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Le Pôle Formation TP de Mallemort anticipe les travaux publics du futur

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Le Pôle Formation TP de Mallemort anticipe les travaux publics du futur
J.-C. Barla - Les stagiaires apprennent à manier les machines dans une cabine de pilotage entièrement numérisée.

La digitalisation ne concerne pas que l'industrie. Conscient des impacts qu'elle va engendrer dans les métiers de l'aménagement et des travaux publics, le premier campus français se dote des moyens nécessaires pour offrir des formations initiales ou continues à la hauteur des exigences des entreprises. Sa nouvelle gouvernance investit en conséquence sur le site.

Derrière la porte du conteneur estampillé « Liebherr » sur l'un des plateaux techniques du Pôle Formation TP de Mallemort, une étonnante découverte. Si, tout autour, les terrains regorgent d'engins, de véhicules et de grues stationnés ou en action, à l'intérieur, un stagiaire installé dans le cocon d'une cabine de pilotage entièrement numérisée, s'affaire à ses manettes pour poser consciencieusement une poutre virtuelle entre deux piliers de l'armature d'un futur hangar. Le chantier de construction est projeté sur un grand écran qui l'immerge, en 3D, dans son environnement de travail, comme s'il opérait depuis une vraie grue. A ses côtés, deux autres stagiaires guident son intervention, eux aussi les yeux fixés sur un écran, sous l'œil bienveillant de l'enseignant qui peut faire varier en quelques clics les conditions climatiques, les contraintes de pose, les objectifs de productivité…

Les tentatives ne sont pas toujours réussies du premier coup dans les délais impartis mais Jean-François Chabaud, directeur du centre de formation des travaux publics depuis septembre 2017, l'admet : « Les jeunes progressent rapidement et atteignent un niveau de maniabilité optimal avant de se retrouver en conditions réelles. Beaucoup perçoivent le simulateur comme un prolongement professionnel d'un jeu vidéo. C'est un outil d'attractivité vraiment intéressant pour ces métiers et une chance que notre partenariat avec Liebherr leur permette l'accès à ces technologies. »

« Certains nous réclament même le logiciel pour s'entraîner chez eux mais nous n'en avons pas la propriété, renchérit Frédéric Tomasella, président du centre depuis juillet 2017. On sait de toute manière que ces méthodes virtuelles, compte tenu de leur praticité, de leur efficacité et de leur coût, ne vont cesser de se développer, puisqu'il y a déjà sur le marché des lunettes en immersion virtuelle ou que le BIM* se généralise dans le BTP. Emile Pico doit concevoir son futur avec la génération "joystick" ! Il faut juste trouver le bon dosage pour que les messages essentiels passent dans ces parcours virtuels ludiques. »

Si les formations digitales constitueront un préalable de plus en plus fréquent, la mise en pratique des connaissances sur les engins restera incontournable. Et dans ce domaine, le centre Emile-Pico, du nom du président de la Fédération régionale des travaux publics qui a fondé en 1972 ce pôle de formation dédié aux travaux publics, entend bien rester un point d'appui privilégié pour les jeunes comme pour les salariés en formation professionnelle.

