AccueilEconomie"La Cress doit être un reflet de ce qui se fait de mieux dans l'économie sociale et solidaire"

"La Cress doit être un reflet de ce qui se fait de mieux dans l'économie sociale et solidaire"

Denis Philippe est président de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire (Cress). Il fait le point sur les consultations régionales organisées par la celle-ci avec les acteurs du secteur et sur ses projets.
D.R - Denis Philippe, le président de la CRESS Paca

Economie Publié le ,

TPBM : Vous venez de terminer une consultation inédite en Paca des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Rappelez-nous comment elle s’est déroulée.
Denis Philippe : Ce printemps, il y a eu quatre rencontres, dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes. Plus de 350 entreprises et associations, adhérentes ou non à la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress) mais toutes membres de l’économie sociale et solidaire (ESS), y ont participé. L’objectif était double. Nous voulions faire remonter des contributions pour alimenter la participation de la chambre au Schéma régional de développement économique de Paca. Nous souhaitions également aller au devant des acteurs de l’ESS à un moment où la Cress se développe et devient un acteur reconnu. La chambre doit être un reflet de ce qui se fait de mieux dans le secteur.

De quelle façon se sont-elles tenues ?
Il s’agissait de forums ouverts où tout le monde a pu s’exprimer pour faire émerger des idées novatrices.

Qu’avez-vous retenu de ces échanges ?
Les participants ont fait remonter des idées et des besoins. La question du financement est celle qui est le plus fréquemment revenue. Pour y apporter une réponse, nous avons constitué un fonds destiné aux entreprises de l’ESS avec l’aide de banques adhérentes comme la Caisse d’Epargne, le Crédit Agricole, la Banque Populaire, le Crédit Mutuel ou le Crédit Coopératif, entre autres.

Comment va être géré ce fonds et comment sera-t-il attribué ?
C’est la Cress qui va le gérer. Il est composé de 5 millions d’euros. Il s’agira de prêts destinés à pérenniser une structure ou faciliter une opération de développement. Avec ce service, nous voulons démontrer que la chambre peut s’organiser et proposer des solutions à ses adhérents. On a les réponses en interne.

Ce ne sont pas des subventions ?
Il faut arrêter les clichés comme celui-là : « les entreprises de l’ESS ont besoin de subventions pour vivre ! ». C’est faux ! En Paca, l’ESS représente 17.000 entreprises. Notre système économique, mutualiste et coopératif fonctionne. Nos entreprises créent des emplois et de la richesse, sur les territoires où elles sont implantées mais d’une façon différente. Leur finalité n’est pas de faire de l’argent pour l’argent mais de répondre à un projet, un besoin social. Il faut se souvenir qu’à l’origine, l’ESS a été créée par des entreprises mutualistes où la notion de solidarité est essentielle. Malheureusement, aujourd’hui, les décideurs économiques ont encore du mal à nous appréhender à notre juste mesure, car ils voient avant tout les mots social et solidaire. Mais l’ESS, c’est de l’économie, de la création de richesses locales et à un moment où l’économie est à bout de souffle, cela a du sens.

Comment casser cette image « d’associations qui vivent avec des subventions », surtout à un moment où ces dernières se tarissent ?
Nous incitons les associations à être plus autonomes dans leur financement pour ne pas vivre uniquement de subventions. Il y a d’autres façons d’entreprendre et pour moi, les associations sont des entreprises. Elles ont des valeurs différentes, des buts différents, mais elles sont soumises au droit du travail, ont des employés, des budgets à tenir…

Des associations qui sont des « entreprises »… C’est un discours qui passe bien chez vos interlocuteurs de l’ESS ?
Certaines se disent des entreprises et d’autres n’acceptent pas ce terme. C’est dû à leur histoire, leur parcours. Moi, je considère que ce sont des entreprises. Beaucoup d’associations évoluent et se transforment en coopératives, car certaines reconnaissent qu’elles sont des entreprises.

Que vous ont dit d’autre les acteurs de l’ESS rencontrés lors de ces tables rondes ?
Ce qu’ils attendaient de la Cress. Il y a dans le réseau de l’ESS une volonté de s’organiser. Et la Cress peut fédérer au-delà des différentes familles du secteur, de façon transversale. Il y a aussi une volonté d’avoir des services.

Retrouvez la suite de cette interview dans TPBM numéro 1141 en date du 3 août. Pour vous abonner, cliquez ici.

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