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Les Environneurs vont miser sur les espaces verts

L’association emploie 26 salariés en insertion autour du pôle construction bois et de l’activité espaces naturels. Les espaces verts représentent une piste de développement, réclamée par les syndics.
Les Environneurs vont miser sur les espaces verts
M.-F. Sarrazin - L’association projette de développer en 2022 l’activité espaces verts, de plus en plus demandée par les syndics, qui nécessite la constitution de petites équipes.

EconomieHautes-Alpes Publié le ,

Reprendre pied par le travail, enclencher un cercle vertueux. L’association gapençaise Les Environneurs participe à cette dynamique depuis 1996. Au départ, elle a été créée pour répondre aux besoins de la Ville de Gap d’entretien de la Luye et de ses affluents. Au fil des ans, elle s’est structurée autour de deux champs d’intervention. Les espaces naturels pour commencer : aménagement de sentiers, travaux forestiers et sylvicoles (abattage, plantation, coupe d’éclaircie, débroussaillage, élagage), entretien des cours d’eau. La construction bois ensuite : abribus, passerelles, jeux, garde-corps, et sa spécialité, les cabanes héliportables pour les bergers.

Les Environneurs ou l'insertion au service de la collectivité

Si sa palette de compétences s’est élargie, son chiffre d’affaires aussi. En progression constante, il atteint aujourd’hui 630 000 €.

Tous les jours, sans le savoir, les Haut-Alpins profitent des réalisations des Environneurs, comme cette centaine d’abris voyageurs en mélèze posés au bord des routes départementales, ces jardins familiaux ou jeux pour enfants à Gap, le belvédère d’Espinasses. Moins tangibles mais tout aussi indispensables, le débroussaillage autour du patrimoine d’Enedis ou de Météo France, ou la plantation d’arbres dans le cadre du chantier Haute-Durance mené par RTE*.

Près d’une quarantaine d’embauches

80 % des clients des Environneurs sont des professionnels (Etat, collectivités, parcs régionaux et nationaux, grands comptes, syndics, associations, groupements d’éleveurs) et 20 % des particuliers pour des gros chantiers d’élagage et d’abattage. L’association projette de développer en 2022 l’activité espaces verts, de plus en plus demandée par les syndics, qui nécessite la constitution de petites équipes. La structure embauche 12 permanents (dont une conseillère en insertion professionnelle, deux responsables d’activités et cinq chefs d’équipe) et 26 contrats en insertion (six en construction bois, 17 en espaces naturels/verts et trois pour le pôle administratif). Ces personnes, qui candidatent ou sont envoyées par des partenaires sociaux, restent environ 18 mois.

Pour intégrer la structure, les candidats doivent être motivés.

« Les premiers acteurs du changement, ce sont eux. Quand ils démarrent leur parcours d’insertion, on pose rapidement un diagnostic sur les freins à l’emploi qu’ils rencontrent et on dresse un état des lieux de leurs besoins. Il peut s’agir de formation, de problèmes administratifs, financiers, de logement, de santé. On engage tout un travail social autour », indique Angéla Nunes, directrice adjointe des Environneurs.

Un tremplin vers un emploi pérenne ou une formation qualifiante

Ces salariés en insertion apprennent un métier, mais la plupart ne se destinent pas à ça. L’association leur impose des règles de fonctionnement communes à toutes les entreprises qui leur serviront dans la suite de leur parcours.

« Ce sont souvent des personnes pas ou peu qualifiées, même si les travaux qu’elles accomplissent sont très qualitatifs. Nous sommes très attentifs sur ce point. Lorsqu'ils reçoivent notre facture, nos clients sont invités à nous faire un retour d’expérience. En 2020, notre taux de satisfaction client s’élevait à 98 %. Si la prestation ne leur a pas convenu, nous refaisons le travail. »

Les encadrants, des professionnels de leur métier et non de l’insertion, doivent composer avec des personnes qui manquent d’autonomie, parlant parfois peu français, tout en répondant aux exigences d’une entreprise classique, ce qui relève parfois du défi et demande beaucoup de patience.

Au sein de l’association, ces personnes en insertion suivent à la fois des formations autour de la sécurité, mais aussi autour des savoirs de base, dont le français, ou liées à leur projet professionnel. « En 2020, l’Etat nous fixait comme objectif 61 % de sorties dynamiques, nous avons atteint les 94 %. Sur les 19 sorties réalisées en 2020, 10 ont décroché un CDI ou un CDD et sept ont intégré une formation qualifiante », se félicite Angéla Nunes. Certains prennent leur droit à la retraite ou suivent des soins pour résoudre des problèmes d’addiction ou psychologiques. « Parfois, ça ne fonctionne pas, nous ne sommes pas la bonne réponse et la personne doit régler d’autres problèmes », reconnaît la directrice adjointe. L’objectif final étant de retrouver confiance en soi, de renouer des liens et, bien sûr, un retour à l’emploi pérenne.

* Réseau de transport d’électricité.

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