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Les ingénieurs territoriaux moins heureux dans leur travail

Publié le - - Economie

Les ingénieurs territoriaux moins heureux dans leur travail
W. A - Un millier d'ingénieurs des collectivités ont été sondés

Une étude menée par l'Association des ingénieurs territoriaux de France laisse apparaître une image en clair-obscur du moral de ses troupes. S'ils sont fiers de travailler pour la fonction publique territoriale, de nombreux ingénieurs manifestent un sentiment mitigé quant à l'impact de la « nouvelle donne territoriale » et de la réduction des moyens financiers des collectivités.

A l’occasion des dernières Rencontres de l’ingénierie territoriale qui se sont déroulées les 19 et 20 mai derniers à Saint-Etienne, l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF) a présenté les résultats d’une enquête effectuée auprès de ses adhérents* sur le thème un brin iconoclaste du « bonheur au travail ». « Dans un contexte en pleine évolution, notre souhait était d'interroger le vécu quotidien des ingénieurs territoriaux. On voit aujourd'hui monter en puissance le thème de la prévention des risques psychosociaux et il était utile d'objectiver le débat. Cette étude nous en donne l'occasion », indique Patrick Berger, président national de l'AITF.

45% des ingénieurs ne sont que « parfois heureux » au travail

Les résultats de cette étude menée auprès d’un millier d’ingénieurs des collectivités sont mitigés. Si 98% des sondés associent travail et bonheur - preuve que les deux notions ne sont pas antinomiques pour eux -, 45% d’entre eux ne se déclarent toutefois que « parfois heureux » au travail. Cette proportion croît en fonction du grade et du nombre de personnes encadrées. Selon l'enquête, les ingénieurs aspirent à un métier qui « porte les valeurs du service public. » Le sens de leur mission est au fondement de leur intérêt pour leur métier. Les autres motifs de satisfaction au travail valorisent les facteurs humains : ambiance, autonomie et reconnaissance  avant la rémunération et la sécurité de l'emploi.

Face à ces aspirations, la réalité s'avère toutefois plus décevante. Symptôme d'une « insatisfaction palpable », un fossé s’est creusé entre les souhaits des ingénieurs et la réalité, notamment pour l'ambiance et la reconnaissance du travail. La déception est telle que ces derniers sont plus fiers de travailler dans la fonction publique territoriale que pour leur collectivité.

Manque de temps et de moyens

Plus d’un ingénieur sur deux (51%) considère que son niveau de satisfaction au travail a diminué au cours des douze derniers mois, contre seulement 12% qui estiment qu'il a augmenté. Une conséquence directe de la réforme territoriale ? La part d’insatisfaction est beaucoup moins importante dans les régions (38%) que dans les départements (58%). Sans surprise, les ingénieurs se plaignent de manquer d’un peu de tout : de « moyens » bien sûr, mais aussi de « sens », de « reconnaissance », de « communication », d’« efficacité » et surtout de « temps ». 58% d’entre eux estiment en effet ne pas avoir suffisamment de temps pour réaliser correctement leur travail, une situation qui les soumet à une « forte pression ». La pression, qu'une majorité d'ingénieurs ressent, provient en grande partie de la hiérarchie et des élus. Mais les contraintes budgétaires n'y sont pas étrangères puisque 71% des managers considèrent qu'elles ont pesé sur leur management.

A l’inverse, les facteurs contribuant à faciliter le travail des ingénieurs dans la collectivité sont majoritairement liés à la reconnaissance, à la valorisation des ressources humaines (confiance, ambiance, pratiques managériales et RH) et à l'organisation (précision des objectifs, cohérence des actions, organisation interne).

Restrictions budgétaires

Pour les sondés, l'ingénieur doit désormais cumuler les compétences. En tête de liste, ils placent les compétences managériales et la vision prospective et stratégique. Les compétences financières arrivent suivent derrière, juste avant les compétences techniques, ce qui, pour les auteurs de l'enquête, « en dit long » sur les contraintes budgétaires auxquelles les collectivités sont confrontées.

Le « management décloisonné et le travail en mode projet » sont les principaux enjeux, accompagnés par la motivation des équipes, la formation et l'évolution des compétences, tandis que le principal défi concerne les restrictions budgétaires.

Pour un droit à la déconnexion

Pour relever ce défi de la restriction des moyens, des pistes sont identifiées. La première est la mutualisation des ressources. Autre voie : le développement de la dématérialisation et de l'e-administration. Plus de 80% des ingénieurs considèrent que ce sont des atouts pour améliorer la relation des collectivités avec leurs administrés et faire évoluer l'organisation interne de leurs employeurs.

L’enquête pointe également les dérives de « l'hyperconnexion » : près de la moitié des ingénieurs avoue travailler régulièrement ou très souvent chez eux le soir, 30% le week end et 25% en vacances. S’ils sont une large majorité (69%) à être favorables au télétravail, ils souhaitent que cela soit dans un cadre « organisé, maîtrisé et négocié ». Et le cas échéant, ils aimeraient disposer d’un « droit à la déconnexion ».

Difficile d'exercer leur métier

In fine, deux ingénieurs territoriaux sur trois (68%) estiment plus difficile d'exercer leur métier aujourd'hui mais 60% restent tout de même confiants en l'avenir du service public. S'ils restent majoritairement confiants en leur avenir professionnel (69%), ils ne se font guère d'illusions sur leurs perspectives professionnelles au sein de leur collectivité, l'amélioration de leur bien-être au travail et sur l'avenir du statut. Au point que certains d'entre eux voient leur avenir ailleurs dans la fonction publique ou encore dans le privé : ils sont en effet très majoritairement favorables à la mobilité entre fonctions publiques et passerelles public/privé.

* L’enquête a été menée par envoi d’un questionnaire en ligne à 1 047 membres de l’AITF entre le 16 février et le 15 mars 2016. La démarche a suscité 2 546 commentaires écrits.

Retrouvez la suite de cet article dans TPBM du 14 septembre. Pour vous abonner, cliquez ici.

L'intégralité de l'enquête : 




William Allaire
Journaliste

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