AccueilTerritoiresLe Département des Hautes-Alpes pourrait prendre la gestion des routes nationales

Le Département des Hautes-Alpes pourrait prendre la gestion des routes nationales

Le Département des Hautes-Alpes va entamer les discussions avec l'Etat pour reprendre dans son giron 153 kilomètres de routes nationales. Les contreparties financières seront déterminantes dans ce dossier.
Si le transfert est acté, le Département aura la charge du pont de Savines-le-Lac, qui se trouve sur la RN 94.
M.-F. Sarrazin - Si le transfert est acté, le Département aura la charge du pont de Savines-le-Lac, qui se trouve sur la RN 94.

TerritoiresHautes-Alpes Publié le ,

Ah, les routes... Sujet sensible dans un département de montagne aux axes souvent engorgés aux heures de pointe ou lorsque les touristes affluent. Le président du Département, Jean-Marie Bernard, avait déjà adopté une posture dissidente en rétablissant la vitesse à 90 km/h sur les routes départementales. Aujourd'hui, il souhaite saisir l'opportunité qu'offre la loi 3DS de transférer la gestion des routes nationales au Département des Hautes-Alpes, qui a déjà la charge de 2 000 kilomètres de routes. Mais pas à n'importe quel prix. « Je suis favorable à ce transfert, ce qui n'empêche pas d'émettre des interrogations et des réserves », s'est-il exprimé lors de la séance plénière du conseil départemental qui se tenait ce mardi 27 septembre. Ce jour-là, l'assemblée (hormis Rémi Roux, divers gauche) lui a donné le feu vert pour entamer les négociations avec l'Etat. « Aucune décision définitive ne sera prise sans l'avis de notre assemblée, amenée à se reprononcer une fois la phase de négociation aboutie », assure-t-il.

Quels seraient les avantages de ce transfert de compétences, qui pourrait intervenir dès 2024 ? « Fiabiliser, moderniser les routes, décider et maîtriser les opérations d'aménagement, donner de la cohérence, améliorer la gestion des crises, la coordination des travaux et du trafic, homogénéiser la vitesse de 90 km/h sur l'ensemble du réseau... » Les élus de la majorité y voient le moyen de reprendre la main sur le destin des deux colonnes vertébrales que sont les RN 85 (Sisteron-Grenoble via Gap) et RN 94 (Gap-col de Montgenèvre). « Parmi les grands aménagements réalisés sur le réseau national, la déviation d'Embrun remonte à une quinzaine d'années », rappelle Marcel Cannat, vice-président en charge des routes. Depuis, il ne s'est pas passé grand-chose.

Valgaudemar : le pont provisoire sur la Séveraisse mis en service le 3 octobre

« On ne veut pas prendre un cadeau empoisonné »

Mais le Département peut-il faire mieux s'il n'a pas les moyens d'assumer financièrement les améliorations attendues ? C'est finalement ce qui devrait déterminer l'issue des négociations : « Il faut assumer la modernisation du réseau que nous avons déjà en gestion, je pense à la RD 1075, où nous avions des engagements de l'Etat et de la Région Paca pour une première phase de travaux jusqu'en 2020, mais où il nous faut désormais faire cavalier seul. Nous avons des projets sur la RD 942 dans la vallée de l'Avance (le Département des Hautes-Alpes a voté, lors de cette session plénière, un programme de 58 M€ pour sécuriser et fluidifier la circulation sur la RD 942, entre Lettret et le carrefour de la RN 94) et la RD 900B avec la déviation de Remollon et l'amélioration des conditions d'accès à l'Ubaye », indique Jean-Marie Bernard, qui attend des garanties de la part de l'Etat en contrepartie d'un éventuel transfert. Elles sont prévues : 5,6 M€ annuels, hors charges et personnels. Une somme forfaitaire au kilomètre identique au niveau national, quelle que soit la topographie du lieu. Or les routes de montagnes sont bien plus coûteuses à entretenir que les routes de plaine.

Hautes-Alpes : le Département investit plus de 26 M€ pour les routes

Deuxième interrogation : « Que faisons-nous, à moyen terme, avec ces 153 kilomètres de routes sur lesquels des engagements ont été pris par l'Etat, mais n'ont jamais été tenus ? ». Sans compter les moyens jusqu'à présent mis conjointement par l'Etat et la Région à travers les contrats de plan, désormais voués au développement durable, ce qui exclut les routes. « S'ils n'ont plus cours demain, nous devrons faire avec nos moyens, ce qui implique des choix différents de ceux qu'on peut faire dans le contexte financier actuel », note Jean-Marie Bernard. « On ne veut pas prendre un cadeau empoisonné », résume Marcel Cannat.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 07 décembre 2022

Journal du07 décembre 2022

Journal du 30 novembre 2022

Journal du30 novembre 2022

Journal du 23 novembre 2022

Journal du23 novembre 2022

Journal du 16 novembre 2022

Journal du16 novembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?