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La réforme de la fonction publique territoriale en débat à Toulon

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La réforme de la fonction publique territoriale en débat à Toulon
O. Réal. - La rencontre a eu lieu le 11 octobre au Palais Neptune, à Toulon.

Quinze jours avant l'annonce par le Premier ministre du projet de loi visant à réformer en profondeur la fonction publique, la Rencontre régionale du management territorial organisée à Toulon, a abordé le sujet avec Philippe Laurent, le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale.

Quel avenir pour la fonction publique territoriale ? Alors que le gouvernement envisage de réformer en profondeur les services publics, cette question était posée à Toulon, le 11 octobre à l'occasion de la deuxième Rencontre régionale du management territorial. L'événement était organisé par l'AITF Provence (Association des ingénieurs territoriaux de France), l'AATF (Association des techniciens territoriaux de France) et le CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale).

Patrick Berger, président de l'AITF, directeur de la direction paysage et biodiversité à la ville de Montpellier (Hérault), s'est demandé d'emblée, comme pour mieux affirmer l'inquiétude, si « avec la fin du statut, ce n'est pas la fin des règles qui est souhaitée ? ». Olivier Ducrocq, directeur général des services (DGS) du Centre de gestion du Rhône et de la métropole de Lyon, a enchaîné pour sa part sur une autre forme de danger, rebondissant sur la pyramide des âges évoquée par Philippe Laurent, le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) : « 30 % des fonctionnaires territoriaux seront en retraite d'ici 2030. Si on ne remplace qu'un poste sur deux, on ne trouvera plus à l'avenir les compétences nécessaires chez les fonctionnaires. Il faut donc débaucher dans le privé et le faire savoir… »

Poursuivant le tour de table, Jean-Charles Manrique, président de l'association Dirigeants grandes collectivités et DGS du département d'Eure-et-Loir, n'y est pas allé par quatre chemins : « 2022 est une œuvre technocratique de retour en arrière ! ». Pas très éloigné dans son propos, Jean-René Moreau, président de l'Observatoire social territorial de la MNT (Mutuelle nationale territoriale), expert auprès de la Commission européenne, a estimé que « l'on cherche à appliquer une réforme de la territoriale que l'Etat ne veut pas se faire lui-même, ou alors par l'extérieur, par la périphérie ». Une domination culturelle de la haute fonction publique d'Etat qui « est une conviction, pas un mauvais esprit », selon Philippe Laurent.

Une base peu représentée dans les débats

Se revendiquant avec humour de la « haute fonction publique territoriale des communes de moins de 5 000 habitants », Marie-Mathilde Moenard, DGS de Jouques, vice-présidente de la section Bouches-du-Rhône du SNDGCT (Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales), a rappelé la réalité de la ruralité, les mains dans le cambouis pour le bien commun (ancêtre de l'intérêt général) autour duquel peut s'appliquer la théorie du ruissellement. Sauf que la base n'a pas ou peu été représentée dans les débats du Cap 2022*, hormis par les élus, a regretté Karin Topin-Condomitti, adjointe au DGS de la métropole Nice Côte d'Azur et de la ville de Nice. « A force de se réformer, on ne se stabilise pas », a-t-elle aussi déploré.

Vice-président de l'université de Toulon, maître de conférences en droit public, rattaché par conséquent à la fonction publique d'Etat, avocat dans le privé, Grégory Marchesini a apporté du ciel bleu dans ce tableau quelque peu noir, affirmant que « tant qu'il y aura des services publics, il y aura des fonctionnaires ». Rappelant les valeurs inhérentes au statut, qui peuvent bouger sans être remises en cause, il a considéré que c'est surtout la mutabilité qui est interrogée dans le rapport Cap 2022. « Ce principe doit évoluer quelles que soient les fonctions publiques, supposant une évolution dans les métiers, dans les méthodes, dans l'organisation du travail, préparant la rencontre et l'échange avec le privé ». Et par conséquent la convergence, sujet du jour.

Reste la question, essentielle, du management, évoquée notamment par Sonia Pavic, directrice générale adjointe (DGA) ressources humaines et services aux publics de la ville d'Aix-en-Provence, ou du non-courage managérial parfois nécessaire pour garder la paix sociale à la demande du politique ! Thématique qui ne semble pas figurer non plus au programme d'Action publique 2022…

* Le Comité action publique 2022, composé d'une quarantaine d'experts des secteurs public et privé, français et étranger, a rédigé un rapport chargé de tracer des pistes de réforme de l'Etat et de baisse de la dépense publique.

Retrouvez l'intégralité de notre article dans le TPBM numéro 1257 (parution le 24/10/2018). Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement.



Olivier Réal
Journaliste

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