AccueilUrbanismeLa MRAe s’inquiète de l’impact environnemental du projet de quartier d’Istres Convergence

La MRAe s’inquiète de l’impact environnemental du projet de quartier d’Istres Convergence

Dans un rapport rendu le 31 août, la mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) s’inquiète de l’impact environnemental du projet de quartier et de golf porté par Istres Convergence, aux portes de la Crau.
1 600 logements, une trentaine de pavillons, des commerces de proximité, des locaux d’activités, une résidence hôtelière et des équipements publics ainsi qu'un golf devraient voir le jour à Istres.
D. R. - 1 600 logements, une trentaine de pavillons, des commerces de proximité, des locaux d’activités, une résidence hôtelière et des équipements publics ainsi qu'un golf devraient voir le jour à Istres.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le ,

Quatre ans après la présentation du projet, la mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) vient de rendre son avis sur le dossier de « quartier à haute valeur environnementale » porté par Istres Convergence, la société ad hoc montée par un groupement de promoteurs-investisseurs languedociens emmené par le groupe GGL, avec dans son sillage le groupe Bonicel et le groupe Hugar* (Ametis, Ideom). L’opération qui a pour décor l’emprise d’une friche industrielle (23 hectares), dans le secteur de Rassuen-Lavalduc, à l’entrée sud d’Istres (44 000 habitants), vise à créer une pièce urbaine comprenant quelque 1 600 logements et une trentaine de pavillons, ainsi que des commerces de proximité (5 000 m2), des locaux d’activités, une résidence hôtelière et des équipements publics (105 000 m2 de surface de plancher au total).

Paca : le recyclage de huit friches industrielles accompagné par l’Etat

Cet ensemble conçu par les architectes Jean Nouvel, Rudy Ricciotti et François Fontès sera flanqué d’un golf « écodurable » (sic) de 44 hectares, dont le parcours (18 trous) dessiné par la société de l’ancien champion américain Jack Nicklaus sera arrosé par une partie des eaux usées de la commune après traitement spécifique.

Incidences négatives sur la biodiversité

Hormis la friche industrielle située dans la partie nord du site, le long de la RN 569, le projet « s’inscrit dans l’environnement naturel de qualité écologique et paysagère d’un secteur collinaire assurant la transition entre l’étang de Berre et la plaine de Crau », note la MRAe.

« Au vu des caractéristiques du projet et de la sensibilité environnementale du site d’accueil, la réalisation de ce nouveau quartier et du golf est de nature à engendrer des incidences négatives potentiellement significatives en termes de biodiversité, de continuités écologiques, de sites Natura 2000, de paysage, de pollution des sols et des eaux superficielles, de qualité de l’air et d’ambiance sonore, et d’alimentation en eau potable, en contradiction avec ce que laisse sous-entendre ses appellations », cingle la mission.

L’opération nécessitera au préalable le défrichement d’une surface d’environ 2,8 hectares, ainsi que la dépollution des sols de l’ancienne usine d’engrais rachetée par la commune des rives ouest de l’étang de Berre.

Plusieurs préconisations

En l’état actuel du dossier, la MRAe considère « que ces effets potentiellement négatifs du projet sont insuffisamment traités ou atténués par les mesures d’évitement et de réduction envisagées ». A cette aune, la MRAe recommande notamment de « justifier l’absence alléguée d’incidences négatives du projet sur les zones humides et le niveau d’impact résiduel jugé faible sur les chiroptères et les oiseaux » et de « préciser le dimensionnement et le gain de biodiversité apporté par la mesure de compensation proposée », mais aussi de « démontrer que ce projet ne porte pas atteinte aux objectifs de conservation du site Natural 2000 ZPS (zone de protection spéciale) Etangs entre Istres et Fos ».

La mission préconise par ailleurs de « démontrer l’absence d’incidences du projet sur les tiers par la production d’une étude hydraulique solide et de préciser l’adéquation entre la ressource en eau potable disponible et les besoins liés à ce projet, voire aux autres projets prévus sur la commune ». La MRAe recommande enfin « de compléter l’étude d’impact par une étude air et santé appropriée permettant, sur la base du trafic routier, d’évaluer le niveau de pollution affectant les populations exposées et de fixer les mesures de limitation d’impact éventuellement nécessaires ».

200 M€ d’investissement

Lors de la présentation du projet en février 2018, ses promoteurs annonçaient un lancement des travaux pour la fin de l’année 2019 pour une mise en œuvre en quatre ou cinq phases opérationnelles à l‘horizon 2025 par le truchement d’un permis d’aménager. Le tout pour un investissement de plus de 200 M€. Le groupement ne s’interdisait pas de confier la réalisation de certains lots de logements à d’autres équipes de promoteurs-concepteurs.

* Basé à Montpellier, le groupe Hugar est la holding présidée par François Fontès qui possède les agences Ateliers Jean Nouvel et Fontès Architecture et les promoteurs Ametis et Ideom.

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