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Le BTP s'attend à des vents moins porteurs

Alpes-Maritimes Publié le - - BTP

Le BTP s'attend à des vents moins porteurs
R. Mario - L'équipe de la FBTP 06 (de g. à d.) : Lionel Dolciani, président de la section métallerie miroiterie, Laure Carladous, président de la FBTP 06, Pierre Mario, vice-président en charge des travaux publics.

L'année 2020 sera moins dynamique pour le secteur. La profession veut en profiter pour s'attaquer à des dossiers majeurs : les prix bas, la question des déchets, les mutations technologiques.

Après deux exercices très favorables (2018 et 2019) qui ont permis de créer 700 emplois dans le département, le BTP dans les Alpes-Maritimes s'attend à un tassement d'activité en 2020. Mais celui-ci ne devrait pas prendre pas la forme d'un coup de frein brutal même si les prochaines élections vont inévitablement peser sur la situation du secteur. « Nous sortons d'une période de forte activité qui a profité tant au bâtiment qu'aux travaux publics. La baisse actuellement observée des autorisations de construire pour les logements neufs et le non résidentiel aura automatiquement un impact sur les carnets de commandes des entreprises », confirme Laure Carladous, présidente de la Fédération du BTP des Alpes-Maritimes.

Malgré ce ralentissement prévu, le secteur devrait continuer à bénéficier de la dynamique des années passées : la production de logement va rester favorisée par des taux d'intérêt très bas, celle de locaux non-résidentiel devrait se maintenir à un niveau élevé, l'entretien-rénovation, grâce au dynamisme des ventes de logements anciens, devrait également rester stable.

Des prix trop bas

Moins que le niveau d'activité, ce sont les contraintes et les tensions récurrentes pesant sur les entreprises du département qui alertent la profession. « La persistance des prix bas dans le BTP dégrade la santé des entreprises. Avec des marges moyennes qui n'excèdent pas 1 à 1,5%, la question de la pérennité de nos structures est posée », assure Laure Carladous. Le haut niveau d'activité dans le département a en effet provoqué un afflux sans précédent d'entreprises extérieures, françaises et étrangères. Et fatalement le phénomène s'est accompagné d'une montée de la concurrence déloyale. Les professionnels pointent l'augmentation du détachement de salariés qui peut générer du travail dissimulé. « En un an, le nombre de cartes BTP délivrées au titre du détachement, 4405 cartes, ont plus que doublé dans le département. Nous demandons plus de contrôles aux pouvoirs publics sur les chantiers » affirme Lionel Dolciani, président de la section métallerie miroiterie de la FBTP 06.


Pour aller plus loin : Carte du BTP : un atout majeur pour la profession


Les offres anormalement bases, émanant d'entreprises fragilisées ou peu scrupuleuses sur le traitement des déchets par exemple, de sociétés cherchant à s'implanter dans le département en travaillant à perte, sont aussi un facteur de distorsion de concurrence. La difficulté est que le choix du moins-disant reste très largement dominant dans les passation de marchés. Et ces situations sont d'autant plus pénalisantes que les entreprises s'attendent à de nouvelles augmentations de leurs coûts (salaires, matériaux, gazole non routier, etc.).

Trouver des solutions pour les déchets

Autre point dur auquel est confronté le secteur : la question des déchets. « Nous devons trouver dans le département des terrains pour stocker nos déchets non dangereux sans quoi nous ne sortirons pas de l'impasse actuelle », martèle Laure Carladous. « L'exportation » vers des sites éloignés à partir des Alpes-Maritimes - qui ne disposent pas d'installations de stockage - n'est en effet plus viable, compte tenu des limitation de quotas autorisés annuellement dans les sites pouvant accueillir ces déchets. Et pour ne rien arranger, la profession doit se préparer à la mise en place d'une filière REP (Responsabilité élargie du producteur) pour le bâtiment ; les producteurs et les distributeurs de matériaux prenant en charge la reprise des déchets.


A relire : Nouvelle crise des déchets de chantier dans le Var et les Alpes-Maritimes


La crainte du BTP est que la nouvelle taxe servant à financer ce dispositif engendre une nouvelle hausse des coûts pour les entreprises.

Malgré tout, la profession prépare l'avenir. « La période actuelle doit nous permettre de mieux prendre en compte nos mutations : le déploiement des nouvelles technologies et la mise en place du BIM, l'organisation de nos entreprises et les attentes des nouvelles générations, la formation et l'apprentissage », affirme Laure Carladous. La capacité, pour les travaux publics notamment, à répondre aux attentes de la société face aux défis environnementaux, sera également un facteur clé de l'évolution de cette profession.




Rémy Mario
Journaliste

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