AccueilBTPIsabelle Lonchampt : « Les blocages dans la commande publique vont aggraver la crise du logement »

Isabelle Lonchampt : « Les blocages dans la commande publique vont aggraver la crise du logement »

Isabelle Lonchampt, la présidente de la Fédération du BTP des Bouches-du-Rhône, revient sur la pénurie de matériaux et les faiblesses de la commande publique.
Isabelle Lonchampt : « Les blocages dans la commande publique vont aggraver la crise du logement »
Hugues Charrier - Isabelle Lonchampt est la présidente de la Fédération du BTP 13.

BTPBouches-du-Rhône Publié le , par

TPBM : La pénurie de matériaux sur les chantiers semble s'inscrire dans le temps. Quels sont les risques ?
Isabelle Lonchampt :
Actuellement, il y a une grave pénurie pour le bois, l'acier et les composants électroniques. A certains moments, il manque également du placo. Nous courrons donc le risque que des chantiers s'arrêtent, faute de matériaux… Dans tous les cas, les délais d'approvisionnement s'allongent et retardent certains chantiers. Cette pénurie risque de durer encore plusieurs mois, voire un an. Nous demandons au gouvernement d'adapter la législation afin de rendre possible les clauses de révision des prix et de revoir les pénalités de retard, dont les impacts commencent à se faire sentir.

Où en est la relance de la commande publique ?
La commande publique n'est pas repartie comme il le faudrait. Nous avons rencontré les élus pour faire passer le message dès le premier confinement. On a continué par la suite. Ils sont conscients du problème mais il ne s'est pas passé grand-chose depuis. On constate encore des facteurs de ralentissement dans les administrations : l'instruction des dossiers d'urbanisme prend trop de temps…
Dans la construction de logements neufs, qui représente 50 % de notre activité, ce ralentissement risque d'être lourd de conséquences. Ce secteur est quasiment à l'arrêt. Les permis de construire et les projets ne sortent plus. C'est très préoccupant. Au-delà de l'impact sur nos entreprises, ces blocages vont aggraver la crise du logement que nous connaissons. Et qui payera en bout de chaîne ? Les ménages les plus modestes.

Comment se portent vos entreprises ?
Pour l'instant nos entreprises tiennent. Mais le gros œuvre commence à ressentir cette baisse d'activité dans le neuf. Il y a une dégradation des carnets de commandes. Et on ne voit pas de perspective d'amélioration pour les mois à venir.

Le 7 juillet, la Fédération en partenariat avec le CAUE (Conseil d'architecture, de l'urbanisme et de l'environnement) 13 organise la deuxième édition des Mains des bâtisseurs. C'est un message d'optimisme que vous voulez faire passer ?
Dans la construction nous sommes des gens optimistes, prévoyants et tenaces. Après avoir annulé l'édition 2020, il était inconcevable de ne pas organiser celle-ci. C'est pour cette raison que nous avons décalé la date d'avril à juillet et que la remise des prix et la soirée se tiendront en extérieur. Après les mois que nous avons traversés, il nous semblait essentiel que la profession se retrouve autour de ses valeurs communes. Ce sera aussi l'occasion de mettre en avant l'excellence de nos métiers lors de la remise des six prix. A ce sujet, les entreprises qui veulent candidater le peuvent encore, qu'elles soient adhérentes ou non à la fédération. Il leur faut justifier d'une qualification et remplir un dossier. C'est simple et rapide.

Vous annoncez également l'organisation de la 16e Bati'Cup en septembre. Les inscriptions sont ouvertes ?
Avec Jean-Luc Sede, le nouveau président de la Bati'Cup nous travaillons déjà pour que cette édition soit une réussite. Là-aussi, il nous semblait important de permettre à la profession de se retrouver dans un cadre festif. Il y aura les deux régates et la soirée de gala qui se tiendra à la Casa Delauze. Nous attendons une cinquantaine de bateaux. Nous sommes volontaires et confiants dans sa bonne organisation.

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