AccueilEconomieLe Cannet des Maures : le projet de Vitipôle Rosé lancé

Le Cannet des Maures : le projet de Vitipôle Rosé lancé

La filière viticole varoise et provençale est dans les starting-blocks pour lancer le Vitipôle Rosé au Cannet des Maures, centre de recherche, d'expérimentation et de conseils du vin rosé.
Le Cannet des Maures : le projet de Vitipôle Rosé lancé
D.R. - Une préfiguration du Vitipole.

EconomieVar Publié le ,

La session d’automne de la Chambre d’agriculture du Var, que préside Alain Baccino, ne manquait pas de sujets ni de densité d’échanges le 21 novembre dernier au Château Maïme des Arcs. Figurait à l’ordre du jour la présentation du projet de construction du Vitipôle Rosé au Cannet des Maures.

Une ambition nécessaire pour la région référence mondiale du vin rosé, afin de continuer à tirer vers le haut la viticulture provençale. Le Centre de recherche et d’expérimentation sur le rosé, actuellement installé à Vidauban, est né est 1999 de la volonté d’agriculteurs visionnaires de mettre en partage le vaste champ de connaissances de chacun, de les agréger sur le plan international et de les développer via le travail de haut niveau conduit depuis le début par le directeur Gilles Masson et son équipe (6 techniciens, hors stagiaires). Porté sur les fonts baptismaux par la Chambre d’agriculture qui l’accompagne fidèlement, soutenu conjointement par un collège technique avec l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et par un collège filière (CIVP et syndicats viticoles), ce Centre unique au monde a largement contribué à la réussite du rosé.

Cela étant, le doublement de son activité en 6 ans (revers de médaille de son succès), la vétusté de ses installations (qui plus est en zone inondable), le manque de possibilités d’extension au regard des besoins, ne sont plus compatibles avec l’image et les fonctions de cet outil majeur, ont plaidé de concert sa présidente Fabienne Joly et Alain Baccino (initiateur du centre à l’époque). En outre, le risque est grand de le voir migrer vers d’autres destinations, comme Montpellier par exemple, avec de bien meilleures conditions de travail et de recherche pour le monde du rosé. Alors que le savoir international et tous les regards convergent vers la Provence des vins, avec le Var en épicentre, ne rien faire serait une erreur stratégique préjudiciable pour le secteur.

1 000 m2 de locaux

Dans ce contexte, il se trouve qu’une solution a été semée en 2013 avec l’achat d’un terrain au Cannet des Maures par la Chambre d’agriculture qui prévoyait de créer un Agropole regroupant 3 sites de ses services ainsi que d’autres organismes du secteur, dont le Centre. Un projet suspendu en raison de la ponction de l’Etat sur les fonds de roulement des Chambres au profit d’un fonds de péréquation national visant à réduire les écarts de richesses sur le territoire, touchant les réserves de la Chambre varoise dédiées à l’autofinancement de ce vaste complexe.

A défaut d’Agropole, un Vitipôle Rosé pourrait ainsi être édifié, incluant sur un peu plus de 1 000 m2 de locaux les nouvelles installations du Centre (laboratoire, cave, salle de dégustation, de réunion, vinothèque, bureaux), des personnels chercheurs et techniciens viticoles de la Chambre, une vigne expérimentale... Il s’agit aussi d’organiser la fertilisation croisée avec l’enseignement (lycée Agricampus, Université de Toulon).

Budget prévisionnel de 4,5 millions

Le projet avance, y compris sur le financement puisque le Conseil régional Paca serait partenaire à hauteur d’un quart voire d’un tiers du budget prévisionnel de 4,5 millions d’euros, à condition que le Conseil départemental du Var participe également de façon significative, de même que celui des Bouches-du-Rhône. L’Etat aussi serait impliqué, de même que les EPCI du périmètre et la Chambre d’agriculture bien évidemment. Cette dernière, en plus de l’apport du terrain, de la couverture d’un emprunt par le loyer du futur centre et du produit de cession d’actif, compte bien également sur un retour du fonds de péréquation pour ce faire (700 000 euros espérés).

Les lignes bougent sur ce dossier qui pourrait être lancé dès 2017 et finalisé l’année suivante, à la veille des 20 ans du premier Centre du rosé. Des noces de porcelaine dit-on pour un mariage, joli pied de nez (à défaut de vigne) à la fragilité actuelle des soutiens à l’agriculture…

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?