumulés

Un point essentiel ressort de la restitution des argumentations avancées par les acteurs et usagers du territoire : la nécessaire mise en cohérence des politiques publiques pour améliorer les mobilités. La liaison n'est qu'un « élément d'un système territorial » où se côtoient les enjeux de multimodalité (rail, route, fleuve…), de transports collectifs et déplacements « doux », de préservation de l'agriculture, de la biodiversité et des ressources en eau de la plaine de la Crau, de santé des habitants, d'attractivité et de développement du Grand port maritime de Marseille mais aussi du Pôle aéronautique d'Istres, de la base aérienne, de la plateforme logistique Clésud…

« Tous les projets routiers sont interrogés aujourd'hui au regard de leur compatibilité avec les engagements écologiques de la France et on peine à y répondre, admet Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP). Nous sommes régulièrement confrontés à une insuffisance des données environnementales, par exemple sur le bilan carbone des projets. Cette demande de "territorialisation" est vraiment visible depuis trois ans ».

Pour Jean-Michel Fourniau, la question de la multimodalité pouvait d'autant moins être écartée du débat qu'elle était apparue dès sa préparation, même si certains élus ou responsables économiques ont pu juger qu'elle dépassait le cadre de la liaison routière. « Elle a permis de donner une ouverture au débat » défend-il, arguant que la démarche a permis de remettre dans l'actualité la modernisation de la gare de triage de Miramas.

Pour plus de lisibilité, la constitution d'une instance de suivi des projets pourrait aider, selon la CPDP qui invite l'Etat à bien mesurer et prendre en compte tous les « impacts cumulés » de son projet et de ceux, actuels et à venir, sur les espaces traversés.

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