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[Les pépites de Vaucluse] Egide, des boîtiers hermétiques ultra-performants

Spécialisée dans la fabrication de boitiers hermétiques pour composants électroniques sensibles, Egide est l'entreprise pépite du nord Vaucluse (Bollène). Elle intervient sur des marchés de pointe à fortes barrières technologiques dans tous les univers dits critiques : infrarouge, optronique, hyperfréquence, boîtiers de puissance. Egide, qui a augmenté son capital début 2017 suite au rachat de la société américaine Santier, est cotée sur Euronext Paris. Philippe Lussiez, directeur général délégué de l'entreprise, et Didier Martin, directeur du site Egide de Bollène reviennent sur le succès de la société qui a connu une croissance de 25% en 2016.
[Les pépites de Vaucluse] Egide, des boîtiers hermétiques ultra-performants
A. Ricci - Didier Martin, directeur du site Egide de Bollène, et Philippe Lussiez, directeur général délégué d'Egide.

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TPBM : Pouvez-vous nous retracer l'histoire de l'entreprise ?
Didier Martin :Egidea été créée à Trappes (Yvelines) en 1986 à la demande de DassaultElectronique afin de disposer d'un fabriquant français de proximité pour la réalisation de boitiers hermétiques. Nous avons racheté l'usine de Bollène à Pechiney (Xeram) en 1991. Xeram avait déjà commencé le développement de la technologie céramique. En 1993, Egide a suivi l'évolution des produits télécoms en s'appuyant sur Nortel, le numéro un mondial de l'époque. En 1999, deux tiers du chiffre d'affaires viennent de Nortel et 95 % de notre chiffre d'affaires venaient des télécoms. En 2000, on a racheté le site de Cambridge (Maryland, Etats-Unis). En 2001, la bulle télécom explose. Il a fallu licencier, se rediversifier et retrouver des marchés : espace, militaire, etc. On a développé un leadership mondial pour le marché infrarouge.

Philippe Lussiez : Aujourd'hui, Egide conçoit et fabrique des boîtiers hermétiques pour applications électroniques (imagerie thermique, puissance, optronique, hyperfréquences) au niveau international. Concrètement, nos technologies sont utilisées : dans la vision nocturne militaire, les caméras infrarouges pour la surveillance, la maintenance prédictive et les mesures thermiques ; les avions civils et militaires, les trains et les satellites ; le réseau de fibre optique et les data centers ; la communication des satellites, radars et antennes ; les embases relais, les applications spatiales et les circuits hybrides. Egide SA (France) détient 100 % d'Egide USA LLC qui détient elle-même la totalité d'Egide USA Inc. et de Santier Inc. Nous avons des implantations en France, à Trappes et Bollène, et aux Etats-Unis, à Cambridge (Egide USA Inc.) dans le Maryland et San Diego (Santier Inc.) en Californie.

Sur quel marché vous positionnez-vous ?
P. L. : Egide a toujours articulé son activité au travers de deux technologies que sont les boîtiers verre-métal et céramiques, ce qui en fait un des rares acteurs au monde à les maîtriser. Ces boîtiers permettent d'assurer une herméticité parfaite dans des environnements pouvant subir de fortes contraintes thermiques ou atmosphériques. Egide fournit donc des boîtiers d'interconnexion hautement résistants dans des environnements sensibles : spatial, défense, sécurité, aéronautique, télécommunications, énergies. Ces boîtiers hermétiques garantissent une fiabilité optimale des systèmes électroniques ou des puces complexes.

D. M. : On propose des gammes de produits. On est dans un métier où il n'y a pas de catalogue. En revanche, on va montrer des faisabilités de produits (infrarouges refroidis, infrarouges non refroidis, optoélectronique, régulation moteur, boîtiers usinés complexes pour application spatiale ou pour application militaire) qui sont « codesignés » et spécifiques aux clients. On fabrique entre 250 et 300 produits différents chaque année dont un tiers de nouveaux produits qui vont de 6 mm x 6 mm à 10 cm x 10 cm. Deux cent mille pièces sortent annuellement de nos usines avec des séries de une à 30 000 pièces. Nos clients se situent principalement en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Corée du Sud, en Chine ou encore aux Etats-Unis.

