AccueilEconomieLa Société du canal de Provence va doubler ses investissements en 2023

La Société du canal de Provence va doubler ses investissements en 2023

En 2023, la Société du canal de Provence (SCP) va investir 80 millions d’euros dans les travaux de modernisation et de développement du réseau hydraulique inscrit dans la concession régionale.
Le canal de Provence à Rians.
W. Allaire - Le canal de Provence à Rians.

Economie Publié le ,

80 millions d’euros : c’est le montant record des investissements programmés en 2023 par la Société du canal de Provence (SCP). Le chiffre adopté lors du conseil d’administration du 12 décembre marque un doublement de l’engagement par rapport à 2022. Il est en ligne avec le contrat d’objectifs paraphé avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur fin 2020 qui prévoit un investissement de 400 millions d’euros d’ici 2027 pour la sécurisation en eau brute de l’ensemble des territoires régionaux.

La Société du canal de Provence adapte son modèle au réchauffement climatique

Près des deux-tiers de cette dépense sera injecté dans le déploiement de nouveaux réseaux (45 M€), le solde (35 M€) étant consacré aux travaux de rénovation des infrastructures hydrauliques.

Cette montée en puissance répond aux nouveaux enjeux de gestion de la ressource hydraulique à l’aune du changement climatique. « La sécheresse vécue en 2022 nous le rappelle : les besoins de sécurisation de l’alimentation sont forts. Il nous faut rendre la ressource en eau la plus efficiente possible pour la préserver », explique Benoît Moreau, directeur du développement de la SCP. D’ici 2050, les prévisions des scientifiques tablent sur une baisse de 20 % de la ressource en eau. Une chute qui contraste avec l’envolée des besoins de + 20 % sur la même période.

« On anticipe pour ne pas avoir à subir de rupture d’alimentation à long terme », prévient l’ingénieur.

Renforcer l’alimentation de la Côte Bleue

La SCP déploie donc de multiples projets de modernisation et de développement du réseau. Dans les Bouches-du-Rhône, elle lancera cette année les travaux de doublement de l’adduction de la Côte Bleue. « Il s’agit de renforcer l’adduction existante qui date des années 1960 pour augmenter la capacité de transfert vers la rive occidentale de l’étang de Berre », explique Benoît Moreau. Le projet prévoit l’installation d’une nouvelle canalisation de 10 km de long à partir de Martigues. « En 2023, on investit 1,5 million d’euros pour réaliser le premier tronçon de cette infrastructure sur environ 900 mètres de long », ajoute le directeur du développement. Cet ouvrage servira aux différents usages de ce bassin de vie qui mêle agriculture, industrie et pôles urbains. « La desserte en eau brute est cruciale pour l’agriculture et la sécurité incendie des sites industriels classés Seveso. Et les usages domestiques requièrent un renforcement de l’alimentation en eau potable », précise l’ingénieur.

Dans le nord des Bouches-du-Rhône, la SCP poursuit le bouclage de l’alimentation hydraulique autour de Cadarache. « Il existe la boucle au sud de Vinon-sur-Verdon qui répond aux besoins en eaux brute et potable du CEA et d’Iter. On doit achever la boucle nord avec une adduction de 4 km qui doit permettre à terme d’alimenter le Vaucluse, outre Durance », indique Benoît Moreau. Lancé en 2022, le chantier dont le devis se monte à 3 millions d’euros devrait s’achever cette année.

Nouvelle adduction à l’ouest de Toulon

Dans le Var, la société s’apprête à engager des grands travaux à l’ouest de Toulon. « Le projet de 6 millions d’euros mené en partenariat avec la communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume vise à créer une nouvelle branche d’adduction sur la bande littorale, entre Signes, Bandol, Sanary, Saint-Cyr-sur-Mer et Le Beausset. Cette nouvelle infrastructure amènera l’eau de la principale usine de potabilisation du département », indique Benoît Moreau.

Plus au nord, la SCP vient de lancer les travaux d’aménagement hydraulique de la plaine de Cuers/Pierrefeu-du-Var (500 ha). Ce chantier d’irrigation dont le devis se monte à 4 millions d’euros devrait durer jusqu’au début de l’année 2024.

La société travaille également au renforcement d’infrastructures nécessaires à la poursuite des extensions de réseaux dans le Var. A cette aune, elle investira 3,5 millions d’euros dans la réalisation d’un gros surpresseur sur le site de Tombarel, à Brignoles. Avec le futur surpresseur de Tourves, cet ouvrage permettra de booster la capacité de transfert de l’adduction le long de la liaison Verdon/Saint-Cassien afin d’équiper de nouveaux périmètres agricoles dans le centre Var.

