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L’Area Région Sud va tirer sa révérence au début 2022

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a décidé de dissoudre l’Area, bras technique qui a piloté la réalisation des lycées et de nombreux équipements. Une disparition dont les motivations interrogent.
L’Area Région Sud va tirer sa révérence au début 2022
K. Latour - L'Area Région Sud va tirer sa révérence.

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Après plus de trois décennies d’existence consacrées à la construction des lycées et au pilotage de plusieurs grandes opérations d’aménagement (Avignon, Briançon, Arles, Forcalquier), l’Agence régionale d'équipement et d'aménagement (Area) Région Sud va tirer sa révérence. Lors de l'assemblée plénière du 23 juillet, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, actionnaire majoritaire* de cette société publique locale (SPL) a voté sa dissolution au 1er janvier 2022 et la reprise en régie de son activité, le transfert de ses 64 salariés et des différents contrats en cours.

Même si elle était dans l’air avant les dernières élections régionales, cette fin de parcours précipitée de ce bras technique ne manque pas de surprendre de la part d’une collectivité qui compte parmi ses compétences exclusives les lycées et l’aménagement du territoire. Une dernière prérogative déclinée à travers le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET).

« Optimiser les coûts de fonctionnement »

Les motivations un brin absconses de cet arrêt brutal sont inscrites dans la délibération votée par les élus régionaux fin juillet : « Au modèle organisationnel et financier de la SPL Area dont l’activité est confiée quasi exclusivement par la Région doivent se substituer des principes d’intervention plus intégrés, décloisonnés, réactifs et agiles, pour des coûts de fonctionnement optimisés et une allocation de moyens adaptée », indique le texte. En clair, la Région va reprendre en main en direct les missions de maitrise d’ouvrage qu’elle déléguait à la société présidée par l’élu azuréen Pierre-Paul Léonelli. Une intégration qui serait source d’économies...

Au coeur de la mission de la SPL, on trouve les lycées publics dont l’Area pilotait la construction et l’entretien-maintenance pour le compte de l’institution régionale depuis sa création en 1987. Une mission visiblement mal assurée si l’on en croit la suite de la délibération : « Afin d’apporter une réponse territorialisée davantage pertinente et lisible en faveur des lycées publics, la réforme structurelle du cadre d’intervention de la région en matière d’entretien, de maintenance, de rénovation énergétique et de construction, nécessite la reprise de l’activité et la dissolution de la SPL Area » argumente le texte.

Dès 2022, les opérations gérées par l’Area seront reprises par la collectivité. Pour formaliser ce transfert, des avenants seront conclus avec les entreprises co-contractantes de la SPL. Quant aux opérations confiées à la société par les 25 autres collectivités qui ne relèvent pas de la compétence de la Région, « il conviendra de constater leur caducité », indique, lapidaire, la délibération.

Quid des concessions d’aménagement ?

Cette dissolution expresse laisse toutefois quelques interrogations : si les mandats de construction ou de rénovation des lycées seront assez aisément repris par la direction éponymede la collectivité, les concessions d’aménagement relèvent d’une expertise plus large que la seule conduite d’opérations d’équipements. L’Area pilote en effet l’aménagement de plusieurs Zac pour le compte de communes ou de groupements comme la Zac Coeur de ville à Briançon, opération de renouvellement urbain sur l’emprise des anciennes casernes des chasseurs alpins (la concession court jusqu’en 2023) ou la Zac des Ateliers à Arles.

Une société créée en 1987

Rappelons que depuis sa création en 1987 sous le statut de société d’économie mixte (Sem), l’Area a piloté la construction de 37 lycées. La société fut également l’une des premières à adopter le statut de SPL en 2007. A ce titre, elle a assuré la maîtrise d’ouvrage déléguée de plusieurs grands équipements portés par la Région et signés par des starchitectes comme l’école internationale de Manosque (Rudy Ricciotti avec Jean-Michel Battesti), la controversée Villa Méditerranée (Stefano Boeri) et l’écrin du Fonds régional d’art contemporain (Kengo Kuma) à Marseille. Plus récemment, l’Area était chargée du pilotage technique du projet de Cité scolaire internationale sur Euroméditerranée. Un équipement conçu lui aussi par Rudy Ricciotti en association avec l’agence Carta Associés.

* Le capital de l’Area est détenu par la région Paca (94,14 %), le solde étant réparti entre 25 collectivités et intercommunalités : CD 04, CD 05 ; métropole Nice-Côte d’Azur ; communes : Arles, Briançon, Cannes, Carros, Cotignac, Embrun, Jonquières, La Seyne, Marignane, Montdauphin, Nice, Serres, Vaison la Romaine, Valbonne, Vence ; Intercommunalités : Agglo Terre de Provence, communauté de communes de Forcalquier-Lure, Lac et gorges du Verdon, Serre Ponçon, Coeur du Var, Pays des Ecrins, Briançonnais.

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