Quels sont les ressorts de votre croissance ?
P. L. : Grâce à notre base de clientèle fidèle, les ventes ont augmenté en suivant la demande tirée par le marché de l'imagerie thermique qui représente plus de 60 % de l'activité en 2016. Notre carnet de commandes a augmenté de plus de trois millions d'euros en 2016, soit + 25 % par rapport à fin 2015. Ces éléments ainsi que les investissements réalisés en 2015 et 2016 pour produire des composants céramique HTCC* sur notre site américain et le déploiement du réseau commercial réalisé en 2016, ont positionné le groupe pour une très bonne année 2017. Nos objectifs sont une nouvelle croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de 10 % sur l'année avec une rentabilité améliorée.

D. M. : Chez nous, la qualité est essentielle. Il est aussi primordial d'être très réactif technologiquement parlant par rapport aux demandes des clients concernant le développement de produits. Sur un certain nombre de marchés, les temps de cycles de renouvellement des produits sont très courts.

Quelles actions développez-vous en matière de R&D ?
P. L. : 12 % de notre effectif sont affectés à la recherche et au développement.

D. M. : Nous développons de nouveaux designs demandés par le client ou par les marchés. Nous investissons aussi sur les évolutions technologiques. Plus nous allons monter en fréquence, plus nous allons diminuer les dimensions grâce au développement de nouvelles formulations de céramiques, d'encres… Pour augmenter la puissance, nous allons valider de nouveaux matériaux dissipant.

Quelle stratégie le groupe porte-t-il pour les prochaines années ?
P. L. : Nous pesons actuellement 5 % du marché mondial. L'objectif est de passer à 10 % d'ici 2020 et de réaliser 50 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020. En Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie), au Moyen-Orient (Israël) et en Asie (Inde, Chine), nous voulons améliorer le positionnement sur le marché optoélectronique des émetteurs et récepteurs pour transmissions optiques. Nous souhaitons également ouvrir de nouvelles possibilités commerciales pour notre marque Santier sur le marché des matériaux dissipant. Aux Etats-Unis, nous désirons étendre la part de marché des produits sous réglementation ITAR** et profiter de la redynamisation des budgets de défense américains jusque là restreints. Nous avons aussi comme ambition de fournir en boîtiers hermétiques le marché militaire américain de l'imagerie thermique grâce à la ligne de production céramique mise en place à Cambridge.

D. M. : Nous devrions embaucher une trentaine de personnes en 2017 sur le site de Bollène.

* HTTC pour High Temperature Cofired Ceramic, c'est-à-dire la technologie de cuisson à haute température des composants céramiques.
** International Traffic in Arms Regulations (ITAR), c'est-à-dire la Réglementation américaine sur le trafic d'armes au niveau international, désigne un ensemble de règlements du gouvernement fédéral américain servant à contrôler les importations et exportations des objets et services liés à la défense nationale.

Fiche d'identité de l'entreprise

Activité : fabrication de boîtiers hermétiques
PDG : Jim Collins
Siège social : Bollène
Année de création : 1986
Autres implantations : Trappes (Yvelines), Cambridge (Maryland, Etats-Unis) et San Diego (Californie, Etats-Unis).
Marques : Egide, Santier
Chiffre d'affaires : 31,8 millions d'euros
Croissance : 8,5 %
Marché domestique : 45 %
Marché à l'export : 55 %
Nombre de collaborateurs : 285
Ses concurrents : Kyocera (Japon), Ametek (Etats-Unis), Schott (Allemagne) et Electrovac (Autriche)

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