AccueilEconomie« La force de Proman : la proximité et la fidélité »

« La force de Proman : la proximité et la fidélité »

Premier acteur indépendant de l'intérim, 5e groupe d'intérim français, sponsor national de l'UEFA Euro 2016 (depuis mars 2015) et recruteur officiel de l'évènement, l'entreprise familiale Proman, installée à Manosque et créée il y a 25 ans dans les Alpes-de-Haute-Provence, multiplie les initiatives. En septembre dernier, Proman rachète le groupe familial britannique Heads et confirme sa volonté de développement à l'international. Entretien avec Roland Gomez père, à l'origine de cette incroyable success-story.
« La force de Proman : la proximité et la fidélité »
D.R. - Roland Gomez, PDG du groupe Proman spécialisé dans l'intérim, et son fils, Roland Gomez Jr.

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TPBM : Issu d’un milieu rural - vous avez grandi sur les contreforts de la montagne de Lure - et chaudronnier de formation, vous étiez plutôt destiné à faire carrière dans l’industrie pétrochimique et nucléaire. Aujourd’hui, vous êtes à la tête d’une flotte de 250 agences, comptant parmi les leaders de l’intérim. Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Roland Gomez : Enfant, j’ai grandi à Lardiers, dans une petite commune d’une centaine d’âmes, entouré par une famille aimante et qui m’a toujours soutenu. J’ai ensuite travaillé en intérim dans des entreprises comme Arkema (à Saint-Auban) ou encore à Barras Provence (à Manosque), comme chaudronnier soudeur. A l’époque, je travaillais pour l’entreprise de travail temporaire Novasam, qui a depuis disparu. Très vite, je me suis rendu compte que l’intérim était une forme parfaitement adaptée aux besoins de l’entreprise. En 1990, nous décidons de créer, avec ma femme, notre première agence de travail temporaire, Proman (Professionnels de Manosque).

D’abord positionnés sur le secteur « pétrochimie - nucléaire », qui sont les activités que nous connaissions le mieux, nous avons été très rapidement confrontés au contexte économique difficile qui minait ce secteur en pleine guerre du Golfe. Malgré tout et en s’appuyant sur un investissement familial total, nous honorons nos engagements. Aujourd’hui, nous comptons 18.000 clients et 250 agences.

Comment souhaitez-vous écrire la suite ?

La force de Proman, depuis l’ouverture de la première agence, c’est la proximité et la fidélité que nous entretenons avec nos collaborateurs, nos clients, nos intérimaires. Avec certains d’entre eux, nous sommes liés depuis 25 ans. Proman est une entreprise familiale, la suite sera écrite naturellement par Roland Gomez Jr (42 ans), mon fils, qui m’accompagne dans le développement de l’entreprise depuis près de 20 ans déjà. Il connaît parfaitement la structure, il est également l’artisan de ce succès.

En termes de développement économique, nous avons l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires (CA) de 2 milliards d’euros d’ici 2019. En moyenne, jusqu’ici, nous avons doublé notre chiffre d’affaires tous les 3 ou 4 ans et nous créons 15 agences par an. C’est un peu un cas d’école [NDLR : d’autant que le secteur de l’intérim a rencontré des turbulences depuis 2009], mais nous souhaitons poursuivre dans cette dynamique.

Le développement à l’international est l’une des orientations futures ?

Bien sûr, depuis quelques années, nous avons décidé d’intensifier notre croissance externe. En 2012, nous avons commencé par le rachat de MOI*, une structure monégasque spécialisée dans le bâtiment avec une petite activité de détachement de personne à domicile. Ensuite est venue la Suisse en avril 2013, avec le rachat de 3Hpro, un spécialiste de l’hôtellerie-restauration. Et pour finir, il y a quelques mois (NDLR : après avoir ouvert une agence à Londres en 2014), nous avons acquis le groupe familial anglais Heads qui réalise 84 millions de CA. Dans les prochains mois, nous envisageons d’ouvrir en Angleterre entre 3 et 6 agences. Aujourd’hui, nous réalisons 300 M€ à l’international, et le reste du CA est réalisé par les agences Proman qui composent le maillage national.

Jusqu’ici « cantonnée » en Europe, votre croissance à l’externe a-t-elle d’autres destinations ?

S’il est trop tôt pour en parler aujourd’hui, nous ne nous interdisons rien en termes de développement et de croissance à l’externe.

Les rachats sont une solution de choix au développement à l’externe ?

Par les rachats, nous bénéficions de l’expertise et de la connaissance du terrain des entreprises déjà implantées. Néanmoins, 90% de nos agences ont été créées par Proman grâce à l’engagement de nos responsables de secteurs. Au national comme à l’international, nous comptons sur leur motivation, leur implication et c’est la force de Proman. Nos responsables de secteurs sont de vrais moteurs de développement. Nous leur faisons confiance à 100%. Qui connaît mieux leurs territoires qu’eux-mêmes ? Très souvent, leurs connaissances du terrain et leurs proximités avec les clients ont permis de détecter des opportunités très importantes.

En participant à l’Euro 2016, vous augmentez considérablement votre visibilité, c’est également un bel outil de développement ?

L’Euro 2016 est un évènement populaire. Il a le double avantage de développer notre notoriété et d’être créateur d’emplois. Car dans cette aventure, nous ne sommes pas seulement partenaires financiers mais nous sommes également recruteurs officiels de l’UEFA Euro 2016. Et si nous ne pouvons pas quantifier avec précisions les retombées économiques générées en création d’emplois, nous pouvons espérer au moins 1.000 emplois pour la gestion de l’événement, sans compter que nous serons recommandés auprès des entreprises qui travaillent avec l’UEFA sur l’évènement. Alors évidemment, c’est un gros investissement mais nous connaissons l’impact de ces évènements sportifs. En 2009 déjà, nous avions été sponsors de Roland Garros.

Comment se porte le secteur de l’intérim aujourd’hui ?

L’intérim se porte un peu mieux aujourd’hui. Il suffit de regarder et comparer l’évolution d’intérimaires au planning ces 2 dernières années. Il était en baisse de 3,35% en 2013 alors qu’en 2014, il progresse de 1,4%. Pour Proman, nous étions à +17,82% en 2013 et à 12,64% en 2014.

* Main d’œuvre intérim.

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