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Les notaires devront anticiper la reprise

Notaire varois en charge de la communication à la chambre départementale des notaires que préside Philippe Bernard, Ronan Saizou (télé)travaille à la gestion d'un minimum d'activité tout en essayant d'anticiper la reprise.
Les notaires devront anticiper la reprise
O. Réal - Ronan Saizou, en charge de la communication à la chambre des notaires du Var.

Droit et chiffreVar Publié le ,

En application des consignes des instances nationales, régionales, départementales de la profession, maître Ronan Saizou s'attèle comme ses confrères à maintenir le service public notarial, avec, si possible, un service standard actif ou un relais mail vers les notaires. En revanche, même si cette décision n'est pas imposée et laissée à l'interprétation de chacun, il n'y a plus en règle générale de réception de personnes dans les études. « Nous respectons le confinement tout en maintenant le service notarial qu'impose notre statut d'officier public. Lorsque cela est possible, les seuls actes seront effectués par voie électronique, assortis de représentation par procuration, à condition que chacun ait des scanners et mails. L'activité est fortement réduite pour tous », explique le chargé de communication de la chambre départementale des notaires du Var.

Quand bien même le télétravail est encouragé en haut lieu, il n'y en aura pas pour tout le monde et le chômage temporaire pour grand nombre de collaborateurs semble inévitable. En outre, les fournisseurs d'accès à l'ADSN (Activités et développement au service du notariat) des notaires permettant le déploiement du numérique n'étaient pas du tout configuré pour une telle demande massive, et les études pas non plus équipées de postes suffisants. Tout le monde est débordé mais essaie de s'organiser au mieux.

Amortisseur immobilier

« Nous préparons conjointement la suite, précise Ronan Saizou, avec, en plus du télétravail et de la montée en puissance sur le réseau, une grande préoccupation à la préparation en amont des actes les plus avancés pour être signés. Il faudra redémarrer sur les chapeaux de roue après le confinement, à la fois pour limiter le plus possible le goulot d'étranglement qui paraît inévitable compte tenu du grand ralentissement des procédures, pour réduire les temps de latence, essayer de répondre au mieux aux besoins de nos clients. Cela étant nous n'aurons pas la main sur les organisations des autres interlocuteurs de nos dossiers, que sont en particulier les administrations et les banques. Enfin, et c'est forcément un souci permanent pour nous également, nous ne sommes payés que quand nous faisons des actes, c'est notre métier, et c'est ce qui fait vivre nos études, nos salariés ».

A ce propos, maître Saizou se félicite des reports de remboursement de prêts, Urssaf et autres charges financières diverses qui sont allégées. « Il nous faut trouver notre point d'équilibre pour ne pas mette en péril nos études ». L'activité forte et la bonne conjoncture immobilière en vigueur avant les événements sont en cela des amortisseurs appréciables pour faire le dos rond, notamment pour les études en place depuis un certain temps. On peut s'interroger et s'inquiéter en même temps sur l'extrême fragilité des nouveaux arrivants issus de la loi Croissance, dits « notaires Macron »…

« Si l'on regarde l'état de la Bourse, on peut penser que l'immobilier risque d'être encore et toujours un refuge, projette Ronan Saizou, à condition que les banques continuent de prêter au même niveau et que l'activité soit encouragée ».​

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