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Métropole Aix-Marseille Provence Les défis qui attendent le ou la futur(e) président(e) de la métropole

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Les défis qui attendent le ou la futur(e) président(e) de la métropole
S. PAYRAU - Jean-Claude Gaudin, lors de sa dernière cérémonie des voeux en tant que président de la métropole.

Jean-Claude Gaudin a annoncé le 4 septembre sa démission de la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence. L'édile souhaite voir Martine Vassal, l'actuelle présidente du conseil départemental, lui succéder.

Si Martine Vassal, successeur désignée de Jean-Claude Gaudin, prend les rênes de l'institution métropolitaine, elle va devoir composer avec un cadre budgétaire nettement moins souple qu'au Département des Bouches-du-Rhône qu'elle préside actuellement. Dotée d'un budget de près de 4,7 milliards d'euros (3 mds€ en fonctionnement et 1,7 mds€ en investissement), la métropole Aix-Marseille Provence (AMP) porte le fardeau d'une dette de 1,6 milliard d'euros. Un boulet qui entrave ses marges de manoeuvre. Alors que son agenda de la mobilité voté fin 2016 table sur un investissement de 300 millions d'euros par an dans les transports d'ici dix ans, l'Epci (établissement public de coopération intercommunale) n'a inscrit que 86 millions d'euros sur cette ligne dans son budget 2018.

Pour respecter sa feuille de route, la Métropole a jusqu'à présent pu compter sur l'appui des collectivités, le Département et la Région : avec sa casquette départementale, Martine Vassal a injecté plus de 200 millions d'euros dans les projets routiers marseillais (BUS, Le Jarret, Cours Lieutaud...) quand le conseil régional a octroyé 120 millions d'euros au titre du contrat régional d'équilibre territorial (CRET). Mais l'aide de l'Etat, se fait attendre. « J'ai bon espoir que le gouvernement actuel nous aide », a glissé Jean-Claude Gaudin, lors de sa conférence de presse, fustigeant au passage « les promesses inconsidérées » faites par les gouvernements Valls et Ayrault. Des miroirs aux alouettes qui n'avaient d'autre but, selon lui, que de soutenir son adversaire PS de l'époque, l'ancien député Patrick Mennucci. A la barre de la métropole, Martine Vassal va donc devoir montrer son talent de lobbyiste pour obtenir de Paris « des moyens à la hauteur des besoins de la deuxième ville du pays », selon l'élu marseillais.

Mener la fusion département/métropole

Sa double casquette lui sera également utile dans les discussions avec les maires. Alors que chacun s'accorde à prédire un budget métropolitain 2019 encore plus contraint que l'actuel, la présidente du département pourra calmer quelques aigreurs avec la manne du Vaisseau bleu.

Alors que le gouvernement semble vouloir accélérer le processus de fusion métropoles-départements, l'ubiquité institutionnelle de Martine Vassal sera évidemment un atout non négligeable à l'heure d'entamer les discussions avec l'Etat sur les contours de ce rapprochement. « Dans la perspective de la fusion de la métropole et du département, Martine Vassal, première vice-présidente de la métropole est la mieux placée pour mener cette évolution nécessaire avec le gouvernement et le parlement », a d'ailleurs plaidé Jean-Claude Gaudin. L'élue marseillaise aura l'occasion de montrer ses talents de diplomate en gérant les tourments des 29 maires de l'ouest du département (pays d'Arles et Châteaurenard) eux aussi rétifs au projet d'intégration dans un grand ensemble départementropolisé.

Les grands schémas stratégiques

Autre chantier : la planification territoriale. Dans l'attente de connaître le périmètre futur de la métropole, la nouvelle présidente devra mettre en oeuvre l'ensemble des documents stratégiques qui formeront la déclinaison du projet métropolitain adopté en juin 2018 : le plan de déplacements urbains (PDU), le programme local de l'habitat (PLH), le schéma d'urbanisme commercial (SDUC), le schéma de cohérence territoriale (Scot), les plans locaux d'urbanisme intercommunaux (PLUI), etc. Autant de feuilles de route sectorielles dont l'élaboration réclamera proximité et vision à long terme... à la grande échelle. Un changement de dimension en rupture avec la culture communo-centrée du territoire. Pas le moindre des défis !

Jean-Claude Gondard va partir lui aussi

Sur le plan institutionnel, la démission de Jean-Claude Gaudin ouvre une parenthèse de deux à trois semaines. Après l'officialisation de la démission du président par le préfet (attendue pour la fin de la semaine), Martine Vassal assurera l'intérim à la barre d'AMP en tant que première vice-présidente. Le conseil métropolitain aura alors quinze jours pour se réunir et procéder à l'élection de son nouvel exécutif : le bureau de 27 membres dont les 20 vice-présidents, plus les présidents des six conseils de territoire. Une instance de commande politique dont la composition ne devrait guère changer. Sur le plan de l'administration en revanche, le changement est annoncé : fidèle parmi les fidèles de Jean-Claude Gaudin, Jean-Claude Gondard devrait lâcher la direction générale des services de la métropole pour se replier sur la mairie où il continurait d'assumer la même fonction à temps partiel (20%). Un départ qui marquera également la fin d'une époque pour les 7.200 agents de l'Epci.




William Allaire
Journaliste

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