AccueilTerritoiresLe syndicat Rhône-Ventoux sensibilise les élus à la sécheresse

Le syndicat Rhône-Ventoux sensibilise les élus à la sécheresse

Le syndicat Rhône-Ventoux, qui assure l’alimentation en eau d’une partie du Vaucluse, vient d’organiser un vaste débat à Mazan avec Emma Haziza, hydrologue, et les 42 élus de son périmètre, sur la prévention des sécheresses à venir.
« Lors de ses étés très chauds, le Vaucluse attire 4 millions de touristes qui génèrent un accroissement de 60 % de la consommation en eau », souligne Laurence Perez, directrice régionale du groupe Suez, délégataire du syndicat.
E. Brugvin - « Lors de ses étés très chauds, le Vaucluse attire 4 millions de touristes qui génèrent un accroissement de 60 % de la consommation en eau », souligne Laurence Perez, directrice régionale du groupe Suez, délégataire du syndicat.

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Avec des particularités locales qui rendent le risque de carence en eau particulièrement important dans le département, le Syndicat Rhône-Ventoux a invité les 42 élus des communes qu’il alimente à se pencher sur la prévention des sécheresses, salle de Boiserie à Mazan. « Lors de ses étés très chauds, le Vaucluse attire 4 millions de touristes qui génèrent un accroissement de 60 % de la consommation en eau », souligne Laurence Perez, directrice régionale du groupe Suez, délégataire du syndicat.

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L’année 2022 fut vraiment celle des prises de conscience. « Une récente étude montre que 75 % des habitants de Paca se déclarent concernés par les impacts du réchauffement climatique contre 72 % au niveau national, reprend Laurence Perez. Les habitants du Vaucluse, du Var et des Alpes-Maritimes ont limité leur consommation d’eau cette année ». Car nous ne pouvons plus parler de fatalité. « Nous n’avions pas eu de pluies en hiver et la pénurie en eau était prévisible dès le mois de mars, assure Emma Haziza, hydrologue, chroniqueuse sur France Info, forte d’une présentation qui synthétise une immense base de données sur la question depuis des années. Le mois d’avril fut un des plus chauds jamais recensés. La première semaine de septembre connut des températures supérieures à 40°C dans le sud-ouest et le mois d’octobre fut particulièrement doux sur l’ensemble de la France ».

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Jérôme Bouletin, président du syndicat Rhône-Ventoux. (Crédit : Emmanuel Brugvin)

Situations critiques face à la sécheresse

Le Syndicat Rhône-Ventoux a connu des épisodes inquiétants pour ses 180 000 habitants desservis par ses 1 750 kilomètres de réseau « avec plusieurs périodes critiques du 20 avril à novembre », précise Marjolaine Puddu, hydrologue au syndicat, après les alertes sur les nappes de 2004 à 2007, en 2011 et 2017.

Face à un tel constat, que faire ? Car la ressource en eau est limitée. Nous disposons de la même quantité aujourd’hui qu’à l’époque des dinosaures. L’eau se concentre à 97 % entre les mers et les océans et, pour une infime partie les nappes phréatiques, lieu de captation de l’essentiel de l’eau domestique. « Rappelons que les nappes fournissent l’eau des rivières », insiste Emma Haziza.

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Agir local

« Nous ne pouvons pas faire grand-chose pour les gaspillages à l’autre bout de la planète, mais nous pouvons agir localement, reprend la docteure des Mines de Paris. A commencer par l’éducation des enfants. Aux collectivités locales de planter beaucoup d’arbres pour fixer l’eau dans le sol et rafraîchir l’environnement. Aux élus de vulgariser la réglementation auprès du grand public pour qu’il comprenne le sens de la démarche. « Le Syndicat Rhône-Ventoux investit chaque année 6 M€ à 8 M€ pour rénover 1,70 % de son réseau qui atteint un rendement de 72 % », assure Jérôme Bouletin, son président. Le syndicat travaille avec le Canal de Carpentras sur une solution de récupération de l’eau des stations d’épuration destinée à l’agriculture et aux pompiers.

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Agriculture responsable

Pour l’agriculture, heureusement, le Vaucluse n’utilise pas de "bassines" qui « n’apportent qu’une réponse à court terme, reprend Emma Haziza. Cette solution tarit les nappes et assèche les substrats géologiques qui ne retiendront plus l’eau comme avant. Une partie de leurs volumes se perd en évaporation et l’eau stagnante favorise le développement de salmonelles. Puiser en profondeur dans les réseaux fossiles comme en Australie ou en Californie provoque l’affaissement des sols. Emma Haziza, dit préférer le remplissage de citernes en hiver par des systèmes de retenues collinaires, mais de manière raisonnée pour éviter l’assèchement des cours d’eau comme en Tunisie.

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Laurence Perez, directrice régionale du groupe Suez, Marjolaine Puddu, hydrologie au syndicat Rhône-Ventoux, Emma Haziza, hydrologue, chroniqueuse sur France Info et Julia Brechet, directrice du syndicat. (Crédit : Emmanuel Brugvin)

L’invitée du syndicat souligne également l’impact négatif des produits phytosanitaires sur l’hydrologie des sols. Georgia Lambertin, présidente de la chambre d’Agriculture, précise l’avance du Vaucluse qui a pris le tournant du goutte-à-goutte depuis 40 ans. En Provence, Jean de Florette a marqué les esprits.

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