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VIDEO La patinoire de La Garde glisse vers le futur

Plus durable, plus étanche, plus isolée... Cinq ans après sa fermeture car la charpente risquait de s’effondrer, la patinoire de La Garde rouvre sa piste.

ArchitectureVar Publié le ,

« La patinoire de La Garde, c’est celle de mon enfance. J’y ai fêté mes anniversaires, assisté à des spectacles de patinage... », se remémore Kelly Coranti, nouvelle directrice de l’équipement, fermé depuis 2016 car il « menaçait ruine ». Après près de deux ans et demi de travaux - retardés en raison de la Covid-19 puis des difficultés d’approvisionnement en matériaux -, la patinoire est inaugurée ce jeudi 21 octobre. S’en suivra une journée portes ouvertes samedi, avant l’ouverture officielle de la piste pour le début des vacances scolaires.

Et l’attente est forte puisqu’il s’agit de la seule patinoire du Var. « Nous voulons lui redonner sa splendeur, son envergure mais aussi continuer de développer l’activité », poursuit la directrice. Cela passe par le retour des clubs de hockey et de patinage, l’organisation de cours et l’hébergement de stages d’été ainsi que l’ouverture au public. Mais aussi par l’accueil d’événements dans la salle de réunion qui pourra accueillir jusqu’à 70 personnes.

Cet espace de 100 m2 a été repensé, comme le reste de la patinoire, par Pascale Birotteau, architecte chez A4 Architecture (Les Pennes-Mirabeau), mandaté* pour la réhabilitation du lieu par le Syndicat intercommunal pour le maintien de la pratique des sports de glace (composé des communes de La Garde, Toulon, Le Pradet et Le Revest), qui porte ce projet à 6,4 millions d’euros** (travaux et achat des équipements). La patinoire sera exploitée en régie directe par le Syndicat, « avec pour objectif que les recettes équilibrent les charges », souligne Jean-Eric Lodevic, adjoint aux Sports à la mairie de La Garde et président du Syndicat intercommunal. Soit un objectif de recettes d’au moins 450 000 euros. 

Développement durable

« Nous avons tout travaillé en bois, en essayant d’utiliser des matériaux nécessitant le moins de transformation possible », détaille l’architecte. Changement majeur : comme pour le snack, seule une paroi fine isolait la salle de réunion, chauffée, de la patinoire, refroidie. « C’était du non-sens énergétique », poursuit l’architecte. « Nous avons donc refaits les locaux en veillant à les isoler. »

Car la réhabilitation de cette enceinte froide dans une région chaude est placée sous le signe du réemploi et de l’écologie, comme l’explique Pascale Birotteau dans notre vidéo. « Chez A4 architecture on dit qu’on est tombé dans le développement durable il y a 20 ans mais pour nous ce n’est pas une blague c’est une évidence. »

[Rendez-vous] Pascale Birotteau, activiste de l'architecture durable

Un enjeu structurel

Les études commencées en 2018 « ont été longues, notamment pour les bétons » se souvient l’architecte. « Tout l’enjeu était là structurellement » puisque le choix a été fait de réhabiliter la patinoire « et donc de garder tous les bétons ». « Il a fallu démontrer que la nouvelle structure, même si elle était plus massive et malgré l’isolation, était d’un poids équivalent. Il a donc fallu trouver des astuces pour rester léger et pouvoir construire sur les fondations existantes. C’est là qu’a résidé toute la complexité du projet », poursuit-elle encore.

Une fois ces études terminées, « nous avons commencé par déposer la toiture, puis la charpente - dont les bois étaient déformés, nous l’avons grutée et évacuée », rembobine-t-elle. Pour la reconstruire juste après avec des arcs composés de deux grands arbalétriers, assemblés sur place par les charpentiers depuis des nacelles posées sur la piste. « Il fallait faire attention à ne pas écraser les tubes de refroidissement que nous avions récupérés ! » Le reste des travaux a consisté à isoler le bâtiment de 4 000 m2, le rendre étanche et le déshumidifier grâce à des gaines pour éviter la condensation excessive.

La patinoire a également été remise aux normes PMR (personnes à mobilité réduite) avec la création d’un ascenseur. L’établissement est par ailleurs adapté pour les malvoyants et malentendants grâce à des boucles magnétiques aux bornes d’accueil et des bande podotactiles au pied des escaliers. Côté façade extérieure, pratiquement rien n’a été modifié, si ce n’est les anneaux olympiques, devenus des bandes aux couleurs de la compétition. Homologuée par la Fédération française des sports de glace et de patinage, la patinoire accueillera le premier match de hockey de la saison dès samedi 23 octobre. Le club local des Boucaniers recevra les Eléphants de Chambery pour fendre, de nouveau, la glace.

* L’équipe de maîtrise d’œuvre est constituée d’un architecte mandataire, A4 Architecture avec Pascale Birotteau, d’un bureau d’études bois, Bois études Hulin, un bureau d’études béton et métallique, CEBA, et d’un ingénieur fluide, Philippe Bolhinger.
** Les travaux ont été financés par les quatre communes composant le Syndicat intercommunal avec l’assistance de la Métropole Toulon Provence Méditerranée pour 1,5 M€, par un emprunt pour 2,3 M€, par le Conseil régional et départemental pour respectivement 600 000 et 500 000 euros, par l’Agence nationale du sport pour 500 000 euros et enfin via la vente d’une parcelle attenante pour 1 M€.

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