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La délégation salonaise de la fédération du BTP entre inquiétude et espoir

Bouches-du-Rhône le - - BTP

La délégation salonaise de la fédération du BTP entre inquiétude et espoir
« 2019 avait été une bonne année. Maintenant, on bouffe le carnet ! On va réduire la voilure », s'est inquiété un participant lors du tour de table organisé par Jean-Marc Taieb, président de la délégation salonaise de la Fédération du BTP.

Accueillis dans les nouveaux locaux de la menuiserie industrielle Reflets du Sud à Salon-de-Provence, une vingtaine d'entrepreneurs a échangé avec Isabelle Lonchampt sur le vécu de leur confinement et leurs perspectives. L'incertitude prédomine.

Passer des visioconférences à une discussion en face à face a fait du bien à tous les participants. La rencontre était organisée dans les locaux de sa société à Salon-de-Provence, le 30 juin par Jean-Marc Taieb, président de la délégation locale de la Fédération du BTP. Cette convivialité retrouvée a mis une dose de légèreté dans des échanges dominés par l'expression des nombreux soucis affrontés depuis la mi-mars et la crainte d'une reprise (trop) lente.

Conviée à la réunion, Isabelle Lonchampt, présidente de la Fédération BTP des Bouches-du-Rhône, a incité les uns et les autres à faire remonter les cas concrets de difficultés économiques, administratives, sociales, juridiques…

« Durant le confinement, nous avons réussi à débloquer des paiements de collectivités fermées, fait rouvrir par le préfet des trésoreries, des déchèteries… La Fédération a eu la chance inouïe d'avoir un noyau dur de collaborateurs pleinement investis. Pour les élus, tout va bien mais avec vos remontées de terrain, je peux argumenter sur vos réalités. Cette crise a creusé de manière monumentale le fossé entre le temps économique et le temps politique, nombre de collectivités n'ayant toujours pas repris à 100 %. »

Jean-Marc Taieb relaie l'appel pour que ces remontées se poursuivent avec le retour progressif sur les chantiers, d'autant plus que les carnets de commandes demeurent flous. « Pour moi, l'année 2020 est finie, je travaille déjà pour préparer au mieux 2021 », a ainsi lâché un dirigeant.

Une reprise aux contours fragiles

Tour à tour, les intervenants évoquent des chiffres d'affaires altérés de 30 à 70 % en mars et avril, des salariés mis en chômage partiel, l'arrêt des CDD et intérimaires, l'attribution du prêt garanti par l'Etat (PGE) parfois déjà bien consommée, des projets freinés par l'impossibilité de se fournir en pièces et matériaux, la complexité de certaines procédures d'aides… A la reprise, d'autres difficultés ont émergé : l'incohérence de mesures sanitaires, parfois inapplicables en conditions réelles de chantier, les contrôles opérés sur leur mise en œuvre, les surcoûts générés par ces contraintes, les batailles avec les assurances, la caisse de congés payés…

Ils racontent les services de collectivités publiques fermés, les grands groupes qui font la sourde oreille, les maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre qui réclament de respecter au mieux les délais promis avant le confinement… « 2019 avait été une bonne année. Maintenant, on bouffe le carnet ! On va réduire la voilure », dit l'un. « Les pertes liées au confinement ne seront pas rattrapées », assure une autre. « Nous n'avons pas fini d'épurer tout ce bazar mais les demandes de devis reprennent », note toutefois une troisième. « Les petits chantiers tertiaires, industriels repartent à la hausse », confirme un quatrième. La plupart indique en effet une activité significative en juin. « Des chantiers ayant été décalés ou arrêtés, on s'attend à un automne dantesque », ose même Maximilien Piteau, gérant d'Avenir Bois Construction et président de la chambre syndicale patronale de Charpente, Menuiserie et Parquets des Bouches-du-Rhône.

Le tour de table mentionne également la crainte d'effondrement de prix, la concurrence d'autoentrepreneurs prêts à capter des marchés à des tarifs déloyaux, la difficulté de trouver des professionnels motivés, qualifiés et productifs pour faire face au redémarrage… Chacun, à son niveau, fait face à une montagne de problèmes inédits à gérer simultanément. L'arrêt des appels d'offres publics lié à la période électorale et au temps d'installation des conseils municipaux leur fait redouter une fin d'année compliquée. Pourtant, ils persistent à y croire toujours !




J.-C. Barla
Journaliste

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