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LafargeHolcim veut cimenter un avenir durable à Bouc-Bel-Air

Entre ses investissements pour réduire ses émissions dans l'air et la campagne de mesures confiée à Atmosud, la cimenterie de La Malle souhaite montrer sa démarche de progrès… et sa bonne foi.
LafargeHolcim veut cimenter un avenir durable à Bouc-Bel-Air
J.-C. Barla - Depuis 1958 au coeur d'un espace qui ne cesse d'évoluer, la cimenterie s'emploie à diminuer ses rejets dans l'atmosphère.

EconomieBouches-du-Rhône Publié le ,

Pointée par ses riverains pour les odeurs qu'elle émane dans son environnement immédiat, la cimenterie LafargeHolcim de la Malle à Bouc-Bel-Air va engager un important programme de travaux jusqu'en 2023 afin de restaurer la confiance avec son voisinage. L'unité, créée en 1958, a passé commande d'un filtre à manche « dernière génération » pour son deuxième four qui doit contribuer à faire chuter ses émissions de dioxyde de soufre, à l'origine des nuisances olfactives, de 900 mg/m3 (un taux autorisé par dérogation préfectorale) à 400 mg/m3 en 2022 (taux limite fixé par l'Union Européenne) et à diminuer les échappements de poussières. Son installation, aboutissement de plus de deux ans d'études, se déroulera en octobre 2021 avec l'entreprise Boldrocchi. L'investissement représente 4,5 millions d'euros sur un projet global de 6,2 millions d'euros cette année. « En janvier 2022, nous disposerons de la meilleure technologie disponible de filtration des rejets des fours cimentiers avec cet équipement haut comme un immeuble de cinq étages, assure le directeur, Pascal Baudoin. Nous prévoyons des investissements similaires en 2022 et 2023. »

Autre initiative destinée à diminuer les entrées de soufre dans le four et atténuer les impacts extérieurs : le développement de synergies avec Lafarge Granulats et ses carrières de l'Estaque à Marseille et de Bellegarde dans le Gard ainsi que l'utilisation de combustibles moins soufrés ou encore l'injection de chaux dans le premier four. S'il admet la « gêne olfactive », Pascal Baudoin affirme que trois études ont été réalisées par le passé et qu'aucune n'a conclu à des conséquences sur la santé. Néanmoins, dans l'objectif de rassurer la population et les élus, le dirigeant annonce le lancement en mai d'une campagne de mesures par l'association indépendante de surveillance de la qualité de l'air, Atmosud. Cinq stations de suivi cibleront les communes qui entourent la cimenterie. « Nous serons transparents sur l'accès aux résultats de ces mesures », indique-t-il, en relevant que cette campagne coûte 180 000 euros.

Un site « stratégique » pour le groupe

Les efforts engagés ne concernent pas que les résidents des territoires environnants mais aussi plus largement les clients de la construction, répartis sur l'aire métropolitaine d'Aix-Marseille et le Var. « L'usine a toujours évolué avec son marché, sa gamme de ciments est 100 % bas carbone » sur une production annuelle de l'ordre de 500 000 tonnes. « Très en avance sur le sujet, l'usine est une tête de pont du dispositif industriel de LafargeHolcim en France », ajoute le directeur de la communication et des affaires publiques du groupe, Loïc Leuliette. C'est en fabriquant son clinker et ses ciments grâce à l'utilisation dans ses process et ses fours thermiques d'une multitude de matériaux issus de l'économie circulaire (fines de bois, pneus, eaux polluées, laitiers de hauts fourneaux…) au lieu d'énergies fossiles qu'elle parvient à atteindre cette performance.

Un verdissement de la flotte de transport est également en vue avec l'inauguration envisagée en octobre 2021 d'une station d'approvisionnement au gaz naturel comprimé. « A terme, nous en aurons une aussi pour délivrer de l'hydrogène », glisse Pascal Baudoin. Aujourd'hui, l'unité emploie 145 personnes entre salariés et sous-traitants permanents. En 2022, elle devrait récupérer l'activité de fabrication de la cimenterie de Contes, dans les Alpes-Maritimes, appelée à s'arrêter (les modalités sont en cours de négociation). Sa production annuelle devrait alors monter jusqu'à 750 000 à 770 000 tonnes.

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