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MATERIAU Le pisé, une technique terre à terre

La réalisation de murs en terre est une pratique ancestrale qui a toujours cours dans de nombreuses régions du monde. En France, parmi les différentes techniques traditionnelles, on compte celle du pisé.
Le pisé, une technique terre à terre
Marine Bonnefoy - La construction en terre représente un enjeu majeur pour réduire l’utilisation des ressources premières.

BTP Publié le , EnvirobatBDM

Cette technique emploie des terres qui contiennent des granulats (cailloux, graviers, sables) et des liants (limons, argiles). Elles doivent présenter les bonnes caractéristiques pour assurer à la fois cohésion et rigidité, comme un « béton de terre ». La mise en œuvre consiste à compacter des couches de terre successives, dans un coffrage. Le damage, autrefois réalisé manuellement, se fait désormais avec un fouloir pneumatique. Cette technique reste toutefois laborieuse et différents acteurs et projets de recherche travaillent à élaborer des éléments préfabriqués, à partir d’unités mobiles.

La construction en terre représente un enjeu majeur pour réduire l’utilisation des ressources premières. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur dispose d’importants gisements de terres et de déchets inertes issus d’excavation de chantier du BTP, estimés à plus de 4 millions de tonnes chaque année. Pour développer cet usage, il est nécessaire de mettre en place des outils de veille et de connaissance des chantiers, caractériser les terres et mettre en place les moyens de les valoriser (unités de stockage par exemple).

Michel Oggero, Dirigeant de Filiater

TPBM : Comment valoriser les déblais et la terre d’un site dans la construction ?
Michel Oggero : Nous les transformons en béton de terre et en blocs comprimés. Pour le premier, cela est proche de ce que l’on connaît en termes de béton. Pour les seconds, une machine compacte la terre afin de la transformer en blocs comprimés. Ces techniques géosourcées permettent de recycler les terres issues du terrassement sur place ou à proximité immédiate du site, de baisser l’impact carbone, de valoriser les matériaux, de gagner en efficacité et de limiter la pénibilité du travail, avec un coût économique acceptable. Les matériaux sont naturels et peu transformés. Ils ne comportent aucun élément portant préjudice à la santé des occupants.

La forte inertie des matériaux est adaptée à une conception bioclimatique et à cette architecture.

Sur quel projet allez-vous intégrer ce genre de blocs et de béton ?
Nous sommes lauréat national de l’Ademe RRVDB [pour Réduction, recyclage et valorisation des déchets du bâtiment, NDLR] avec notre projet MacroTerre. Il est composé de plusieurs projets démonstrateurs, dont notre maison de santé situé à Charleval à côté d’Aix-en-Provence. Nous avons mis au point la machine pour comprimer la terre et en faire de gros blocs. Fabriqués, ils seront ensuite posés par une grue sur le chantier. Ces matériaux recyclés avec des qualités techniques et sanitaires reconnues ouvrent de nouvelles perspectives dans la construction et la valorisation des déchets du bâtiment.

Propos recueillis par Isabelle Cambos

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