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Laure-Agnès Caradec :"Le PLUi propose d'harmoniser et de simplifier les règles en vigueur"

Bouches-du-Rhône Publié le - - Territoires

Laure-Agnès Caradec :"Le PLUi propose d'harmoniser et de simplifier les règles en vigueur"
K. Latour - Laure-Agnès Caradec détaille les grands axes du PLUi Marseille-Provence.

L'enquête publique sur le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du territoire Marseille-Provence (CTMP) a démarré. Jusqu'au 4 mars, les habitants des 18 communes de l'ancienne communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole sont invités à donner leur avis sur ce document stratégique. Laure-Agnès Caradec, adjointe à l'urbanisme de la ville de Marseille et vice-présidente déléguée à l'urbanisme du CTMP en présente les grands axes.

TPBM : Passer du PLU au PLUi, c'est une petite révolution culturelle pour les maires... ?
Laure-Agnès Caradec :
Ce n'est pas le big bang pour les élus du territoire Marseille-Provence. Depuis l'an 2000, ces derniers étaient habitués à gérer l'urbanisme à l'échelle de l'ex communauté urbaine qui en avait récupéré la compétence. La culture de la réflexion collective à grande échelle était établie.

La démarche de co-construction a démarré en 2015. Je me suis astreinte à une réunion mensuelle durant toute la période préparatoire. Les maires des 17 communes hors Marseille ont été étroitement associés à l'élaboration du document. Au total, avec Jean Montagnac [le président du conseil de territoire Marseille-Provence, NDLR] nous avons tenu 32 réunions en amont du vote du projet de PLUi en juin 2018. Cette association des élus était indispensable car on fait le grand écart en disant que les mêmes règles vont s'appliquer à Marseille et au Rove.

Marseille-Provence est précurseur en matière de PLUi. Où en sont les autres territoires de la Métropole dans leur démarche ?
Marseille-Provence ouvre la voie aux autres territoires. Le pays d'Aix a lancé l'élaboration de son PLUi l'an dernier. Le pays d'Aubagne va se lancer. L'expérience du CTMP va servir : le travail que nous avons par exemple réalisé sur les 250 planches graphiques sera certainement très utile aux autres. La méthode suivie également.

Quelle est la philosophie du document ?
Le PLUi propose d'harmoniser et de simplifier les règles en vigueur : de 450 zones recensées dans les plans d'occupation des sols et les PLU on passe à près de 150 avec le PLUi. D'une manière générale, l'objectif est de privilégier le projet à la règle. A travers les planches graphiques, on adapte les zonages au contexte urbain en terme de voirie, de paysage, d'équipements... Cette souplesse permet d'anticiper le positionnement des zones à urbaniser et d'ajuster les différentes règles - prospect, servitudes de hauteur, linéaires commerciaux... - au contexte local. Marseille est tellement atypique dans sa forme urbaine : vous avez du petit pavillonnaire et des grands ensembles, du très contemporain et du très ancien... La souplesse permet d'introduire de la transition entre ces différents secteurs.


Lire aussi : Marseille-Provence : le PLUI soumis à enquête publique du 14 janvier au 4 mars


Le PLUi recense par ailleurs 60 orientations d'aménagement et de programmation (OAP) avec notamment une OAP « qualité d'aménagement et formes urbaines », sorte de vadémécum illustré qui entend promouvoir la qualité architecturale et l'insertion des projets dans le tissu via des exemples de bonnes pratiques. L'ambition est de mettre de la cohérence sans verser dans la monotonie, à travers par exemple la création de volumes décalés en front bâti. On fait le pari de l'intelligence plutôt que de la règle bête et bornée.

L'enquête publique s'ouvre dans un climat compliqué pour Marseille. Ne craignez-vous pas que le drame de la rue d'Aubagne irrigue les débats ?
On attend plus de 6 000 requêtes. On sait qu'il y aura beaucoup de remarques sur le centre-ville de Marseille. Nous nous sommes préparés à répondre à ces sollicitations.

Dans un rapport rendu le 25 octobre 2018, la mission régionale d'autorité environnementale de Provence-Alpes-Côte d'Azur (MRAE Paca) a émis un avis relativement critique à l'égard du PLUi, exprimant une trentaine de recommandations. En avez-vous tenu compte ?
Nous avons répondu à la MRAE dans un mémoire d'une vingtaine de pages qui est annexé au document soumis à enquête publique. Je ne vais pas détailler le fond des réponses. Je veux simplement rappeler quelques fondamentaux : l'évaluation environnementale du PLUi ne remplace pas l'étude d'impact des projets permis dans le plan local d'urbanisme. Ceux-ci devront donc se soumettre aux règles du code de l'environnement qui les concernent, en fonction de leurs caractéristiques. Ainsi, des analyses plus précises seront obligatoirement réalisées dans le cadre de ces futures études d'impacts, une fois les projets connus avec plus de précisions.

En matière de desserte en transports collectifs, je rappelle que le rôle du PLUi n'est pas de se substituer à celui du futur plan de déplacements urbains métropolitains (PDU), ce dernier étant l'outil légitime de planification de la mobilité à l'échelle du territoire. C'est au PDU qu'il appartiendra de définir les principes d'organisation du transport et du stationnement des personnes et des marchandises, tous modes confondus.

En matière d'habitat, l'Etat vous demande d'être très prescriptif, notamment pour les emplacements réservés au logement social.
Le préfet nous demande effectivement d'être le plus précis possible en matière de logement social. Nous allons tenir compte de cette exigence. Mais là encore, je précise que ce n'est pas le PLUi qui donne les clefs, mais le futur programme local de l'habitat métropolitain (PLH) dont nous avons engagé l'élaboration.




William Allaire
Journaliste

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