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CRESS PACA Les lamaneurs, maillon essentiel du trafic portuaire

Précurseurs de l'ESS - ils sont regroupés au sein d'une Scop depuis 1947 -, ces professionnels de la mer assurent 7 j/7 les opérations délicates d'amarrage et de largage des navires qui escalent dans le Grand Port maritime de Marseille.
Les lamaneurs, maillon essentiel du trafic portuaire

EconomieBouches-du-Rhône Publié le ,

Leur métier reste largement méconnu du grand public. Les lamaneurs sont pourtant un des rouages essentiels de l'écosystème portuaire. C'est en effet à eux que revient la tâche délicate de récupérer, depuis leurs vedettes légères, les amarres des géants des mers qui arrivent dans les bassins est et ouest du port de Marseille, avant de les fixer sur des bites d'amarrage, et de renouveler l'opération en sens inverse à l'issue de l'escale. Ces manœuvres, périlleuses en cas de conditions météo défavorables, demandent un savoir-faire qui s'acquérait auparavant par un système de tutorat. « Nous privilégions jusqu'à récemment le "recrutement" de marins confirmés, en milieu de carrière », explique Franck Rossi, le président de la Coopérative du lamanage des ports de Marseille et du golfe de Fos.

Le profil des lamaneurs qui rejoignent la Scop (Société coopérative et participative) s'est depuis considérablement rajeuni, avec la création en 2018, d'un centre de formation et d'un diplôme de lamaneur accessible aux personnes titulaires d'un diplôme de Capitaine 200 ou de Mécanicien 750 kW, à l'issue de 500 heures de formations. D'autant que le rôle des lamaneurs englobe aussi la lutte antipollution au sein des ports, via le déploiement de barrages flottants, en collaboration avec le bataillon des marins-pompiers de Marseille.

Une autre spécificité de la profession concerne son mode d'organisation et de gouvernance : les lamaneurs du port de Marseille-Fos sont en effet regroupés depuis 1947, au sein d'une Scop. Un système égalitaire où un « homme » équivaut à une voix, lors des assemblées générales, et où chaque coopérateur perçoit une rémunération équivalente, quelle que soit son ancienneté au sein de la structure. « Ce système parfaitement égalitaire, s'explique par le fait que les lamaneurs étaient à l'origine des pêcheurs, habitués à être rémunérés "à la part" », précise Franck Rossi.

La plus grave crise économique depuis l'après-guerre

La crise sanitaire liée à la Covid-19, en diminuant quasiment du jour au lendemain le volume des échanges maritimes mondiaux, a durement impacté la société coopérative et ses 80 adhérents, auxquels s'ajoute une vingtaine de salariés (personnels administratifs et d'entretien, cuisiniers, mécaniciens…). L'année 2021 se présente sous de meilleurs augures avec une baisse de trafic de « seulement » 15 % sur les quatre premiers mois par rapport à la même période pour 2019. Pour faire face, les coopérateurs ont néanmoins choisi de réduire leur rémunération (à la part bénéficiaire), « tout en maintenant les salaires des collaborateurs à 100 % et en recourant au minimum à des mesures de chômage partiel, en attendant une reprise de l'activité qui commence à se profiler, même si nous n'attendons pas de retour à la normale avant 2024 », note le président de la Coopérative du lamanage des ports de Marseille et du golfe de Fos.

Précurseurs de l'économie sociale et solidaire, les lamaneurs du Grand Port maritime de Marseille ont choisi d'adhérer à la Chambre régionale des entreprises de l'économie sociale et solidaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Cress Paca), « avec l'objectif de se rapprocher des autres structures qui la composent, même si notre système de gouvernance reste très particulier. Notre ambition en la rejoignant est de s'inspirer de ce qui fonctionne ailleurs et des bonnes pratiques développées dans les entités très diverses qu'elle réunit en son sein », précise Frank Rossi.

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