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Julien Rey, président de la FBTP 04 : « On a souvent une vision à un an. Et là, on ne voit rien »

Alpes-de-Haute-Provence le - - BTP

Julien Rey, président de la FBTP 04 : « On a souvent une vision à un an. Et là, on ne voit rien »
H. Saveuse - Julien Rey, le président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics reste réservé quand aux annonces du plan de relance.

Plan de relance annoncé par le gouvernement, important marché lancé par le Département des Alpes-de-Haute-Provence... Le secteur du BTP aurait de quoi se réjouir et pourtant Julien Rey, le président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics des Alpes-de-Haute-Provence reste sur ses gardes.

TPBM : Le plan de relance annoncé par le Premier ministre correspond-il aux attentes du BTP selon vous ?
Julien Rey :
Les annonces c'est bien, les actions c'est encore mieux. Les 7 milliards d'euros d'aides supplémentaires annoncés pour la rénovation énergétique du parc existant est une bonne mesure qui correspond à ce que nous avions proposé en mars dernier. Localement, c'est une très bonne nouvelle car nous savons qu'il y a un vrai besoin dans ce domaine. La disparition du plafond des revenus est aussi une bonne chose puisque tous les ménages sont désormais concernés par les primes énergétiques.
Le problème avec toutes ces mesures, c'est qu'elles pourraient démarrer immédiatement sauf qu'elles ne seront mises en place qu'en 2021. En attendant, comment fait-on ? Nous entendons souvent, trop souvent, "en ce moment ils travaillent, de quoi se plaignent-ils ?" Mais nous travaillons aujourd'hui sur les chantiers d'hier. Et nous n'avons pas la visibilité suffisante pour demain. Le secteur du BTP est un bon baromètre. On a souvent une vision à un an. Et là, à un an, on ne voit rien. Les nouvelles équipes municipales vont-elles poursuivre les projets des anciennes ? Pas sûr, pas toutes [le département compte 73 nouveaux maires sur 198 communes, NDLR]. La volonté de l'Etat d'augmenter la dotation de soutien à l'investissement local donne de l'espoir mais encore une fois, ce ne sont que des annonces et pas encore des actions concrètes. Nous attendons de voir.


Lire aussi : Jean-Jacques Lachamp : « Nous, élus, devons soutenir les entrepreneurs de notre territoire »


Comment se portent les entreprises aujourd'hui ?
La plupart travaillent sur des chantiers retardés avec le confinement. Des mesures ont été prises pour que les entreprises ne coulent pas, comme le prêt garanti par l'Etat, le chômage partiel et tous les outils mis en place par le gouvernement. Celles en très grande difficulté aujourd'hui l'auraient été sans la crise sanitaire. Ce qui nous inquiète, c'est le retard pris par les services instructeurs sur les permis de construire par exemple. Nous avons eu du retard à l'allumage et la situation n‘est pas encore revenue à la normale.
Paradoxalement, plusieurs entreprises souffrent des annonces de relance. Je vous donne un exemple : au mois d'août, j'ai eu des particuliers qui étaient très pressés que le chantier démarre. Mais avec les annonces, ils se demandent maintenant s'ils ne seraient pas éligibles à tel ou tel dispositif et sont, de fait, moins pressés. Idem pour les devis sur les chaudières pour d'autres professionnels. Certains devis, demandés il y a quelques semaines, tardent à revenir signés. Bien que toutes ces annonces aillent dans le bon sens, elles ont étrangement un mauvais impact dans l'immédiat et nous n'avons pas de palliatifs.

Le conseil départemental 04 vient de lancer un important marché concernant le parc immobilier de ses gendarmeries, c'est une bonne nouvelle ?
Oui c'est un gros marché. J'ai envie de croire que le futur concessionnaire saura en faire profiter les entreprises locales, mais rien n'est moins sûr. Si un grand groupe est retenu, quelle sera la part des petites entreprises ? Avant, ces marchés sur les gendarmeries impactaient vraiment les zones très rurales via de très petits marchés que nos entreprises locales captaient. Notre crainte aujourd'hui est que le futur concessionnaire décide de faire les travaux par domaines spécifiques, avec par exemple un énorme lot électricité sur toutes les gendarmeries en même temps, un besoin de 40 salariés d'un coup, ce qui disqualifierait immédiatement nos entreprises locales. On sait que dans ce marché de 27 M€, 10% doivent être fléchés vers des PME. Ce n'est pas énorme. Nous essaierons que ce soit davantage évidemment. S'il faut donner de la voix, nous le ferons.




Hélène Saveuse
Journaliste

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