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marseille La Castellane : la tour K à l'heure de la déconstruction

Bouches-du-Rhône Publié le - - Urbanisme

La Castellane : la tour K à l'heure de la déconstruction
Teddy Seguin - L'emblématique tour K de la cité la Castellane à Marseille est sur le point d'être déconstruite.

Quand certains érigent des tours (de bureaux) sur la façade littorale, d'autres les rayent du paysage. A la Castellane à Marseille (16e), Erilia lance les travaux de déconstruction de la tour K, emblème de cette cité des quartiers nord bientôt inscrite à la programmation du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU).

La cure de jouvence de la Castellane, acte II. Restée à l'écart des radars du programme national de rénovation urbaine (PNRU I), la Castellane et ses 1 236 logements sont aujourd'hui sur le point d'entrer dans l'oeuvre régénératrice du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Sans attendre la fin de l'année 2019 et la validation administrative du dossier* par le comité d'engagement de l'agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), les grandes manœuvres ont commencé le 16 septembre dans ce quartier en forme de forteresse imprenable perchée en surplomb de la rade phocéenne.

Avec sa voisine de la Bricarde (690 logements), cette cité des quartiers nord qui a vu grandir Zinedine Zidane a entamé sa mue. Une mutation gravée dans le marbre d'un protocole de préfiguration paraphé dès le 15 janvier 2015 par les collectivités (Ville de Marseille et l'ex communauté urbaine Marseille-Provence métropole intégrée depuis à la métropole Aix-Marseille-Provence), l'Etat, l'Anru, le groupement d'intérêt public Marseille rénovation urbaine (Gip MRU) et les bailleurs sociaux (Erilia, Logirem et Unicil).

La tour K rayée du paysage

Sous la houlette d'Erilia (groupe Habitat en région), l'entreprise sociale pour l'habitat (ESH) qui assure le rôle de syndic de copropriété de l'ensemble immobilier, la Castellane s'apprête à tourner une page symbolique avec le lancement des travaux de déconstruction de la Tour K. Un immeuble de grande hauteur qui fut longtemps l'emblème de la cité. Un emblème résidentiel d'abord avec ses 90 logements offrant une vue imprenable sur la grande bleue, puis un concentré de tous les maux qui affectent le quotidien des grands ensembles. Depuis deux décennies, la tour K est devenue un lieu des trafics en tous genres qui défraient la chronique des faits divers. Cette dérive ainsi que les enjeux urbanistiques ont très tôt décidé les pouvoirs publics à envisager la démolition de l'immeuble dans le programme de rénovation urbaine. « Ouvrir le quartier sur la ville est fil conducteur du projet de renouvellement urbain », explique Géraldine Bourdin, chef du service renouvellement urbain chez Erilia.

A cette aune, la tour K ainsi que le bâtiment G, petit immeuble pont de 12 logements qui marquait l'entrée de la cité (rasé en 2016 par Unicil) représentaient les principaux verrous à rayer du paysage. « En rasant ces deux immeubles et la dalle de la Tartane attenante, il s'agit de casser l'organisation autarcique de la cité en créant un grand mail reliant le quartier au boulevard Barnier », ajoute Géraldine Bourdin.

Le chantier du relogement

Reste que démolir un immeuble habité n'est pas simple. Surtout dans une ville où plus de 70% de la population est éligible au parc locatif social.

En 2015, lors de la signature du protocole de préfiguration, 70 ménages résidaient dans cet immeuble de 15 étages. « La tour regroupait une majorité de petits logements, des T2 et des T3 », indique Géraldine Bourdin, où vivaient parfois des familles nombreuses. Des habitants que le bailleur a évidemment dû reloger. Pour l'accompagner dans cette tâche délicate, Erilia s'est adjoint les services de Citémétrie, un bureau d'études chargé d'une mission de maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale (MOUS).

« De nombreux résidents étaient partants pour changer de quartier. Mais à condition de rester entre voisins. Certains désiraient profiter de cette opportunité pour effectuer un pas en avant dans leur parcours résidentiel. D'autres enfin, minoritaires, souhaitaient déménager dans une autre ville, à Gap, Martigues et La Ciotat », poursuit la technicienne.

Au terme de longs mois de recherche minutieuse, tous les ménages ont retrouvé un toit. « 72% des résidents de la tour K ont été relogés dans le 15e arrondissement et dans les arrondissements limitrophes », précise Géraldine Bourdin. Les autres ont trouvé un nouveau logis dans les programmes neufs d'Euroméditerranée et dans les quartiers est. Et huit personnes autrefois obligées de cohabiter avec des parents ou des proches dans un appartement ont profité de l'occasion pour s'installer dans leur propre nid. Ce changement de vie a finalement été bien accepté puisque selon une enquête menée par le cabinet Aviso au printemps 2019, 84% des ménages se déclarent satisfaits de leur nouveau logement. « Et deux ménages sur trois estiment que leurs conditions de vie se sont améliorées », avance Géraldine Bourdin.

* Le comité d'engagement de l'ANRU devrait valider le protocole du projet de renouvellement urbain "La Castellane-La Bricarde" d'ici la fin 2019.




William Allaire
Journaliste

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