AccueilTerritoires« La préservation n’est pas une mise sous cloche mais une mise en valeur »

« La préservation n’est pas une mise sous cloche mais une mise en valeur »

Elue le 5 octobre à la présidence du parc naturel régional des Baronnies provençales, Nicole Peloux, ex-patronne de la CCIT 04, ne veut pas choisir entre développement économique, urbanistique et préservation des milieux.
« La préservation n’est pas une mise sous cloche mais une mise en valeur »
H. Saveuse - Nicole Peloux est depuis le 5 octobre la nouvelle présidente du parc naturel régional des Baronnies provençales.

TerritoiresAlpes-de-Haute-Provence Publié le , Propos recueillis par Hélène SAVEUSE

TPBM : Quelles sont les grandes orientations de votre mandat ?
Nicole Peloux : Nos missions sont pour la plupart encadrées par l’Etat mais nous avons une marge de manœuvre suffisante pour impulser de nombreux projets. Globalement, je veux que le parc naturel régional des Baronnies provençales réponde à sa fonction première qui est d'être un véritable outil d’aménagement du territoire. Ce parc a la spécificité d’être jeune, puisqu’il a été créé en janvier 2015, il se structure donc progressivement. Mais dans tous les cas, je ne veux pas qu’il soit à l’origine de la création d’une "réserve d’indiens", d'une zone maintenue à l'écart. Au contraire, nous devons être un accélérateur de projet, un accompagnateur des politiques territoriales. Ce doit être un lieu où l’on accompagne ou l’on expérimente.
Je ne suis au parc que depuis juillet 2020, date à laquelle j’ai été nommée vice-présidente en charge de l’urbanisme, de l’aménagement exemplaire et de la préservation des paysages, mais en un peu plus d’un an, j’ai pu suivre de nombreux projets innovants tels que la construction de centrales villageoises ou des expérimentations de préservation de l’eau au côté des agriculteurs. Ce sont des opérations concrètes au plus près des besoins des habitants. 

Quels sont les principaux enjeux en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme sur le périmètre du parc ?
L’enjeu principal est de continuer à préserver l’environnement sans mettre le territoire sous cloche. Nous ne voulons pas être un frein à l’urbanisation mais nous voulons avoir notre mot à dire sur la typologie des projets et des constructions. L’idée est d’arriver à développer de la qualité, de garantir du sens à l’urbanisation. L’objectif est de proposer de nouveaux aménagements portés par le parc mais aussi d’être intégré dans les discussions dès les documents d’urbanisme. 

Avez-vous le sentiment que c’est le cas aujourd’hui ?
Oui, c’est évident. Ces deux, trois dernières années, les documents d’urbanisme font plus attention à la préservation des paysages et des milieux. Les questions de décarbonation, des pollutions de tous types sont au centre des attentions des grandes communes comme des plus petites. Nous sommes de plus en plus souvent sollicités pour des questions d’usage de l’eau, de consommation de foncier. D’ailleurs, et c'est un phénomène qui s'amplifie, certaines communes ont parfois tendance à se tourner vers le parc plutôt que vers leur intercommunalités à ces sujets. A ce moment-là, nous jouons davantage un rôle d’interface.
Nous sommes aussi à la manœuvre sur le terrain et nous proposons des équipements concrets, comme au col de Perty, où le stationnement anarchique des voitures empêchait de valoriser ce site extraordinaire. Avec le nouvel aménagement que nous avons réalisé en maîtrise d’ouvrage propre, il continue d’être emprunté et il est plus visité. Les espaces sont à la fois préservés et valorisés mais surtout ils sont toujours utilisés. La préservation n’est pas une mise sous cloche mais une mise en valeur.

Avez-vous d’autres projets d’aménagement ?
Pendant ce mandat de cinq ans, je veux que nous aménagions cinq autres cols. Je pense à celui de Pré Guittard (Drôme, 26), aux cols des Tourettes (05), de Pommerol (05), de la Fromagère (26) ou encore de Carabès (05/26). Ces chantiers, menés sous maîtrise d’ouvrage du parc, pourraient dégager 600 000 € de marchés potentiels pour les entreprises locales et ils favoriseront le tourisme.
Nous allons aussi poursuivre la mise en place d’impluviums et de cabanes pastorales pour les agriculteurs. Nous accompagnons aussi des projet de construction de méthaniseurs. Et parallèlement, nous soutenons les productions locales de prestige dont le vin AOP, la culture de l’abricotier… Sans économie, il n’y a pas de vie en zone rurale. Le développement économique et la préservation de l’environnement ne sont pas incompatibles.

Quels sont les autres projets de votre mandat ?
La parc doit également être un espace d’expérimentation. Dans ce cadre, et grâce au dispositif POPSU, nous prévoyons de créer des résidences d’internes en médecine pour répondre au problème de la désertification médicale. Ils seront accueillis par d’autres médecins tuteurs et ils verront, loin des préjugés, la pratique en zone rurale. Nous travaillons aussi sur les problèmes de pollution lumineuse, de création d’îlot de fraîcheur. Un autre gros projet économique innovant tourné vers l’emploi, mais encore confidentiel, devrait également être lancé d’ici la fin du mandat.

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