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Les bonnes pratiques sanitaires sur un chantier à l'heure du Covid-19

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Les bonnes pratiques sanitaires sur un chantier à l'heure du Covid-19
Alain Marchetto - Le médecin du Gest 05 s'est rendu sur le chantier du 4e Régiment des chasseurs pour corriger quand nécessaire les pratiques sanitaires des employés et des employeurs.

Les médecins du travail, très sollicités en ce moment, n'hésitent pas à se rendre sur le terrain. Le Dr Magallon a distillé ses conseils sur le chantier de réhabilitation de la base militaire de Gap en scrutant étape par étape les gestes des ouvriers et les dispositifs mis en place par leurs employeurs.

La poursuite ou la reprise du travail en cette période de crise sanitaire représente un vrai casse-tête pour les chefs d'entreprise comme pour les salariés. Les sociétés qui adhèrent au Gest 05 (groupement des entreprises pour la santé au travail) bénéficient d'un accompagnement personnalisé. Les employeurs peuvent exprimer leurs doutes, questions et difficultés auxquels l'équipe médicale répond au cas par cas. Elle commence par un travail à distance, en étudiant par exemple un plan de reprise d'activité que lui soumet une entreprise, et peut ensuite intervenir sur place. « En se rendant sur le terrain, on trouve toujours des solutions. C'est plus compliqué, ça requiert du temps et de la vigilance, mais si chacun fait sa part, employeurs comme salariés, ça fonctionne », soutient le Dr Gérald Magallon, médecin du travail.

La méthodologie est simple. « Ensemble, nous passons en revue une journée de travail type en regardant quels doivent être les points de vigilance, en listant toutes les situations à risque et en réfléchissant à ce qu'il est possible de mettre en œuvre. On peut parfois supprimer le danger en privilégiant le télétravail. Se pose alors la question des effets indésirables et de la manière de les compenser. On peut ensuite limiter les expositions grâce à des dispositifs techniques comme les plexiglass ou organisationnels comme l'échelonnement des arrivées. S'il reste encore des situations de danger entre salariés et/ou clients, il faut mettre en place des mesures de protection individuelle comme le masque et le lavage des mains, deux gestes très techniques », insiste le Dr Gérald Magallon.

De nouveaux réflexes sanitaires à conserver au-delà de la crise

Mardi 5 mai, le médecin du Gest 05 s'est rendu au 4e Régiment de chasseurs de Gap à l'occasion de la reprise du chantier de réhabilitation de plusieurs de ses bâtiments, en présence du maître d'ouvrage, du coordonnateur sécurité et des responsables des entreprises intervenantes. « Il s'agit d'un chantier étendu. Les entreprises de carrelage, de second œuvre, de miroiterie, de peinture et de plomberie se sont réparties les bâtiments pour éviter de se croiser. En arrivant, les salariés se rendaient directement sur leur zone d'affectation sans passer par la base de vie, pourtant bien organisée. On les a tous fait revenir. Ils se sont rendu aux sanitaires pour se laver les mains. La mise en situation a révélé deux fautes : l'oubli des pouces et des ongles. Il faut aussi que le lavage dure entre 30 et 40 secondes. Inutile de compter, il suffit de chanter Joyeux anniversaire en incluant son prénom ! Dans les vestiaires, des surfaces individuelles ont été délimitées », indique le médecin.

Quid du port du masque ? « Quand un miroitier travaille seul sur un étage, il est inutile. Lorsqu'ils sont deux à porter une huisserie, même à 1,5 m de distance, il est nécessaire car l'effort induit une respiration plus marquée. » Les pauses cigarettes ? « Ça s'organise. On enlève le masque, on se lave les mains, on fume, on remet le masque et on se relave les mains. » Ces changements d'habitudes constituent, selon le médecin, un avantage pour l'avenir, garantissant une meilleure hygiène (se rendre systématiquement aux toilettes) et des réflexes santé (le port du masque pour se protéger des poussières également).

Quelques problématiques sont spécifiques au BTP : l'effort physique, des travailleurs à droite à gauche, isolés, pas sous l'œil de leur responsable et bien sûr des chantiers parfois géographiquement éloignés posant des problèmes de restauration, de logement et de transport. « Un bungalow réfectoire prévu initialement pour 6/8 l'est aujourd'hui pour 3. Les employés, quand ils habitent près, peuvent manger chez eux, les horaires des repas être échelonnés, les piques-niques privilégiés s'il fait beau. En déplacement, des accords sont passés avec des chaînes hôtelières où les personnels peuvent prendre leur plateau repas dans une chambre individuelle. Evidemment, cela représente des contraintes organisationnelles et de coût non négligeables... »




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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