Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

La métropole au défi de la rigueur budgétaire

le - - Territoires

La métropole au défi de la rigueur budgétaire
S. Payrau - Jean-Claude Gaudin : "Nous dégageons un excédent de 70 millions d'euros"

La métropole Aix-Marseille-Provence va adopter son compte administratif 2017. Ce bilan laisse apparaître un petit excédent budgétaire de 70 millions d'euros. Une bouffée d'oxygène salutaire alors que se profilent à l'horizon des investissements massifs dans les transports dans un contexte de réduction des dotations de l'Etat.

440 millions d'euros : c'est le montant des investissements réalisés en 2017 par la métropole Aix-Marseille-Provence (AMP) selon les données du compte administratif qui sera à l'ordre du jour de la prochaine plénière de l'EPCI* ce vendredi 18 mai. Ce chiffre marque une hausse de 11,5% par rapport à 2016 (395 M€). Surtout, le taux d'exécution des dépenses d'équipement s'est amélioré depuis la première année de fonctionnement de la métropole AMP : entre 2016 et 2017, celui-ci a grimpé de vingt points, de 63% à 83%. « Cette hausse est normale car 2016 était une année de rodage », observe Didier Khelfa, le vice-président d'AMP délégué au budget.

Un excédent de 70 M€

La montée en régime de l'institution se traduit également sur le niveau d'exécution des dépenses réelles de fonctionnement : sur l'enveloppe de 1,718 milliard d'euros inscrite au budget 2017, 1,646 milliard ont effectivement été consommés, soit un taux de réalisation de 95,8% qui laisse un reliquat de 72 millions d'euros dans les caisses de l'EPCI. Comme le niveau d'exécution des recettes de fonctionnement s'établit à 1,878 milliard d'euros, chiffre supérieur de 28 millions aux prévisions budgétaires, la balance est positive : « Nous dégageons un excédent de 70 millions d'euros significatif d'une dépense maîtrisée », se réjouit Jean-Claude Gaudin, le président d'AMP.

La dette de la métropole a encore progressé l'an dernier, mais de manière modérée à en croire Roland Blum : « L'endettement a augmenté de seulement 78 millions, passant de 1,53 milliard à 1,613 milliard d'euros entre 2016 et 2017 », un niveau en ligne « avec le plafond de 1,9 milliard en 2020 inscrit dans le pacte financier et fiscal de la métropole », note le vice-président délégué aux finances. La capacité de désendettement de l'EPCI serait loin de la cote d'alerte : « nous sommes à 6,9 ans, loin du plafond des dix ans fixé dans le pacte financier », ajoute l'élu phocéen.

L'Etat serre les boulons

Malgré ces bons indicateurs, tous les nuages ne sont pas dissipés. La métropole va devoir accentuer sa frugalité budgétaire à l'aune de la contractualisation imposée par l'Etat dans la loi de programmation des finances locales 2018 : « On change les règles du jeu en cours de partie. Cette loi votée en janvier 2018 après l'adoption de notre budget primitif nous impose de ne pas augmenter nos dépenses de fonctionnement de plus de 1,2%. Compte tenu des nouveaux transferts de compétences opérés par l'Etat ce 1er janvier 2018, cela ne nous laisse guère de marges de manœuvre », soupire Didier Khelfa. Les élus ont donc entamé des discussions avec Bercy pour tenter d'obtenir une dérogation à hauteur de +1,35% dans le contrat qui devra être paraphé avant le 30 juin.

Malgré cette souplesse, la rigueur sera de mise : « il va falloir être innovant. Chacun devra faire des efforts pour nous permettre d'augmenter notre capacité d'autofinancement », ajoute le maire de Saint-Chamas. La première victime de ce tour de vis annoncé pourrait bien être l'aide aux communes dont le niveau serait trop élevé selon Jean-Claude Gaudin : « Celle-ci capte 53% de notre budget quand c'est 25% dans les autres métropoles », avance l'édile phocéen. Cette réduction du débit des financements ne séduit évidemment pas les maires. Pour la mettre en œuvre, il faudra renégocier le pacte financier fondateur. Pas le plus simple dans un contexte « Il faut savoir ce que l'on veut : un guichet qui distribue des crédits ou une institution au service de projets d'intérêt général ? », lance Roland Blum.

Pour la garde rapprochée de Jean-Claude Gaudin, la réponse ne fait aucun doute. « Il va falloir faire des choix en fléchant nos investissements vers les dossiers prioritaires comme les transports », avance Jean-Pierre Serrus. A défaut de connaître le montant de l'enveloppe que l'Etat mettra sur la table, c'est « aide toi le ciel t'aidera ! » : « l'agenda de la mobilité prévoit que nous investissions 300 à 400 millions d'euros par an d'ici une décennie », rappelle le vice-président délégué aux transports d'AMP. Et la métropole devra montrer l'exemple en injectant massivement des crédits sur ces chantiers structurants. Beaucoup plus que les 86 millions d'euros programmés sur le volet mobilité en 2018...

* Etablissement public de coopération intercommunale




William Allaire
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

TPBM Semaine Provence Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer