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Le canal de Saint-Tropez s'offre une pression à 14 millions d'euros

Alpes-de-Haute-Provence le - - BTP

Le canal de Saint-Tropez s'offre une pression à 14 millions d'euros
D.R. - Le barrage des Poux mis en sécurité est prévu pour résister aux séismes et aux crues déca-millénaires

Aujourd'hui, 25% de la seconde tranche des travaux de conversion des irrigations du secteur Sisteron-Valernes sont effectués. Huit millions d'euros ont d'ores et déjà été engagés dans la réalisation d'un des plus gros chantier d'aspersion du moment en région Paca.

Sur le bureau du maire de Sisteron depuis 1983, le projet, pourtant nécessaire, peine à se lancer. Pour mieux comprendre les objectifs de cet important chantier qui s’étend sur près de 800 hectares, un retour aux sources de la construction est nécessaire.

En 1774, l’évêque de Sisteron, Mgr Louis Jérôme de Suffren de Saint-Tropez, convient qu’une prise d’eau sera effectuée sur le cours d’eau du Sasse en vue d’irriguer les terres de la rive gauche de Sisteron et de la commune de Valernes. Après concertation avec la dame de Châteaufort et le seigneur de Valernes, l’ouvrage long de 14 kilomètres est réalisé. Véritable avancée pour les exploitants agricoles du XVIIIe siècle, l’ouvrage ne correspond plus, et cela depuis de nombreuses années, à l’usage contemporain et cristallise le mécontentement d’une majorité des irrigants.

Un canal obsolète, sujet de discorde

Qualifié de « déficitaire quantitativement » par l’Agence de l’eau en 2012, le canal de Saint-Tropez, qui prélevait près de 7 millions de m3/an dans le petit cours d’eau du Sasse (régime pluviale), était au cœur des préoccupations des exploitants agricoles du secteur de Sisteron mais également des particuliers. Au total, il dessert 630 irrigants dont 30 exploitants agricoles. Manque d’eau, barrage aux migrations piscicoles et aux écoulements sédimentaires, ce dernier tombait sous le coup de l’article 214-6 du Code de l’environnement et de la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 (Lema) prévoyant une gestion durable et équilibrée de la ressource en eau notamment.

Désormais, la prise d’eau s’effectuera dans la Durance, au lieu dit des Préyaous, et devrait diviser par 4 la consommation d’eau, passant de 7 millions de m3/an à un maximum de 2 millions de m3/an. « L’ancien canal gravitaire consommait énormément d’eau. Avec les travaux, l’eau prélevée sera consommée par les irrigants et ne se perdra plus » assure Vincent de Truchis, directeur de l’Association syndicale autorisée (ASA) du canal de Ventavon Saint-Tropez, également directeur du canal de Gap.

En pratique

Lancés en janvier 2015, les travaux de conversion des irrigations sur le secteur Sisteron-Valernes devrait coûter 14 M€ TTC et seront financés à  45% par l’Agence de l’eau, à 35% par l’Europe et la Région, et à 20% par l’ASA du canal de Ventavon Saint-Tropez. Pour mener à bien ces travaux et assurer la viabilité financière du projet, les ASA de Ventavon et de Saint-Tropez ont dû fusionner en juillet 2014.

En pratique, plus de 60 km de canalisation vont être posées sur près de 800 hectares permettant d’alimenter 350 hectares agricoles. A ce jour, la station de pompage a été créée et alimente une partie de irrigants de Sisteron. Le barrage des Poux, construit préalablement et succinctement par un exploitant, a été renforcé et mis en sécurité  pour un montant de 480.000 €. Ce dernier, d’une capacité de 38.000 m3, récupérera les eaux non utilisées par les exploitants et servira de réserve en cas de pénurie d’eau.

La seconde tranche des travaux, déjà avancée, alimentera la deuxième partie de la rive gauche de Sisteron et de la commune de Valernes. Le terme du chantier est prévu pour juin 2016 et aura permis à une vingtaine d’entreprises du BTP de travailler dont 7 d’entre elles, particulièrement impactées par la crise, qui auront pu maintenir l’intégralité de leurs salariés.

« La commune de Sisteron a également récupéré par convention les canaux d’arrosage qui seront désormais utilisés pour l’eau pluviale. Si nous avions dû les construire, ce sont quelque 3 Md€ qu’il nous aurait fallu débourser » précise Daniel Spagnou, à l’initiative du projet au côté de Christian Gallo, ancien président de l’ASA du canal de Saint-Tropez, devenu vice-président à l’issue de la fusion avec l’ASA de Ventavon.

Si les élus sont satisfaits par ce chantier, la grogne des usagers n’a pas cessé, malgré une enquête publique favorable et une déclaration d’utilité publique. Celle-ci s’est déplacée et les débats, centrés sur l’utilisation de la ressources en eau avant les travaux, se concentrent désormais sur une taxe fixe d’un montant de 70 €/hectare plus un surplus éventuel de 70 € pour un consommateur moyen, une taxe à laquelle les irrigants n’étaient pas soumis auparavant.

Néanmoins, la ressource en eau sera dorénavant repartie de façon équilibrée sur l’ensemble du réseau et cela n’étaient pas le cas auparavant selon les Sisteronnais qui se trouvaient en bout de réseau.

L'intégralité de l'article est à lire dans le numéro 1095 de TPBM (parution le 16.09.2015)

Pour aller plus loin : 




Hélène Saveuse
Journaliste

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