Paca : quatre centrales solaires au-dessus du canal de Provence

Autre projet phare dans le Haut Var : la rénovation du souterrain de l'ancien canal du Verdon. Un chantier dont le devis est estimé à 3,4 millions d'euros. « On prévoit de remettre en eau cet ouvrage de 4,1 km de long pour en faire une desserte de sécurisation de l'alimentation en eau de cette zone rurale », précise Benoît Moreau. Par ailleurs, d'autres travaux complètent cette sécurisation avec l'installation de systèmes de pompage inverse permettant, si nécessaire, de remonter la ressource en eau de la réserve de Bimont vers les ouvrages varois.

Etirer le réseau vers le Luberon

Dans le Vaucluse, deux projets verront la lumière en 2022 : les extensions de réseaux sur le secteur de Mirabeau (900 ha pour un coût de 5 M€) et d’Ansouis-Pertuis (200 ha pour un coût de 2 M€). Et d’autres dossiers similaires sont dans les tuyaux notamment l’aménagement d’une adduction en eau brute vers le secteur d’Oppède-Maubec.

Grandes manœuvres sur le plateau de Valensole

Sur le plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la SCP est à pied d’œuvre depuis un an. Le projet dont le coût est estimé à 60 millions d’euros doit permettre de multiplier quasiment par trois la surface irriguée au sud du plateau : de 3 200 ha aujourd’hui à 8 800 ha demain.

Cette année, la société va engager 1,7 million dans la deuxième phase du chantier de renforcement de l’adduction qui dessert le plateau depuis la station de pompage de Pradelles : les travaux pilotés par le groupement SADE-Guiramand vont porter sur l’installation d’une adduction de quelque 5 km entre Roumoules et Riez.

Dans le secteur de Sisteron, la SCP va investir 1,6 million dans les travaux visant à étendre le réseau du Thor, afin d’assurer l’irrigation de terres agricoles par l’eau de la Durance jusqu’à la commune de Noyers-sur-Jabron. « On ira chercher l’eau du canal EDF de la Durance pour l’amener dans cette zone qui souffre d’un déficit d’alimentation hydraulique », détaille l’ingénieur. L’aménagement (réservoir + adduction) développé avec le soutien de l’Agence de l’eau permettra d’irriguer près de 300 hectares de terres agricoles.

La centrale solaire du Vallon Dol attend sa DUP

La SCP pousse par ailleurs les feux sur le photovoltaïque. Après l’enquête publique qui s’est déroulée du 24 octobre au 24 novembre 2022, la société espère obtenir la déclaration d’utilité publique (DUP) pour installer une centrale solaire flottante sur le plan d’eau de la réserve du Vallon Dol (16 ha), au dessus de Marseille. Ce projet mené en partenariat avec EDF Renouvelables a reçu le feu vert de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en 2020. « Il consiste à mettre en place une installation flottante de panneaux couvrant 10 à 12 hectares du plan d’eau pour une puissance de 12 MWc », détaille Benoît Moreau.

Ce projet dont le coût est estimé à une dizaine de millions d’euros permettra de produire autant d’électricité que la dizaine de microcentrales hydroélectriques exploitées par la société.

Fabienne Joly, nouvelle présidente de la Société du Canal de Provence

Un bouclier tarifaire à 5 M€ pour limiter la hausse des coûts de pompage

La flambée des coûts de l’énergie impacte le prix de l’eau. Le 12 décembre, le conseil d’administration de la SCP a décidé la mise en place d’un bouclier tarifaire pour neutraliser l’effet de l’augmentation du coût du pompage sur le volet énergie des factures d’eau. Cette mesure votée à la demande de la Région Paca, concédante de la société, vient atténuer l’effet inflationniste du mode de calcul du prix de l’eau pour une partie des clients de la SCP. Dans le cadre de la concession régionale du canal de Provence, la stricte application des conditions générales du service de l’eau impose en effet de répercuter intégralement la hausse du prix de l’électricité sur les tarifs de l'eau pour les clients nécessitant une alimentation par pompage. Une indexation qui aurait pour conséquence une augmentation moyenne des factures de plus de 20 %, voire supérieure à 50 % pour les clients des territoires des Alpes et de Vaucluse situés à des altitudes plus élevées.

La SCP a donc décidé de mettre en place un bouclier tarifaire pour les quelque 22 000 clients des territoires dont la desserte dépend des stations de pompage. Un amortisseur dont le coût est estimé à 5 millions d’euros.

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