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Le chantier de confortement du pont de Sainte-Croix prolongé ?

Alpes-de-Haute-Provence Publié le - - BTP

Le chantier de confortement du pont de Sainte-Croix prolongé ?
H. Saveuse - Les élus du département sont venus se rendre compte de la complexité du chantier.

Lancé le 1er septembre dernier, le chantier de réparation et de renforcement du pont de Sainte-Croix pourrait bien se prolonger au-delà des délais prévisionnels. Pour mieux appréhender les difficultés techniques et climatiques qui pourraient retarder la livraison du chantier, une équipe d'élus du département a effectué une visite de l'ouvrage.

Soleil rasant sur les collines environnantes et fraîcheur hivernale, il est 14h30, le cortège d'élus du département des Alpes-de-Haute-Provence vient de franchir la signalisation de route barrée, pour accéder au chantier du pont de Sainte-Croix, mené par la filiale du groupe Bouygues, VSL France. Michel Ripert, chef du groupe travaux, qui sera le guide, briefe les élus avant la visite, après un point détaillé des techniciens du département en charge de l'ouvrage.

« Le pont de Sainte-Croix, qui enjambe le lac de Sainte-Croix et relie les départements des Alpes-de-Haute-Provence et du Var, est depuis près d'une quinzaine d'années sous surveillance. Sa faiblesse : une construction en béton armé précontraint très en vogue dans les années 70-80 mais dont la technique était finalement peu maîtrisée et qui laisse apparaître de nombreux désordres, avec le temps » explique le technicien.

Le béton a perdu de son volume

Et Michel Ripert de reprendre : « en ce qui concerne le pont de Sainte-Croix, le béton comprimé a perdu de son volume et les câbles se sont détendus. Ce qui est particulièrement inquiétant, c'est que si le pont venait à rompre, il céderait très rapidement. » Voilà pour le diagnostic.

« Les travaux consistent principalement à renforcer la structure du tablier en renforçant la structure longitudinale de l'ouvrage à l'aide de huit câbles de précontrainte ancrés au niveau des culées sur l'ensemble de la longueur. La structure transversale sera quant à elle renforcée par des paires de barres précontraintes. La travée centrale sera restaurée avec du tissu de fibres de carbone réparties autour du caisson. Chaque fissure sera ensuite traitée par cachetage et injection d'une résine. Parallèlement, les superstructures seront également restaurées (étanchéité de la chaussée, remplacement des trottoirs, des joints de chaussées). »

Une poussée de 2 800 tonnes

Le cortège d'élus s'avance sur le pont mais, dès les premiers mètres, une large tranchée le coupe. Michel Ripert commente et rassure :

« Bien que vous ayez la sensation que le pont ne soit plus attaché à la terre, il demeure résistant. Il s'agit là de restaurer les chambres de tirage. A titre d'information, les huit câbles, installés dans les blocs de béton, produisent une poussée de 2 800 tonnes qui comprime le pont, comme des livres compressés les uns contre les autres. »

La visite se poursuit. Vient le moment d'entrer dans le caisson. Une incursion dans les entrailles du pont. Par une petite bouche et une échelle droite, les élus volontaires se glissent un à un dans le ventre du pont.
A l'intérieur, chaque coup de marteau, chaque son est amplifié, répercuté sur les parois du caisson. Les élus avancent pas à pas au milieu de tuyaux, des outils et des instruments de mesure.

Injection de résine

La progression est rythmée par les explications détaillées du chef des travaux. L'utilisation du fissuromètre*, les contraintes climatiques, environnementales, le descriptif des différents éléments constitutifs d'un pont, jalonnent le parcours. Une leçon in situ qu'apprécient les visiteurs. A petits pas, le groupe progresse dans un conduit de plus en plus étroit pour accéder à l'extrémité du pont où les casques butent littéralement contre le plafond. Dernières explications sur l'injection de résine dans les fissures et le cortège revient à la surface.

Moins de 50 mètres plus loin, le guide propose une visite de l'échafaudage mobile suspendu au-dessus du lac pour une description de la méthode d'application des fibres de carbones sur la partie extérieur du pont.
Il est 16h30, après un grand bol d'air, suspendus à plusieurs mètres de haut au-dessus du lac, la visite s'achève.

Contraintes techniques

Aujourd'hui, les chambres de tirage ont été réalisées et 80 % des fissures ont été injectées. Pour autant, l'entreprise en charge des travaux prévient les élus que, compte tenu des difficultés techniques rencontrées et des contraintes climatiques, le chantier pourrait être livré avec un retard non négligeable. Gilbert Sauvan, président du département, précise quant à lui qu'« en tout état de cause, le chantier sera interrompu en période estivale avec un rétablissement de la circulation à deux voies » et qu'il espère que le chantier sera livré pour fin 2017.

* Instrument de mesure de l'évolution de la largeur des fissures.




Hélène Saveuse
Journaliste

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