AccueilTerritoiresLa note d'électricité pourrait s'alourdir de 3,3 M€ par an pour Gap et son agglomération

La note d'électricité pourrait s'alourdir de 3,3 M€ par an pour Gap et son agglomération

Alors que prix des énergies flambe, la note d'électricité s'annonce salée pour Gap et son agglomération. Tallard songe à fermer sa piscine et Gap se demande si elle pourra réaliser ses investissements.
L'alimentation en électricité du stade nautique de Gap pourrait passer de 52 000 € à 130 000 €.
M.-F. Sarrazin - L'alimentation en électricité du stade nautique de Gap pourrait passer de 52 000 € à 130 000 €.

TerritoiresHautes-Alpes Publié le ,

La hausse du prix des énergies affole les collectivités et les exploitants de stations de ski, tant ce poste grève considérablement leur budget. La Ville de Gap, l'agglomération Gap-Tallard-Durance et le CCAS (Centre communal d'action sociale) de Gap, réunis en groupement de commande, consomment chaque année 13,7 GWh et payaient à ce jour près de 1,9 M€ pour l'ensemble de leurs consommations électriques. L'achat de l'électricité se fait à travers un marché public, remis en concurrence tous les deux ans.

A l'heure où les contrats d'électricité arrivent à échéance, une nouvelle consultation a été lancée pour une durée de deux ans. Et c'est un véritable coup de massue, pour reprendre les propos du maire de Gap et président de l'agglomération, Roger Didier, entouré pour l'occasion de plusieurs maires du territoire et du sénateur Jean-Michel Arnaud.

« Nous avons le choix entre un prix ferme sur les deux ans ou un prix indexé sur l'ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Si nous optons pour le prix ferme, ce que nous recommande le cabinet spécialisé qui nous accompagne, le coût passera à 5,2 M€ par an, soit une hausse de 3,3 M€ par an. Si nous choisissons celui indexé, nous serons à 3,3 M€ la première année, soit une hausse de près de 1,4 M€, mais sans aucune visibilité sur les années suivantes. »

Economies d'énergie

Pour bien illustrer ce que représentent de tels surcoûts, Roger Didier cite quelques exemples d'investissements réalisés récemment ou en passe de l'être : 1,8 M€ pour la nouvelle cuisine centrale, 1,3 M€ pour l'extension et la modernisation du conservatoire, 3,1 M€ pour la réalisation du carrefour du Sénateur et bientôt 2,1 M€ pour rénover les écoles Bellevue et Raymond-Chappa.

L'élu avoue que sa première intention, pour faire face à cette dépense, était de réaliser des économies d'énergie. « Nous en faisons déjà en réduisant ou en coupant l'éclairage public dans 40 secteurs périphériques durant la nuit. Nous accélérons aussi la production photovoltaïque : après le stade nautique, nous allons réaliser cette année des ombrières photovoltaïques sur le parking du Quattro et sur ceux des services techniques. À terme, l'objectif est d'atteindre une production photovoltaïque de 3,5 GWh, soit davantage que la consommation de l'éclairage public de Gap. Encore faut-il que la pénurie de matériaux nous permette d'atteindre nos objectifs. »

Renoncer à des investissements

Certes, mais ces efforts demeurent insuffisants au regard d'équipements extrêmement énergivores, sur lesquels la collectivité n'a aucune prise. Les stations d'épuration, par exemple, représentent un sixième de la consommation totale, car elles nécessitent des moteurs qui fonctionnent en permanence. Dans ce cas précis, si le groupement se positionne en faveur des prix fermes, le coût de l'énergie passerait de 278 643 € à 975 503 € par an... L'alimentation du stade nautique ne coûterait plus 52 000€ mais 130 000 €.

Si le maire de Gap exclut tout arrêt du service public, ce n'est pas le cas de Tallard qui songe à fermer sa piscine, faute de pouvoir financer cette hausse... Peut-être Roger Didier sera-t-il contraint de renoncer à « des investissements pourtant essentiels et dont le coût est lui aussi affecté par la situation que nous traversons », en raison de la hausse des matériaux. Quoi qu'il en soit, l'élu balaie l'idée d'augmenter les impôts, « car si nos collectivités souffrent de la situation actuelle, nos administrés sont les premiers à en payer les conséquences. Il n'est pas question pour moi de leur en ajouter. »

Plusieurs hypothèses à l'étude

En attendant, le temps presse et le groupement doit rapidement se positionner. Plusieurs hypothèses sont à l'étude. La première consisterait à recourir à un tarif indexé sur une période limitée de six mois. « C'est un pis-aller en attendant de trouver une autre solution, si l'Etat ne parvient pas à nous proposer une alternative acceptable », commente Roger Didier qui a écrit à la Première ministre le 1er juin afin de tirer le signal d'alarme face à « ces hausses considérables, qui ne se feront pas sans dégât et sans réduction drastique de nos investissements ».

La seconde serait d'intégrer un groupement d'achat plus large, réunissant notamment la Métropole Aix-Marseille Provence et les hôpitaux de Marseille, en lien avec le SyMEnergie 05. Rien n'est cependant acté à ce jour.

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