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Le Canal de Provence signe son contrat d'objectifs 2016-2020

Bouches-du-Rhône Publié le - - Territoires

Le Canal de Provence signe son contrat d'objectifs 2016-2020
W. Allaire - Une vue du prototype « Canalsol » à Grans

La Société du Canal de Provence a signé, ce 15 octobre, son contrat d'objectifs 2016-2020. Une feuille de route qui prévoit près de 30 millions d'investissements annuels dans la rénovation de son réseau hydraulique désormais dans le giron de la région Paca.

Quatre ans après le précédent contrat, le président de la région Paca Michel Vauzelle était, ce 15 octobre, au Tholonet (13) pour parapher le nouveau contrat d’objectifs de la société du Canal de Provence (SCP), aux côtés de Bruno Vergobbi, le directeur général de la SCP. En présence de l’ensemble des actionnaires, le chef de l’exécutif régional qui préside la SCP depuis plus d’une décennie a vanté « la culture du consensus » qui prévaut dans la gestion de cet outil « au service de la sécurisation de l’alimentation en eau pour tous les usages, à la fois urbains, industriels et agricoles... »

Couvrant la période 2016-2020, cette feuille de route trace la programmation des besoins en matière d’investissements de la SCP. Conforme aux orientations définies par les grands documents planificateurs de la région (Sourse, Sradt, SRDE*...), ce contrat  prend en compte les modifications du paysage institutionnel, notamment le nouveau périmètre de la concession régionale qui intègre dorénavant une partie du département de Vaucluse, la Vallée du Calavon et du Sud Luberon ainsi que l’entrée en scène de la métropole Aix-Marseille-Provence. « L’arrivée de la métropole imposera probablement la mise en place d’avenants au contrat », prévoit Michel Vauzelle. Une évolution qui inquiète l'élu :

« Il ne faudrait pas que la région devienne la pourvoyeuse de moyens de la métropole marseillaise au détriment des autres territoires ».

30 M€ par an pour la rénovation du réseau

La feuille de route 2016-2020 contient évidemment des éléments sonnants et trébuchants avec le détail des investissements :

« Le contrat fixe l’effort de rénovation des ouvrages qui devra être réalisé par la SCP sur les recettes de la concession : 27 millions d’euros par an jusqu’en 2017 et 30 millions par an à partir de 2018 ».

Le Vaucluse bénéficie d’un traitement spécifique du fait de la fusion des concessions régionale et départementale. Ce programme décliné sur une décennie représente un investissement global de 40 millions d’euros. « Au total, nous serons sur un rythme d’investissement annuel de plus de 30 millions d’euros », un montant qui fait de la société « l’un des principaux donneurs d’ordre de la région », souligne Michel Vauzelle.

Dans les Bouches-du-Rhône, l’un des gros chantiers portera sur la rénovation du barrage de Bimont, près d’Aix-en-Provence. Haut de 87,50 mètres, long de 180 mètres en crête, cet ouvrage a été construit par le département des Bouches-du-Rhône dans l’immédiat après guerre (de 1946 à 1952) avec notamment les crédits du plan Marshall. Depuis le début des années 70, le barrage sert de réserve de stockage et de régulation à la SCP (capacité variant de 11 à 14 millions de m3, soit la consommation annuelle de la ville d’Aix). La société compte investir une vingtaine de millions d’euros dans sa cure de jouvence qui s’étalera sur quatre ans, à partir de 2016.

Canalsol : quand l’électricité marche sur l’eau...

En marge de la maintenance de son réseau (cf. ci-dessous), la SCP est également mobilisée dans la conduite de projets innovants. Le plus spectaculaire a pour cadre Rians, dans l’arrière pays varois. En collaboration avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), la société teste depuis un an « Canalsol », un dispositif de production d’énergie solaire installé directement au-dessus d’une portion du canal qui part vers la région aixoise. Depuis l’automne 2014, un prototype composé de 132 panneaux photovoltaïques produit de l’électricité. L’expérimentation vise à déterminer si le refroidissement des panneaux améliore leur rendement. En cas de succès, ce serait une petite révolution dans le monde rural :

« Avec ce type d’équipement, il serait inutile de consommer du foncier agricole pour déployer des centrales solaires, les gestionnaires de canaux mettant à disposition leur foncier », annonce Bruno Vergobbi.

La production d’énergie extrapolée sur un kilomètre linéaire de canaux couverts de panneaux photovoltaïques serait d’1,8 GWh par an. Dans l’Hexagone, la vente d’électricité ainsi produite représente un gisement de 130.000 euros par kilomètre équipé. Des solutions de tracking (adaptation à la course du soleil) et des panneaux solaires souples, également testés à Rians, pourraient optimiser le rendement de ce démonstrateur.

* Sourse : Schéma d'Orientation pour une Utilisation Raisonnée et Solidaire de la Ressource en Eau
Sradt : Schéma régional d'aménagement et de développement du territoire
SRDE : Schéma régional de développement économique




William Allaire
Journaliste

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