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Les maisons passives d'Auzet, vitrine de l'écoconstruction alpine

Alpes-de-Haute-Provence le - - Urbanisme

Les maisons passives d'Auzet, vitrine de l'écoconstruction alpine
naturARCH - Equipés de pergolas et de brise-soleil, les Ecos-logis du Serre sont une belle vitrine d'écoconstruction

Economiques et écologiques, les Ecos-logis du Serre décrochent la labellisation définitive Passivhaus après un an de fonctionnement. Retour sur un projet au long cours.

Il aura fallu près de six années de patience aux élus de la Communauté de communes du Pays de Seyne, et plus spécialement à Roger Isoard, maire de la petite commune d’Auzet, pour loger, enfin, quatre familles auzétanes dans des logements sociaux aux performances énergétiques d’une grande qualité. Une réalisation de près d’un million d’euros qui tenait à cœur de l’élu alpin.

Le projet

Perchés à 1.200 m d’altitude sur un terrain montagnard particulièrement incliné se dressent les deux bâtiments qui abritent respectivement deux T4 équipés de jardins privatifs. A l’intérieur, une surface habitable de 120 m2 avec quatre chambres sans convecteur électrique et un grand garage, pour un loyer défiant toute concurrence d’un montant de 450 €. Aujourd’hui, l’ensemble des logements est occupé et les locataires ont appris à vivre avec la maison.

Pour l’anecdote, à l’installation dans ces logements, les locataires signent un bail un peu particulier. Sur le document, une clause précise que ces derniers ont obligation d’utiliser des appareils électroménagers à très forte économie d’énergie de type A+++ et ont interdiction de percer les murs.

Côté technique, les maisons passives d’Auzet sont construites en béton cellulaire, isolées par l’extérieur avec 36 cm de mur et 12 cm d’isolant. Au plafond, 70 cm d’isolant garnissent les combles. Etanche à l’air, de conception bioclimatique, cette nouvelle écoconstruction devrait permettre une économie de 90% d’énergie par rapport à un logement classique. Pour obtenir le label allemand de performance énergétique Passivhaus, l’objectif de consommation maximal est de 15 kWh/m2/an de chauffage. Celui-ci est largement atteint puisque sur l’un des bâtiments, la consommation constatée sur la première année de fonctionnement est de 7 kWh/m2/an, et elle est de 9 kWh/m2/an sur l’autre. En pratique, la moindre source d’énergie produite dans la maison est conservée et aucun mode de chauffage n’est nécessaire. Seul un petit convecteur électrique est toléré dans la salle de bain.

Les entreprises locales au premier plan

Un chantier d’une précision quasi chirurgicale auquel ont pu répondre des entreprises locales. « Pour ce projet, l’orientation des bâtiments et leur conception sont très précises. A seulement quelques centimètres, nous pouvions perdre en efficacité thermique. Certaines entreprises locales ont refusé de travailler sur le projet qui demandait précision et coût contraint » confie l’architecte Benoît Grimaud. Il poursuit :

« Néanmoins, nous avons réussi à travailler avec douze entrepris​es locales qui ont fait un travail formidable et qui ont su s’aligner et s’adapter. Leur participation est importante pour l’obtention de ce label. »

Réglementation thermique 2012 (RT 2012), Bâtiment de basse consommation (BBC), Bâtiments durables méditerranéens (BDM), Passivhaus, Bâtiment à énergie positive (Bepos), les normes se multiplient et les entreprises se perdent dans cette forêt normative, décourageant certaines d’entre elles de répondre à ses marchés. Pourtant, minimiser l’empreinte écologique et réduire l’énergie grise en utilisant des matériaux locaux figurent bien parmi les objectifs de ce type de construction écologique. Première impliquée, l’entreprise Ragoucy, installée à Gap, a chapoté l’opération avec un marché de type « conception-réalisation », une méthode qui lui a permis de maîtriser les coûts et le projet depuis son origine.

Pari réussi pour la commune

La commune d’Auzet, qui a financé une partie de l’opération avec un prêt à hauteur de 679.000 € auprès de la Caisse des dépôts, se dit satisfaite du résultat.

« Il y a seulement quelques années la commune se mourait. Ce projet entre dans le cadre d’une revitalisation territoriale. La commune manquait de logements, nous avons trouvé une solution satisfaisante. D’autant que les loyers que paient les locataires remboursent le prêt contracté. »




Hélène Saveuse
Journaliste

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