AccueilBTPLa restauration de l'aqueduc de Roquefavour, un chantier d'exception

La restauration de l'aqueduc de Roquefavour, un chantier d'exception

Construit de 1841 à 1847, l'aqueduc de Roquefavour, situé sur les communes de Ventabren et d'Aix-en-Provence, est un remarquable ouvrage d'art qui permet toujours d'acheminer l'eau de la Durance jusqu'à Marseille. Sa restauration d'envergure, entreprise par la Métropole Aix-Marseille-Provence, a débuté le 1er septembre 2020 et doit durer jusqu'à fin janvier 2024.
La restauration de l'aqueduc de Roquefavour, un chantier d'exception

BTPBouches-du-Rhône Publié le ,

L'aqueduc de Roquefavour, situé à cheval sur les communes d'Aix-en-Provence et de Ventabren, ne passe pas inaperçu lorsque l'on s'y attarde. Cet édifice, réalisé il y a 170 ans et classé au patrimoine des monuments historiques depuis 2005, est un véritable joyau architectural aux dimensions impressionnantes : 83 mètres de hauteur (et même 12 sous terre), 375 mètres de long... ce géant est le plus grand aqueduc en pierre du monde (deux fois le Pont du Gard). Il fait aujourd'hui l'objet d'un chantier exceptionnel mené par la Métropole Aix-Marseille-Provence, propriétaire de l'édifice, dans le but de stopper sa dégradation naturelle et de le sécuriser.

« C'est en 2007, à la suite de chutes de pierres signalées par la SNCF qui a une ligne de fret pour le transport de la bauxite à proximité, que la Métropole a inscrit ce projet dans le cadre du schéma directeur du patrimoine à entretenir et, de facto, dans le programme pluriannuel d'investissement », indique Laurent Deloince, chargé des opérations à la direction de l'eau, de l'assainissement et du pluvial de la Métropole. Des travaux d'urgence ont commencé en 2008. Des cordistes ont alors effectué des opérations de purge au niveau des arches qui enjambent la voie SNCF et la RD 65. La Métropole a ensuite enclenché les études préalables et s'est dotée d'un maître d'œuvre. Une consultation a été effectuée en 2014 et c'est François Botton, architecte en chef des monuments historiques, qui a été choisi pour suivre cette opération.

Construit en 1841 par l'ingénieur Franz-Mayor de Montrichier grâce au travail de 1 600 ouvriers et 300 tailleurs de pierre, et près de 5 000 ouvriers sur l'ensemble du parcours, l'aqueduc de Roquefavour permet d'acheminer l'eau de la Durance jusqu'à Marseille et 36 communes voisines, via le canal de Marseille. (Crédit : Métropole Aix-Marseille-Provence)

Quarante-quatre mois de travaux

Ce chantier, qui s'effectue sans pour autant interrompre l'activité de l'aqueduc exploité par la Société des eaux de Marseille, a débuté en septembre et va durer près de quatre ans. Ces travaux de restauration consistent à mettre fin aux désordres qui affectent la structure de l'édifice, d'arrêter la dégradation naturelle de ses pierres ou encore de protéger ses tabliers des eaux de ruissellement.

Trois lots ont été constitués, le premier portant sur l'échafaudage, la base de vie et la maçonnerie, le second sur les travaux d'étanchéité et le troisième sur la zinguerie. Le premier lot a été attribué à Girard, mandataire du groupement comprenant Vivian, Compagnons de Castellane pour le travail des pierres et la société COMI Service (groupe Altrade) pour l'échafaudage. « C'est de loin le lot le plus important avec 12,1 M€ HT », précise Laurent Deloince. Le second lot portant sur les travaux d'étanchéité a été attribué au groupement NGE et EGC Galopin. Enfin, le troisième lot a été attribué à la société Bourgeois.

Pour ce projet à 18,2 M€ HT, la Métropole participe à hauteur de 80 % via le Conseil de territoire Marseille Provence (16,3M €HT) qui détient la propriété, le financement et la gestion de cet équipement. La Direction régionale des affaires culturelles (Drac), au titre de l'Etat, apporte une subvention de 1,8 M€ et l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse un prêt à taux zéro de 6,7 M€. Dans le cadre du plan de relance, l'Etat verse aussi une aide de 2,1 M€.

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