Promouvoir l'insertion

« Notre centre forme à tous les niveaux sur tous les métiers des TP sans exception et nous actualisons constamment le catalogue des formations au gré des besoins exprimés par les entreprises, indique Jean-François Chabaud. C'est ainsi, par exemple, que nous avons intégré les problématiques d'intervention sur l'amiante en milieu confiné ou un égout-école pour le Catec** désormais indispensable aux égoutiers. Nous anticipons également les exigences liées à de nouveaux marchés, comme le déploiement de la fibre optique qui connaîtra son apogée vers 2020. Cette adaptabilité correspond aux attentes puisque nous avons été retenus pour former les personnels appelés sur les chantiers du Grand Paris pour conduire des pelles mécaniques. » Le centre se mobilise également sur les demandeurs d'emploi, à l'image du programme instauré avec le Geiq*** BTP 84, un groupement d'employeurs (Braja, Colas, Eiffage Route, Eurovia, Provence Route et SCV), et Pôle emploi pour 14 d'entre eux sur le tramway d'Avignon. Alternant théorie et pratique et financée par l'OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé) Constructys, la formation, lancée en octobre dernier et devant s'achever en novembre 2018, débouche sur l'obtention d'un titre professionnel reconnu, équivalent au CAP (Certificat d'aptitude professionnelle) et permet aux opérateurs de respecter leurs obligations en matière d'insertion sur ce projet. Elle peut se conclure par la signature d'un CDI chez l'un des employeurs. « Nous osons bouleverser les cursus pour mettre les stagiaires le plus possible dans les conditions réelles de travail, insiste Frédéric Tomasella. Leur demander, par exemple, d'être en poste dès 6 h 30, ça ne s'était jamais fait. Les résultats d'insertion dans l'emploi des titulaires d'un contrat de professionnalisation prouvent la pertinence de nos choix : six mois après l'obtention de leur diplôme, 77 % sont en CDI, 23 % en CDD ! »

Susciter l'envie

Dans l'apprentissage, près d'un tiers des étudiants opte aussi pour la poursuite des études, ravis d'avoir trouvé un métier qui leur plaît. Entre 20 et 25 % des titulaires d'un CAP continuent sur le bac professionnel puis le BTS (Brevet de technicien supérieur), désormais accessible sur le même site (à lire dans le n°1225 de TPBM) et 20 % des BTS se lancent dans un cursus d'ingénieur, le centre étant le seul en France dans les TP à permettre de l'effectuer en alternance. « A 16 ans, ils ne connaissent généralement rien du métier. Il faut réussir à leur donner l'envie, convaincre les parents des opportunités que le secteur peut leur ouvrir… C'est sûr, quand on montre les images du simulateur, des tablettes, on marque des points… Mais ces jeunes s'aperçoivent ensuite qu'ils trouvent une famille dans le monde des travaux publics », poursuit Frédéric Tomasella.

« Quand ils ne rentrent pas dans le cadre scolaire classique, ils se désespèrent de pouvoir un jour trouver goût à un métier, renchérit Jean-François Chabaud. Ici, nous nous efforçons de leur transmettre des compétences, d'enrichir leur savoir-faire, mais aussi de leur inculquer des valeurs, des principes qui structurent leur savoir-être pour maximiser leur employabilité. Les entreprises le savent : certaines "réservent" des jeunes avant même la fin de leur parcours ! »

Recueillir les besoins

Depuis la rentrée 2017-2018, Emile-Pico a intégré dans ses murs de Mallemort une section BTS avec 14 élèves. Depuis 2010, elle était accessible de manière déportée sur le lycée d'Antibes. Sa formatrice référente a effectué une partie de ses études dans le centre (à lire dans le n°1225 de TPBM). Implanté dans des locaux neufs, inaugurés en septembre 2016, le CFA veut aussi doubler, à terme, le nombre d'apprentis pour atteindre la barre des 400 en 2020, en poursuivant sa stratégie de diversification des formations. Pour prospecter les entreprises, la structure, qui compte 45 permanents et une dizaine d'intervenants professionnels extérieurs, a recruté un responsable commercial. La conquête de nouveaux marchés de formation participe à garantir la pérennité de l'offre mise en place et à étoffer tant les parcours que les équipements. « Nous travaillons sur l'e-formation, explique ainsi le président. En allant au contact des entrepreneurs, notre commercial les aidera à exprimer leurs besoins. Les entreprises peuvent aussi nous solliciter directement. Nos investissements sur les engins ou les simulateurs sont voués à faire de nos stagiaires des salariés opérationnels. C'est d'ailleurs lorsqu'ils sont en poste que nos diplômés deviennent nos meilleurs ambassadeurs », martèle Frédéric Tomasella.

* Building Information Modeling.
** Certificat d'aptitude à travailler en espaces confinés.
*** Groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification.

La suite de ce dossier consacré au Pôle de formation de Mallemort est à lire dans le numéro 1225 de TPBM (parution le 14/03/2018). Cliquez ici pour vous abonner.



J.-C. Barla
Journaliste

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