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Les électriciens veulent être acteurs des révolutions technologiques du bâtiment

Alpes-Maritimes Publié le - - BTP

Les électriciens veulent être acteurs des révolutions technologiques du bâtiment
R. Mario - Emmanuel Gravier, président de la FFIE (au centre), entouré de Philippe Marchay, président de la section électricité de la FBTP 06 (à droite), de Patrick Moulard, délégué régional FFIE Paca et Laure Carladous, présidente de la FBTP 06.

C'est l'enjeu majeur de cette profession où l'innovation se propage à très grande vitesse. Elle va devoir aussi former à grande échelle pour répondre aux nouveaux enjeux énergétiques et numériques.

Autoconsommation photovoltaïque, bâtiments connectés, infrastructure de recharge des véhicules électriques (Irve), fibre optique, smarts grids, intelligence artificielle... Les entreprises de l'installation électrique sont au cœur des mutations technologiques du bâtiment et de l'aménagement, avec la transition énergétique et numérique. Et cette révolution tire le marché et génère des créations fortes d'emplois. Les besoins au plan national sont évalués à 20 000 emplois à court et moyen terme pour une filière qui compte environ 200 000 actifs. « Il y a un énorme enjeu de formation et de développement de nouvelles compétences dans notre secteur », confirme Emmanuel Gravier, le président de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE), dont l'initiative « Grand Circuit » (des rencontres régionales pour éclairer les professionnels sur ces mutations) a récemment fait étape à la Fédération du BTP des Alpes-Maritimes.

Membre de la Fédération française du bâtiment, la FFIE compte 5400 entreprises adhérentes, 100 000 actifs et « pèse » 15 milliards d'euros de chiffres d'affaires, soit la moitié du chiffre d'affaires et des effectifs du secteur. Elle a passé en avril dernier avec le ministère du Travail et d'autres acteurs de la filière, un « Contrat d'engagement développement et compétences » (Edec) pour évaluer précisément les besoins du secteur et mettre sur pied, avec les pouvoirs publics, les formations adaptées à l'évolution des métiers. Provence-Alpes-Côte d'Azur compte parmi les trois régions prises en compte dans le cadre de cette étude.

Secteur en tension

En attendant, compte tenu du dynamisme du marché et des mutations technologiques, le secteur est en tension. Les entreprises peinent à recruter la main d'oeuvre dont elles ont besoin. « Dans les Alpes-Maritimes, où les projets liés à la transition énergétique et numérique sont nombreux, il y a pénurie à la fois d'électriciens polyvalents mais aussi de salariés pour des postes d'encadrement. Nous subissons de plein fouet la concurrence du Grand Paris et de Monaco », explique Patrick Moulard, vice-président de la Fédération du BTP des Alpes-Maritimes et délégué régional FFIE Paca. Et pour ne rien arranger, les entreprises du secteur doivent également faire face à des prix bas et à des marges réduites.

Pour le président national de la FFIE, il est stratégique de s'emparer de ces mutations, de prendre le virage des nouvelles technologies et de former, sous peine d'être marginalisées dans le futur. Le secteur a en effet la particularité en France d'être dominé par de puissants industriels - Schneider et Legrand -, des leaders mondiaux de la distribution du matériel électrique - Rexel et Sonepar -, sans oublier la présence du premier producteur et fournisseur d'électricité en France et Europe, EDF. « Si les installateurs restent passifs face à la puissance de ces acteurs et à leur capacité d'innovation, ils deviendront demain de simples tireurs de câbles », pronostique Emmanuel Gravier.

Ne pas devenir des « tireurs de câbles »

La profession revendique un rôle de conseil et d'interface entre les industriels, les clients et les usagers. La mise en œuvre de la transition énergétique et numérique va nécessiter beaucoup de pédagogie et de remontées d'informations. Un acteur de la profession cite l'exemple de Smartseille, l'écoquartier high-tech d'Euroméditerranée 2 où les habitants doivent composer avec 80% de charges fixes, sur lesquelles ils n'ont pas d'influence, et 20% de charges individuelles qu'ils peuvent réguler en fonction de leurs besoins, de leur consommation... Difficile dans ce cas de justifier à ses usagers l'apport des nouvelles technologies dans la réduction de la consommation énergétique des bâtiments.

​Dans les Alpes-Maritimes, les professionnels du secteur ont mis sur pied, au sein de la CCI Nice Côte d'Azur, très impliquée dans l'animation de la filière énergie, un groupement « Efficacité énergétique et énergies renouvelables ». Il rassemble une soixantaine de professionnels de métiers différents. Objectifs : permettre aux entreprises de réaliser des économies d'énergies après des audits énergétiques, faits par des spécialistes de la CCI. Une cinquantaine d'entreprises sont visitées par an. « Une fois ces audits réalisés, la CCI propose une mise en relation avec les entreprises du groupement. C'est une initiative intéressante car elle permet de bâtir des systèmes énergétiques efficients pour des utilisateurs professionnels à partir de solutions mises au point localement », note Patrick Moulard.




Rémy Mario
Journaliste

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